14/03/2013 03:26:03
Robert Mouthe Ambassa. « Le salut de l 'opposition viendra de la négociation avec le Rdpc »
Comment sortir du cirque lugubre des élections au Cameroun, si des saltimbanques malhabiles, continuent de traiter le peuple spectateur comme une masse d’idiots ? Comment parler de démocratie au Cameroun alors qu’il n’y a pas de calendrier électoral connu longtemps à l’avance par tous les acteurs de la vie politique ? Comment croire à la démocratie selon Paul Biya, lorsqu’on sait que toutes les stratégies mises en place restent personnelles ou partisanes dans le sens où, elles prennent le pas sur les lois de la République ?
Le Messager
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Manœuvres

Le 14 avril prochain, les conseillers municipaux devront se rendre aux urnes, pour accomplir un devoir citoyen ; celui de choisir les premiers sénateurs de l’histoire du Cameroun. A quelques jours de ce prochain scrutin sénatorial, des voix se lèvent pour se demander si le régime du parti Rdpc au pouvoir, dans son désir d’éterniser le président Paul Biya (qui gouverne le Cameroun depuis le 06 novembre 1982) à la tête de l’Etat, ne va pas continuer à stériliser la vie politique à sa taille et perpétuer l’autoritarisme.

Après 30 ans de règne, le chef de l’Etat Paul Biya, aurait logiquement fait ses valises, comme le prévoyait la Constitution du 18 janvier 1996, qui avait inscrit la limitation du mandat présidentiel à sept ans renouvelable, une fois. Bien malin plus que tous, le président Paul Biya a, en début d ’année 2008, fait sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel, qu’il a ramené renouvelable à l’infini. De Yaoundé à Garoua en passant par Kribi, Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban, Ngaoundéré…, partout où se trouvent les hauts lieux de la souffrance et la perdition, la tricherie présidentielle a fait sombrer le peuple dans le drame.

Comment sortir du cirque lugubre des élections au Cameroun, si des saltimbanques malhabiles, continuent de traiter le peuple spectateur comme une masse d’idiots ? Comment parler de démocratie au Cameroun alors qu’il n’y a pas de calendrier électoral connu longtemps à l’avance par tous les acteurs de la vie politique ? Comment croire à la démocratie selon Paul Biya, lorsqu’on sait que toutes les stratégies mises en place restent personnelles ou partisanes dans le sens où, elles prennent le pas sur les lois de la République ?

La question des investitures des candidats aux sénatoriales 2013, a coincé Paul Biya et ses affidés. Plus graves, les candidats à la candidature au poste de sénateur tel que observé dans les rangs du Rdpc, font craindre un séisme au sein du parti des flammes. Paul Biya et ses affidés du régime Rdpc sont coincés, parce que, pris dans la nasse de leurs manœuvres dilatoires. Dans les chaumières, les bastions et les Etats -majors des partis politiques, l’on désespère de la fiole qui sortira d’un tel scrutin.

Toutefois, il y en a qui continuent de donner un chèque en blanc à Paul Biya qui apparaît à leurs yeux comme, un sphinx dans le bosquet, préparé à toute épreuve. Robert Mouthé Ambassa, membre titulaire du comité central du Rdpc fait partie de ceux-là. Pour ce haut responsable du Rdpc, ceux qui affinent leur probable candidature aux Sénatoriales, doivent montrer patte blanche. A le croire, le Cameroun doit avancer vers une crédibilisation certaine, s’il veut échapper à l’effarement et au scepticisme des populations. Paul Biya saura-t-il échapper à toute épreuve répréhensible de contrôle pour s’engager vers l’impartialité ? Lisez plutôt. 

Robert Mouthe Ambassa. « Le salut de l ‘opposition viendra de la négociation avec le Rdpc » 

Quelle lecture faites-vous de manière générale de l’actualité politique de l’heure marquée par les inscriptions sur les listes électorales biométriques, la convocation du corps électoral en vue de la mise en place du Sénat et l’ouverture il y a deux jours, de la session parlementaire du mois de mars 2013 ?

