02/12/2009 16:01:29
Paul Biya invité de l'ENAM
Le chef de l’Etat a présidé ce mardi, la cérémonie d’ouverture des activités marquant le cinquantenaire de l’ENAM
Journal du Cameroun
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Paul Biya invité d’honneur du cinquantenaire

Ce mardi 1er décembre 2009 se déroulait le lancement officiel des activités marquant la célébration du cinquantenaire de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM). Paul Biya est venu en personne présider la cérémonie. Toute la classe politique était présente: Le corps diplomatique, les députés, le pouvoir judiciaire et tout le gouvernement. La cérémonie a débuté par des discours, d’abord du Directeur Général de l’Ecole qui dans son allocution a remercié le chef de l’Etat de sa présence. Un discours presqu’identique a été lu par Emmanuel Bonde, le ministre en charge de la fonction publique. Vous êtes Paul Biya, président de la république, administrateur civil hors hiérarchie, dont le numéro matricule est inscrit dans nos registres a-t-il déclaré. Le dernière Allocution est revenue au président de la république, qui a insisté à la suite du ministre Bonde, sur l’urgente nécessité pour l’Ecole de s’adapter aux exigences de son temps.

Cinquante ans d’évolution constante

L’institution a été créée un 27 Juillet 1959 sous l’appellation d’Ecole camerounaise d’administration(ECA). A cette époque, elle avait pour mission de former des futurs fonctionnaires et de recycler ceux déjà en fonction, à travers des séminaires et des conférences. En 1964, l’école d’administration intègre la branche de la magistrature dans sa formation et devient Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM). En 1985, le Centre national d’administration et de magistrature (CENAM) voit le jour. Il comprend trois établissements de formation spécialisés, dont l’ENAM, chargée de la formation des hauts fonctionnaires des services civils et financiers, et des magistrats, L’Institut supérieur de management public (ISMP), devant s’occuper du perfectionnement des hauts cadres dans le domaine du management public et l’Institut des techniques administratives et financières (ITAF) des personnels civils et financiers de l’Etat de la catégorie B et des greffes.

La réouverture des cycles A et B pour la formation des personnels des services civils et financiers se fait en 1995. Plusieurs cadres et haut fonctionnaires camerounaise y ont été formés en administration, en magistrature et en régies financières (impôts, douanes, trésorerie). La filière comptabilité a quant à elle été momentanément suspendue.

Une école au prestige controversé

Au mois de juillet dernier la question du maintien de l’ENAM a fait l’objet d’un vif débat public au Cameroun. De nombreux observateurs ont estimé qu’il était temps que soient redéfinies les missions de cette école. Les apprenant qui y vont continuent d’être boursiers au détriment de ceux des autres grandes écoles, dont les formations qui y sont dispensées, sont tout aussi importantes pour le développement du Cameroun. Autre observation, il est relevé que l’ENAM ne devrait être trop fière des produits de sa formation.

Sur un plan purement technique les cadres de l’administration camerounaise pourtant sortis en majorité de l’ENAM ont fait du Cameroun un pays pauvre et très endetté. Un exemple pertinent de cet échec est la reconnaissance par les dirigeants de l’erreur qui a été celle du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il est enfin parfois reproché à l’ENAM d’avoir formé des cadres dont une grande majorité s’est avérée être convaincu de corruption. Sur ce dernier point, le directeur de l’ENAM s’est montré embarrassé, dans un point de presse donné le 13 novembre dernier: S'il y a des dérives, cela peut dépendre non seulement de l'endroit où chacun vient avant d'entrer à l'ENAM, mais aussi de l'environnement de travail avait-t-il affirmé.

Vers une réorientation des fonctions de l’ENAM ?

Aujourd’hui certains signes semblent indiquer la restriction prochaine de la sphère d’action de l’ENAM. Dans le discours du président Biya et même dans celui d’Emmanuel Bondé, on a semblé percevoir que les tâches futures de l’institution vont se limiter à un rôle d’encadrement des fonctionnaires déjà en poste. Ces derniers temps le gouvernement a plusieurs fois dérogé au saint principe de la fonction publique de type fermée en application au Cameroun, en procédant à de nombreux recrutements directs, dans de plusieurs domaines d’expertises principalement techniques.

Selon certaines sources, le gouvernement aurait décidé de suspendre pendant un certain temps les concours d’entrée dans cette institution. Les derniers scandales autour des résultats en seraient la cause. Pour des besoins d’effectifs, l’administration aura de plus en plus recours à des concours directs, et les candidats retenus pourront être mis à niveau à l’ENAM dans le cadre d’ateliers de travail. Une information à suivre.

Idriss Linge

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