10/06/2013 03:01:12
Monsieur Vincent Bolloré, ŕ votre place je ferai ceci aux africains...
On a juste envie de couler une larme, d’aller chercher au plus profond de nous, l’instinct de compassion et réveiller le sens de la gratitude (mis à défaut par cette plainte) pour consoler cette mère Theresa des temps modernes qu’est Monsieur Vincent Bolloré.
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Vincent Bolloré

On a juste envie de couler une larme, d’aller chercher au plus profond de nous, l’instinct de compassion et réveiller le sens de la gratitude (mis à défaut par cette plainte) pour consoler cette mère Theresa des temps modernes qu’est Monsieur Vincent Bolloré.

Si on ne devait que considérer la forme, alors l’interrogation !? La stupéfaction ! ? Ou alors, et c’est le cas de le dire, la stérile jérémiade ou l’immonde et brillante niaiserie de Vincent Bolloré ne devrait, coté africain, que faire sourire pour rester dans la légèreté. Mais le diable se dissimule toujours dans le détail et nous ne devons pas le laisser gangrener l’ensemble.

Car à la niaiserie, voire la stupidité formelle de la question de l’un des brillants exploiteurs de l’Afrique francophone de par ses activités sur le continent, le fond de cette interrogation révèle et cache en même temps un état d’esprit qui encore habite et hante une certaine France. Le quittera-t-il ? La solution n’est pas à chercher du cotée de ses tenants, mais de celui de ceux et celles qui continuent de croire aux bons sentiments de ces « amis de l’Afrique ».

Par son « Qu’est ce que j’ai fait de mal aux africains ? », Vincent Bolloré ne fait qu’élargir un boulevard déjà bien en place et dont le drain est sans faille, par la même occasion, porter une fois de plus l’infâme accusation du manque de gratitude des africains vis-à-vis de leurs bienfaiteurs. Une attitude, un état d’esprit, une posture qui n’est rien d’autre que celle des tenants du rôle positif de la colonisation en Afrique dont la France regorge. N’avait-elle pas inscrit ce rôle positif dans sa loi en 2005 pour ensuite faire un retour en arrière ? Le fait d’y penser en dit long sur cet empire colonial aux soupçons républicains.

« Qu’est ce que j’ai fait de mal aux africains ? ». Il n y aurait pas meilleure circonlocution que celle choisie par monsieur Vincent Bolloré pour décrier, dénoncer, proclamer une fois de plus l’atavique INGRATITUDE des africains et se glisser dans les habits de l’hagiographe des rôles positifs de la colonisation. Un exercice fortement prisé dans une France qui doit pourtant tout son pseudo prestige aussi bien au pillage des Hommes, des Matières premières que des Cultures de ses anciennes ( ?) colonies.

Le Bien ! Cette valeur morale dont la France est dépositaire si ce n’est le parangon. Une valeur qu’elle transporte et offre gracieusement au monde en général et en particulier aux africains. Un acte par lequel l’Afrique ne répond qu’avec une autre valeur, le Mal (l’ingratitude). Comment ces africains, encore eux, peuvent-ils se permettre de voir en l’action française voire bollorienne, une quelconque once du mal ? Comment ces paysans qui souffrent des bienfaits de la présence française osent-ils dénoncer ? Comment ces populations africaines qui subissent les bienfaits de l’action française osent-elles se plaindre ? Comment peut-on se rebeller contre le Bien quelle que soit la forme sous laquelle on vous l’offre comme c’est le cas au Mali actuel ou hier en Lybie et Cote d’Ivoire?

En réalité, ce qu’il faut entendre et comprendre dans le : « Qu’est ce que j’ai fait de mal aux africains ?» de Vincent Bolloré, c’est plutôt : « Quels ingrats ces africains ». On leur a apporté la civilisation à l’époque, je leur apporte aujourd’hui du travail et ils continuent toujours à nous brocarder, à nous montrer du doigt.

Le bon sens nous oblige en effet d’aller dans le sens de l’homme d’affaire français et de répondre en toute logique et sincérité à son interrogation de la manière suivante : Vous n’avez réellement rien fait de mal aux africains. Et c’est là où se trouvent le nœud et la clé problème. Trop de Bien a fini par tuer le Bien. Pour comprendre ce soulèvement des paysans dans vos plantations et aussi éviter de nombreux d’autres qui sommeillent contre la France en particulier, il vous faut enfin faire ce Mal auquel aspirent tous les africains et ceux dits francophones en particulier, c’est-à-dire : Cessez de  faire du bien aux africains en retournant vos actions bienfaisantes à vos paysans et compatriotes qui en ont un grand besoin actuellement. Laissez crever les africains, personne ne vous le reprochera. Ceci signifie aussi que le trésor français pour ne pas dire l’économie française, ne soit plus nourrie par le FCFA par exemple...

Est-il nécessaire ici de rappeler les propos de Dlamini Zuma : “L’Afrique n’est ni française ni russe ni portugaise ni américaine mais bien africaine. Nos décisions ne seront facteur de changement que si elles sont appliquées. Il faut des solutions africaines aux problèmes africains”.

Si les gouvernements sont incapables d’appliquer ces propos, sachez que la jeunesse africaine actuelle, est entrain d’y travailler. Car, ainsi Albert Memmi, “Lorsqu’un opprimé a entrevu la possibilité d’être libre et qu’il accepte d’en payer le prix, il est vain d’espérer encore la paix pour longtemps”

Jean-Jacques Dikongue

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