Comme attendue, l'année 2013 est une année électorale avec l'élection des Sénateurs, maires et députés à l'Assemblée nationale. Les inscriptions biométriques vont permettre de limiter les insuffisances notées dans les précédentes consultations électorales et c'est la raison pour laquelle, tous les Camerounais en âge de voter doivent s'inscrire pour exercer leur devoir comme tout citoyen. Evidemment, ceux qui n'iront pas s'inscrire devront apprendre à se taire quand ceux qui se sont inscrits décident, dans la mesure où ils se seront déjà disqualifiés tous seuls.

La convocation du collège électoral pour les sénatoriales est une très bonne chose. Le président de la République l'avait annoncé lors de son discours à la nation du 31 décembre 2012. Vous me direz qu'il l'avait déjà fait avant, et je vous répondrais c'est vrai, mais qu'il fallait aussi prendre en compte les avis des autres acteurs politiques. Aujourd'hui c'est fait. ne fouillons plus dans les poubelles du passé. La session parlementaire qui s'est ouverte il y a deux jours sera comme les précédentes. Il faudra élire le nouveau président de l'Assemblée et voter les textes de lois qui seront déposés sur la table des députés. 

Il s’observe une espèce de chevauchement des compétences entre le président du conseil et le Dg d’Elecam. Le second après le flop du 28 février qu’il avait indiqué comme la date butoir de l’arrêt des inscriptions sur les listes électorales biométriques, a prolongé les délais jusqu’au 28 mars. Ce que ne semble pas admettre le président du conseil qui au cours d’une sortie avec les médias dans l’espace du club de la presse de l’Upf, a indiqué que les inscriptions allaient se poursuivre conformément à la loi ? Comment appréciez-vous ce manque de cohérence de la part d’Elections Cameroon ? 

Les balbutiements observés sont normaux, comme dans toute nouvelle structure qui se met en place progressivement. Les textes doivent être bien lus et maîtrisés par tous, les hommes doivent se connaître et apprendre à travailler ensemble, il y a les pressions nationales (partis politiques, opinion publique, société civile etc.) et internationales (représentations diplomatiques, Ong etc.) à gérer et il faut noter qu'Elecam est constitué de deux structures bien distinctes; le Conseil Electoral qui fixe le cadre de travail et la Direction Générale qui est en charge de l'organisation pratique des élections, chacune ayant un certain niveau d'indépendance. Je pense qu'une fois que les textes qui régissent cette structure seront maîtrisés, nous n'observeront plus ce manque de cohérence dont vous faites allusion.

Vous faites feu de tout bois dans le grand Mbam où, plus actif que tout le monde on vous retrouve dans tous les couloirs, dans l’animation du Rdpc, au sein des chefferies, dans la mobilisation tous azimuts des militants et sympathisants du parti au pouvoir. On vous a même vu éblouir et offrir un cadeau aux femmes lors de la célébration de la journée internationale de la femme du 08 mars de cette année en faisant prester à Bafia, plusieurs stars de la chanson camerounaise dont Lady Ponce. Qu’est ce qui vous fait courir et peut-on faire le point sur les avancées significatives des inscriptions électorales sur les listes biométriques dans le grand Mbam ? 

Je suis membre du comité central et militant convaincu qui joue son rôle d'encadrement et d'animation du parti et des militants. Je ne pense pas courir, je crois même fonctionner au ralenti dans la mesure où, j'ai baissé mon régime. Ma présence permanente sur le terrain mettait mal à l'aise ceux qui n'arrivaient ou ne voulaient pas faire de même. Cette présence a aussi été interprétée par d'autres comme si je les empêchais de travailler, pourtant la campagne doit être permanente pour tout parti qui veut rester leader. C'est facile d'être premier de la classe, mais difficile de s'y maintenir si l'on croise les bras.

Par rapport aux cérémonies que j'organise les 11 février pour tous les jeunes scolaires de la ville de Bafia et les 08 mars pour les femmes chaque année, je mets en application un conseil qui m'a été donné par feu le Ministre Bernard Bidias à Ngon qui m'avait dit ceci un jour: " Mon fils, si tu veux faire de la politique ici dans le Mbam, et particulièrement à Bafia, vas-y avec les jeunes et les femmes. Ne compte jamais sur les hommes qui ne sont là que pour détruire". En exemple, il me posa cette question: "As-tu vu une tontine des hommes tenir un an ? Non. par contre tu as des tontines des femmes qui sont en place depuis 10, 20 ou 30 ans". A partir de là, j'ai pensé et mis sur pied un concept pour faciliter le rassemblement des jeunes et des femmes qui se retrouvaient en majorité dans les partis d'opposition, et obtenir leurs adhésions à la politique du Renouveau.

