06/12/2009 16:28:58
Discrimination et apartheid au Cameroun: système de quota
Système de quota? les Camerounais disent NON Depuis 1995, les concours organisés par le gouvernement camerounais connaissent l’application d’un système de quota. Parmi ces concours, on peut citer les concours de police, de l’armée, de l’École normale supérieure, de l’École polytechnique, de l’École nationale de l’administration et de la magistrature, etc. Le but de ce système serait d’assurer la protection des ethnies dites minoritaires au Cameroun.
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Depuis 1995, les concours organisés par le gouvernement camerounais connaissent l’application d’un système de quota. Parmi ces concours, on peut citer les concours de police, de l’armée, de l’École normale supérieure, de l’École polytechnique, de l’École nationale de l’administration et de la magistrature, etc. Le but de ce système serait d’assurer la protection des ethnies dites minoritaires au Cameroun. Actuellement, dans les différentes facultés de l’université de Yaoundé I, le recteur a mis sur pied des commissions de sélection des candidats en Maitrise et en Doctorat qui utilisent la province d'origine comme critère principal de sélection, excluant de facto les étudiants brillants. On assiste, écœuré, à la mise en place d’un véritable génocide intellectuel au Cameroun.

Pour trouver les origines lointaines et les raisons de cette discrimination sélective, il faut remonter à l’époque coloniale au Cameroun, quand un certain Jean Lamberton, colonel et administrateur français, fait une déclaration qui aura des conséquences fâcheuses pour les populations du Cameroun: « Le Cameroun s’engage dans sur le chemin de l’indépendance avec dans sa chaussure un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique, les Bamiléké en proie à des convulsions dont ni l’origine ni les causes ne sont claires pour personne». Cette remarque de Lamberton a coûté, entre 1958 et 1972, l’assassinat d’au moins 15% de la population camerounaise, c’est-à-dire 500.000 personnes d’origine bamiléké et bassa, et ce à une époque où le Cameroun ne comptait que 3.500.000 âmes. On a vu ensuite apparaître au Cameroun le système des quotas. Les différents gouvernements  d’Amadou Ahidjo et de Paul Biya se sont accrochés à ce système. Mongo Beti et Shanda Tonme ont longuement traité de ces faits historiques macabres dans leurs ouvrages. 

L’application de cette pratique, qui est devenue l’expression d’une haine viscérale entretenue par le pouvoir politique contre des ethnies, a des conséquences désastreuses sur le développement du Cameroun: des postes d’enseignants restés pendant des années vacants dans les universités du pays, pour la simple raison que les seuls candidats ayant le profil sont originaires d’une ethnie indésirable ; la médiocrité dans diverses administrations et sociétés d’Etat (Administration, Magistrature, Armée, Police, Enseignement, etc.) est connue de toute personne ayant séjourné au Cameroun ces quinze dernières années ; la disparition du principe de la saine compétitivité et du mérite au détriment d’une discrimination qui laisse passer les paresseux et les tricheurs a favorisé à ce jour l’émergence des frustrations qui feront inévitablement l’effet d’une bombe.  A qui profite ce crime? Certainement pas au Cameroun. C’est une communauté camerounaise homogène et unie, où l’éducation et l’excellence seront les leviers de l’émancipation et du progrès social, qui pourra porter le flambeau d’un Cameroun fort.

Le but de cette action citoyenne est d’interpeller le gouvernement camerounais à la raison. Très nombreux sont les citoyens originaires de la province de l’Ouest du Cameroun (appelés les Bamiléké) qui expriment, auprès de la commission indépendante de lutte contre la corruption (COMICODI) au Cameroun, leurs frustrations face aux portes qui leur sont régulièrement fermées par les pontes du régime en place à Yaoundé. À titre d’exemple, la COMICODI, dans ses enquêtes, s’est rendue compte qu’effectivement, le pourcentage des Bamiléké dans les divers examens d’admission est en baisse, notamment à l’École normale de l’administration et de la magistrature (ENAM) où l’on est passé de 13% à 9%, alors qu’en réalité, les Bamiléké constitueraient l’ethnie majoritaire au Cameroun.

