04/12/2009 16:02:18
Affaire match Maroc-Cameroun : la Justice se saisi du dossier
un bulletin des services des renseignements camerounais adressé à la haute hiérarchie du pays a levé tous les secrets sur ce que certains appellent déjà « la mafia mise en place pour se faire de l’argent au dos des citoyens ».
Le Messager
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On n’a pas fini de parler du match Maroc-Cameroun qui s’est déroulé le 14 novembre 2009 dans la ville marocaine de Fès. Certes, les Lions Indomptables du Cameroun sont sortis victorieux de cette confrontation contre la formation des Lions de l’Atlas par un score de 2 buts à 0. Se procurant ainsi un ticket pour la prochaine coupe du monde qui doit se dérouler en Afrique du Sud. Mais si la satisfaction au sein de la population est grande depuis ce nouvel exploit des valeureux Lions Indomptables, les contours de la non retransmission de ce match Maroc-Cameroun par la Cameroon Radio and Télévision (CRTV) continue de préoccuper les hautes autorités du pays. Au point de chercher à établir les responsabilités des uns et des autres impliqués à la fois dans le processus d’acquisition des images et de la retransmission du match proprement dite.

Selon nos sources, un bulletin des services des renseignements camerounais adressé à la haute hiérarchie du pays a levé tous les secrets sur ce que certains appellent déjà « la mafia mise en place pour se faire de l’argent au dos des citoyens ». On se souvient que les téléspectateurs de la CRTV n’avaient pas pu voir le 14 novembre dernier la première mi-temps du match Maroc-Cameroun qui se déroulait à Fès. Il a fallu attendre quelques minutes après la seconde mi-temps pour voir les images à partir d’une chaîne de télévision marocaine. Ce qu’on apprendra par la suite est que les images en question avaient tout simplement été piratées par la CRTV. Alors qu’une somme de 260 millions de Fcfa avait régulièrement été débloquée sur instruction du Premier ministre chef du gouvernement pour que les Camerounais, où qu’ils soient puissent suivre le match à partir de la CRTV.

Colère du PCA de la CRTV

Le 23 novembre 2009, le PCA de la CRTV, le ministre Jean Pierre Biyiti Bi Essam avait alors écrit au directeur général de la CRTV pour entre autres lui faire part de ses émotions et lui donner des recommandations. « J’ai l’honneur de vous demander : 1° – de ne pas vous absenter lorsque surviennent des évènements aussi importants que celui du 14 novembre 2009, intervenu alors que vous étiez hors du Cameroun ; 2° – de présider personnellement les réunions de production, avec tous vos collaborateurs concernés, au moins un mois avant tout évènements sensible, ainsi que nous avons convenu en janvier 2009 ; 3° – de récupérer les sommes que avez payées pour la retransmission du match Maroc-Cameroun du 14 novembre 2009 à Fès, le service n’ayant pas été consommé. 4° – d’initier dès à présent, si ce n’est pas encore fait, la préparation de la CAN (Angola), qui débute le 10 janvier 2010 et de la Coupe du monde (Afrique du sud) qui débute en juin 2010 en rendant compte hebdomadairement à la hiérarchie », peut-on lire dans cette correspondance de Jean Pierre Biyiti bi Essam dont Le Messager a pu se procurer une copie. En gros une véritable leçon de management adressée à Amadou Vamoulké.

De son côté, le ministre de la communication a lui aussi déjà eu une idée des manquements de la retransmission du match Maroc- Cameroun du 14 novembre 2009. Ses services compétents lui ont adressé à ce propos un rapport détaillé.  Dans celui-ci on peut lire entre autres que « (...) quatre raisons essentielles justifient le fiasco de la CRTV dans la couverture de cet évènement : l’arrivée tardive des équipes au Maroc, l’insuffisance des moyens techniques et financiers, le sous effectif des équipes et l’inexpérience du technicien TV chargé des négociations et de la retransmission. » En réalité, des sources proches des services de renseignement, cette affaire dont la gravité ne souffre plus d’aucun doute trouve son origine dans ce que les flics appellent « une organisation criminelle ». « On sait désormais qui est qui dans cette organisation. Les responsabilités ont été établies. La haute hiérarchie est au courant. Les poursuites judiciaires devraient normalement être engagées dans les tous prochains jours », indiquent une source policière.

Accusez, levez-vous !

« Le montage diabolique » à pour repères la FECAFOOT et la CRTV. On sait que la Confédération africaine de football (Caf) cède généralement les divers  droits de retransmission des matches aux fédérations qui accueillent les matches sur leur sol. C’est ce qui s’est passé pour le match Cameroun-Maroc qui a eu lieu à Yaoundé en juillet 2009. La Fédération camerounaise de football avait donc acquis les droits de retransmission de ce match. Elle les a cédés à la société Sport global managment (SGM), supposée être basée à Paris en France.  Mais nos sources, fins limiers des renseignements, indiquent qu’il s’agit d’une société dont les actionnaires seraient de hauts responsables  de la CRTV et de la FECAFOOT. Parmi les actionnaires suspectées et qui sont de la FECAFOOT, on cite ainsi deux éminents membres proches de l’actuel président Iya Mohammed et qui sont tous originaires du Grand Mbam. Et à la CRTV, on suspecte un ingénieur, propriétaire d’une boutique qui livre du matériel informatique à la société qui l’emploie, à savoir la CRTV et un journaliste anglophone proche des dirigeants de la CRTV.

C’est ce tandem qui a taxé à la télévision marocaine via la Fédération marocaine de football le match Cameroun-Maroc à 200 millions de Fcfa. Du jamais vu en fait puisque la plupart des matchs des Lions Indomptables que la CRTV retransmet ne dépasse généralement pas la somme de 20 millions Fcfa. C’est ainsi que, lorsque les Lions sont allés jouer à Fès, la Fédération marocaine de football et la télévision marocaine ont imposé la réciprocité en demandant 200 millions Fcfa. La société Sport global managment qui avait donc l’exclusivité de droit va monter les enchères et ajouter à cela un surplus de 60 millions Fcfa. Lorsque le prix de l’achat des images parvient à la CRTV, le directeur général Amadou Vamoulké saisi le ministre de la Communication qui par la suite a saisi le Premier ministre. Très vite le Pm a ordonné le déblocage de la somme. Nous sommes là vendredi 13 novembre. C’est-à-dire la veille du match. Compte tenu des lenteurs administratives, Amadou Vamoulké saisi une banque de la place pour avoir les liquidités et s’envole pour le Bénin. L’argent est envoyé aux Marocains via la société sport global managment qui retient ce qui lui revient. On croit alors que le match va être servi aux téléspectateurs. Grosse naïveté.

Il se trouve que sur place lorsque les techniciens de la CRTV se présentent pour assurer les conditions techniques de la retransmission, la télévision marocaine exige 20 millions Fcfa pour les conditions de production. Les reporters de la CRTV qui sont arrivés pratiquement la veille n’ont pas les moyens de payer. La panique est certaine. Le Dg de la CRTV n’est pas au Cameroun. Que faire ? Le match à Fès sans les images sur la CRTV qui finie par les pirater.  Le reste est connu de tous. C’est ceci qui fait que, selon nos sources, les pouvoirs publics veulent faire établir les responsabilités par la Justice. Notamment sur cette surenchère de la société Sport Global managment.  Mais aussi la légèreté des dirigeants de la CRTV et de la FECAFOOT

Jean Francois Channon

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