Depuis mars 2004, il n’y a plus de parti d'opposition qui fonctionne normalement dans le Mbam. Il n y a quelques Rdpcistes mécontents qui, quand ils veulent se faire entendre, jouent aux opposants pour faire peur. Mais en temps opportun, nous savons comment faire pour battre le rappel des troupes et les ramener à de meilleurs sentiments. Pour conclure, je vous dirais que les cérémonies organisées les 11/02 et 08/03 depuis dix ans sont une partie de ce concept mis sur pied sur les conseils du patriarche Bernard Bidias à Ngon qui savait de quoi il parlait. C’est ce qui nous a permit de faire avancer les choses jusqu'à présent, malgré les forces rétrogrades qui nous opposent une farouche résistance. 

Sous la cendre des inscriptions, il y a le feu qui s’observe par des guerres internes, les batailles souterraines de leadership, les actes d’anti jeu et même les tacles irréguliers entre les frères et sœurs du Mbam. Ce sont des dissensions qui vont s’aggravant non sans provoquer le retard dans cette partie du pays où, tout le monde s’appelle région. Quelle est votre analyse de la situation et comment baisser les tensions et parvenir à rallumer la flamme de l’entente ? 

Ce que vous dites n'est pas nouveau. Cela a toujours été ainsi. Vous savez, dans toutes les régions, départements ou arrondissements où le taux de scolarisation est très élevé, où vous avez beaucoup de diplômés et d'intellectuels, vous pouvez être sûr que ce sera toujours difficile de mettre tout le monde d'accord. Les uns et les autres vont vous sortir des démonstrations complexes et spectaculaires. C'est un peu le cas chez nous. Ce qu'il y a à faire dans ce cas, c'est de faire ce qui vous semble bon pour la communauté. Pour le parti, pour le pays. Privilégier systématiquement l'intérêt général sur l'individuel.

Laissez les petites choses mourir de leur propre poison. Nous ne sommes pas obligés de baisser les tensions pour faire avancer les choses ou bouger les lignes. Voyez les résultats que nous avons sur la biométrie. Ils sont bons, malgré les tensions. Chacun de nous a contribué à sa manière. Voyez-vous, quand il y a baisse de tension dans vos maisons, certaines lampes ne s'allument plus. Le même phénomène se retrouve chez les hommes. La baisse des tensions privilégie certains et pénalise d'autres. Et puis nous sommes habitués comme cela.

Parlons de l’Assemblée Nationale dont la session du mois de mars s’est ouverte il y a deux jours. Comment entrevoyez-vous les travaux lorsqu’on sait que l’épée de Damoclès au sujet de la convocation du corps électoral en vue des prochaines législatives plane sur la législature en cours ? 

Ces députés ont déjà terminé leur mandat depuis 2012. Il n' y a pas d'épée de Damoclès au sujet de la convocation du corps électoral en vue des prochaines législatives. Ils doivent gentiment se préparer à repartir pour la compétition après le bonus de neuf mois qu'ils ont eu. Ils devraient plutôt travailler à 37°C.

L’on observe également une sorte de frénésie d’un grand nombre des députés qui veulent concourir aux sénatoriales. Qu’est ce qui fait courir les députés et pourquoi veulent-ils fuir l’hémicycle ? 

Chaque cas est unique. Tous les députés n'ont pas les mêmes problèmes. Vous savez que notre Assemblée actuelle a un fort pourcentage d'hommes d'affaires. Très peu de députés se sont vraiment occupés de leurs populations. Ils savent qu'ils seront sanctionnés et essaient donc d'aller se réfugier au Senat qui est une nouvelle chambre qui donne aussi une certaine immunité. Mais nous savons qu'au niveau du Rdpc, le Président national a mis des garde-fous pour stopper net tous les bandits à col blanc, délinquants fiscaux, détourneurs de deniers publics avec procédure en cours ou à venir. Tous les gestionnaires de crédits et hommes d'affaires qui sont dans une procédure avec la Conac, le Contrôle supérieur de l'Etat, la Chambre des Comptes et le Tribunal Criminel Spécial seront débusqués et extirpés des listes pour rester disponibles pour la justice. Ceci nous évitera des pertes de temps inutiles de levée d'immunité à l'Assemblée comme au Sénat.