Suite à une lettre adressée au directeur de cette école l’interpellant sur la marginalisation des Bamiléké à l’ENAM, ce dernier a répondu : «Il n’y a pas de chasse aux Bamiléké à l’ENAM», ajoutant au passage que l’équilibre régional relève du pouvoir politique. Le directeur de l’ENAM répondant de cette manière aux frustrations du peuple Bamiléké qui représente aujourd’hui le tiers de la population camerounaise, a reconnu implicitement la pratique discriminatoire qui règne dans son département ministériel. Peut-on imaginer un peuple accepter de vivre longtemps dans une telle frustration sans entreprendre quelque chose? Ceci ne pourra-t-il pas dans un avenir proche ou lointain entrainer une instabilité sur le Cameroun? Nous avons encore le souvenir très amer du Rwanda (1994), sans oublier celui du Cameroun (1958-1972) dont le dossier n’est pas encore fermé.

Nous invitons chaque individu, notamment chaque Camerounais soucieux de laisser un pays de paix à ses descendants ou inquiet d'une autre erreur humaine, à participer à cette action citoyenne pacifique en interpellant le gouvernement camerounais et les institutions internationales (se trouvant au Cameroun ou à l’étranger) par la présente lettre ou par une toute autre note, et ce à travers un fax, un coup de fil ou un courriel, sur cette question de discrimination et d’apartheid lorsqu’il est encore temps. Sinon nous risquons assister très bientôt à une nouvelle grosse honte pour la communauté camerounaise, africaine et noire. La liste des numéros de téléphones, de fax et des courriels est en annexe.

Que Dieu bénisse le Cameroun!

 

Wambé Happi,

Junior - Éducateur de la société civile

 

ANNEXE

 

P.S.: Cette action est citoyenne et vise à lutter contre le système de quota présenté ci-dessus qui n’est rien d’autre que la version camerounaise de l’apartheid.

Contacts des institutions relevant au Cameroun:

-       Présidence de la république du Cameroun:

Tel:  (237) 22 23 40 25  (237) 22 23 40 25 / Fax 22 21 23 07 / 22 22 08 70 /  cellcom@prc. cm

-       Premier ministère:

Tel.: (+237) 223 92 54 / Fax. : (+237) 22 23 80 05  / (+237) 22 23 57 65 /  spm@spm.gov. cm

-       Ministère de la fonction publique:

Tel.: (+237) 222 21 75 / Fax (+237) 22 23 08 00

-       Ministère de la justice:

Tel. : (+237) 22 07 43 / Fax (+237) 22 23 00 05

-       Ministère  l‘enseignement supérieur:

Tel. :(+237) 222 67 59  / Fax (+237) 22 22 97 24

-       Ministère de la communication :

Tel. : (+237) 222 31 55 / Fax (+237) 22 23 30 22

-       Nations unies (ONU) - Cameroun:

Tel. :  (+237) 22 20 08 00  (+237) 22 20 08 00 /  Fax (+237) 22 22 43 69 / webmaster.cm@ undp.org

-       Union Européenne - Cameroun:

Tel. :  (+237) 22 20 13 87  (+237) 22 20 13 87 / Fax (+237) 22 20 21 49 / delegation-cameroun @ec.europa. eu

-       Ambassade des Etats unis (USA) - Cameroun:

Tel. :  (+237) 33 42 53 31  (+237) 33 42 53 31 /  (+237) 33 42 77 90  (+237) 33 42 77 90 / vppseptentrion@ state.gov

-       Ambassade de France - Cameroun:

Tel.:  (+237) 22 23 50 43  (+237) 22 23 50 43 /Fax.: (+237) 22 23 50 43 /chancellerie. yaounde-amba@ diplomatie. gouv.fr

-       Centre régional des droits de l’homme de l’ONU – Cameroun:

Tel.:  (+237) 22 21 24 74  (+237) 22 21 24 74 /  Fax (237) 22 21 24 75

 

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