Le cas le plus flagrant est celui du président de l’Assemblée Nationale Cavaye Yéguié Djibril qui contre vents et marrées, conduit l’une des sept listes présentés à l’arbitrage de la commission nationale d’investitures du Rdpc. La 2ème personnalité de la Nation se sent-elle à l’étroit ou mal à l’aise à l’hémicycle ? 

Connaissant mon parti, je ne pense pas une seule seconde que le Président Cavaye Yeguie Djibril l'a fait sans l'aval du parti. Nous sommes un parti discipliné. Je vous rappelle qu'à certains postes de responsabilités, on peut juste vous demander d'être compétent pour l'exercer. Mais à d’autres postes de responsabilités, la confiance peut s'ajouter. Je pense pour ma part que le Président Cavaye a la compétence et la confiance du président de la République, si je m'en tiens seulement à sa longévité au perchoir de l'Assemblée Nationale. Le tandem Biya - Cavaye nous a permit jusqu'à présent de garder la paix et la stabilité dans nos institutions et sur l'ensemble du territoire national. Que ce tandem continu avec Cavaye comme Président du Sénat, personnellement, je n' y vois pas d'inconvénient. Il y aura juste à redistribuer les cartes avec un nouveau dosage équilibré des pouvoirs. La candidature du Président de l'Assemblée au Sénat peut-être aussi une stratégie pour brouiller les cartes: Qui vivra verra.

Certaines langues pensent que le président de l’Assemblée Nationale, a manqué de tact ; même qu’il force la main du bureau politique et surtout du chef de l’Etat et président national du Rdpc, Paul Biya. Qu’en dites-vous ? 

On sent que vous n'êtes pas militant du Rdpc. Vous semblez sous-estimer le Président Paul Biya qui a gagné tous ses combats politiques à l'intérieur du triangle national et à l'extérieur. faites très attention. Il vous a toujours surpris et vas encore vous surprendre. On ne peut pas forcer la main au Président de la République qui a toujours agit dans la légalité et pour l'intérêt supérieur de la nation.

Cavaye Yéguié Djibril ne va-t-il pas droit vers un mur avec le risque de ne pas être investi ou celui de ne pas être le président du Senat qui suscite tant ses appétits et sa volonté de faire une transhumance vers la haute chambre ? A-t-il la bénédiction de Paul Biya et peut-il devenir ce qui fonde son rêve ? 

Je vous ai déjà répondu. Le Président Cavaye n'est pas né de la dernière pluie. Sa longévité au perchoir devrait vous amener à plus de méfiance et de prudence dans l'interprétation de ses actes. Je pense que ses chances de réussites sont plus importantes que celles de perdre.

L’autre curiosité en rapport aux sénatoriales s’observe par l’offensive et le nombre des candidats à la candidature dans les rangs du Rdpc : Près de 80% des membres du bureau politique du Rdpc, des anciens ministres Dg et hauts commis de l’Etat à la retraite, les hommes d’affaires… On retrouve également dans les rangs des candidats, qui ont occupé tous les postes de responsabilité et même ceux là qui ont obtenu de gros avantages. Ne risque-t-on pas voir un Sénat fourre-tout, à l’image de l’Assemblée nationale, qui est devenue une chambre de commerce ? 

Mon analyse est très simple. Vous savez, le président de la République va désigner 30 Sénateurs Titulaires et 30 Suppléants. Avec ce chiffre, il ne pourra pas récompenser les meilleurs serviteurs de l'Etat et Dieu seul sait qu'il y en a beaucoup. Il ne pourra non plus facilement promouvoir des jeunes et femmes pour équilibrer un peu les choses. D'où la nécessité d'encourager les bons serviteurs à se présenter dans les listes de façon à lui laisser une certaine marge de manœuvre pour promouvoir des jeunes, femmes et pourquoi pas certains leaders responsables de l'opposition. Je serai d'avis par exemple que le Rdpc s'allie à certains partis d'oppositions, et particulièrement ceux représentés à l'Assemblée Nationale pour que les leaders qui se présentent dans des listes soient élus Sénateurs et ceux qui ne se présentent pas dans des listes soient désignés par le président de la République dans son quota de 30 Sénateurs. Ceci restera dans l'histoire que le président Paul Biya aura contribué efficacement à l'amélioration des conditions de vie et de travail des leaders politiques et par ricochet, de la qualité future des contributions de ces leaders.

On assiste à une série des complaintes et au mécontentement généralisé tant au sein de la gente féminine que dans les milieux des jeunes qui pensent que les caciques et les barons du régime, après avoir confisqué l’émergence et l’idée du renouvellement de la classe politique, bloque la quête de rénovation. Le président national du Rdpc qui a tous les clefs en main, fermera-t-il les yeux sur les revendications légitimes de son bétail électoral que représentent les femmes et les jeunes ? 

Faisons confiance au président Paul Biya. Il faut y aller avec méthode et efficacité. Un dosage équilibré est nécessaire entre les aînés et les cadets. Si vous observez les mouvements faits ces deux dernières années, la part belle revient aux jeunes et aux femmes. Je pense qu'il y aura une nouvelle accélération suffisante pour ne pas déstabiliser le système. Nous devons conserver les acquis dans la pérennité. Je suis de ceux qui pensent qu'on pourrait mettre du vin nouveau dans de vieilles outres et que la jeunesse n'était pas un critère d'incompétence. N'oubliez pas aussi que le départ des aînés vers le Sénat libère ailleurs beaucoup de postes opérationnels que des jeunes et femmes pourraient occuper. Il y a un juste milieu à faire.

Aujourd’hui, se tient un grand rassemblement de la crème pensante du Rdpc, présidée par le président national du Rdpc, à l’effet de statuer sur la liste définitive des candidats du Rdpc au Sénat. Comment entrevoyez-vous cette périlleuse équation ? 

Je vous l'ai dis, le Rdpc est un parti organisé. Un travail de fond a été fait il y a quelques temps sur l'ensemble du territoire national pour mettre en évidence, toutes les personnes représentatives, populaires, intègres, qui privilégient l'intérêt collectif, qui ont un sens élevé de l'Etat etc. Le résultat de ce travail va permettre au Président national d'arbitrer facilement. Les "clandos" ne vont plus passer. Ces gens qui viennent de nulle part n'ont plus aucune chance. la recréation est terminée. Le Président le dit à chacune de ses communications.

Le Rdpc qui a tous les faveurs des pronostics et la possibilité de faire du 100%, au regard de l’appartenance politique du collège électoral saura-t-il positionner des sénateurs dignes, et non des aventuriers, des carriéristes, ou des hommes d’affaires à la recherche des « asiles » ou des « refuges » ? 

Un pays  est fait de tout. Mais le président est déterminé à faire perdre le sommeil aux détourneurs de deniers publics, délinquants fiscaux et bandits à col blanc. Il ne cesse de le répéter. Le Sénat ne sera pas un refuge pour cette catégorie de Camerounais. Et même les Législatives et Municipales à venir, la même rigueur sera appliquée et nous encourageons la poursuite dès les investitures pour que le contrôle revienne au parti.

Quel commentaire vous inspire la tâche ardue et le casse-tête chinois de Paul Biya, à qui revient la latitude de donner le « okay » final ? 

Ce ne sera pas un casse-tête. Le président a toutes les billes. Tous ceux qui a un moment donné ont triché en auront pour leurs frais. Il est préférable pour ces derniers de garder leurs calmants sur eux, dans la mesure où de grosses variations de mercure sont à prévoir ce jour du "Okay" final.

Certaines opinions considèrent cette élection comme une farce, les candidats des partis de l’opposition ne prenant le départ que pour amuser la galerie. Y-a-t-il quelques maigres chances pour l’opposition ? Si oui, lesquelles ? 

Les chances de l’opposition sont très faibles c'est sûr. De plus, le Rdpc est un parti discipliné. Nous savons que beaucoup de partis comptent sur le mécontentement dû aux arrestations de quelques barons dans le cadre de l'opération "Epervier". Le parti durant la campagne va rassurer ses militants. Le salut de l'opposition ne pourrait venir que s'il y a négociation avec le Rdpc de façon à ce que là où il y a ballotage favorable à l'opposition, que le Rdpc désiste.

On assiste à une espèce de bousculades dans les rangs du Rdpc, après la signature de la circulaire par Paul Biya sur les critères d’investiture. On a dénombré beaucoup de cas d’insolvabilités, davantage des militants de façade qui ne sont pas à jour avec leurs cotisations. Qu’en pensez-vous et doit-on avouer que le Rdpc a fait des bonnes affaires dans cette course aux sénatoriales ?

Il est clair que le Rdpc fait de bonnes affaires en ce moment. J'encourage même le parti à maintenir cet acquis dans la pérennité, au delà des sénatoriales, législatives et municipales. L'ouverture de 2007 a fait entrer des militants sans conviction dans notre parti. D'autres sont venus pour nous combattre de l'intérieur et nous en souffrons sérieusement. sans compter les "réfugiés". Les caisses du parti étaient vides depuis un certains temps. Tous ces militants vous disaient qu'ils étaient fauchés. Subitement, ils ont de l'argent pour payer leurs arriérés. J'espère qu'ils vont garder ces bonnes habitudes retrouvées. Ceux qui ont l'ambition de se présenter aux prochaines législatives et municipales peuvent déjà aller payer leurs dettes pour éviter les bousculades de dernières minutes.

Avec l’acceptation de la mise en place du Sénat, par le président Paul Biya, 17 ans après la constitution de 1996, le président national du Rdpc accède-t-il enfin à l’idée d’une véritable alternance au sommet de l’Etat ?

L'alternance au sommet de l'Etat n'a jamais souffert de rien. En cas de vacance du pouvoir en l'absence du Senat, il y a le Président de l'Assemblée nationale qui prend les choses en main. C'est pourtant facile à comprendre.

Si le Sénat fait courir tant de barons du Régime, c’est aussi parce que, il y a la question de la vacance et de l’organisation de l’élection présidentielle. Quel est selon vous, le portrait robot du prochain président du Sénat. Avec la mise en place de ce Sénat, doit-on ouvrir la discussion sur l’éventualité d’un dauphin ? 

Le prochain Président du sénat devra être un homme épris de paix, un homme intègre, un homme qui a un sens élevé de l'Etat, un homme de confiance, un homme qui maîtrise les subtilités et sensibilités de notre pays, un homme qui privilégie l'entente et le compromis, un homme intransigeant, lorsqu'il s'agit d'intérêts fondamentaux, l'unité nationale, l'intégration nationale, le respect de l'intégrité territorial du Cameroun etc. A propos du "dauphinat" Je ne pense pas qu'il soit vraiment nécessaire quand les mécanismes de succession constitutionnelle sont en place. Le "Dauphinat" met en danger celui qui est désigné, dans la mesure où ce dernier va recevoir tous les coups possibles et même ceux en dessous de la ceinture. Pourvu qu'il soit écarté par les autres prétendants connus ou cachés.

Le Sdf qui nous a habitués à des déclarations pompeuses et sans résultats probants, n’en sort-il pas diminué au vu des contradictions de son leader Ni John Fru Ndi ? 

Je ne pense pas. Fru Ndi est un grand homme politique qui aime son pays et qui veut un Cameroun fort, uni, dans la paix et la stabilité. C'est ce qui a toujours guidé ses choix. Il y a des va en guerre qui veulent profiter d'un mot d'ordre du Chairman pour faire du désordre. Le chairman le sait et c'est la raison pour laquelle il n'hésite pas à revenir sur une décision prise à chaud ou sous le feu de l'action. Il est un nationaliste. Ceux qui veulent le désordre doivent se découvrir et ils auront l'Etat en face d'eux. Ils ne doivent pas se cacher derrière un éventuel mot d'ordre de Fru Ndi. J'encourage le président de la République à récompenser le Chairman spécialement et à le faire rentrer dans l'histoire pour service rendus à la nation pour la paix et la stabilité du pays. 

En allant enfin à une élection dont il sait que le corps électoral n’est pas à son avantage, le chairman du Sdf, ne coure-t-il pas droit vers sa mort politique ? 

Dieu l'aidera à rester vivant politiquement parlant. C'est un patriote.

Entretien avec Souley ONOHIOLO


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