07/12/2009 16:06:12
Iran : l'opposition investit l'université
L'opposition semble avoir le souffle long en Iran. Malgré les interdictions, les menaces et les procès contre les protestataires, l'opposition profite de la moindre occasion pour manifester contre le régime.
Radio-Canada
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                                                  Photo: La Presse Canadienne /AP
                     Photo montrant des étudiants à l'intérieur de l'Université de Téhéran publiée par l'agence AP,
                    qui précise que la photo lui a été envoyée par une personne qui ne travaille pas pour l'agence.

 

Lundi, à l'occasion de la « Journée de l'étudiant », rendez-vous est donné à l'Université de Téhéran pour un rassemblement des opposants.

En l'absence de la presse étrangère, les agences de presse rapportent les témoignages de personnes présentes sur les lieux.

Selon ces témoins, la police, présente en nombre, a utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au président Mahmoud Ahmadinejad.

« Des centaines de policiers sont déployés autour de l'Université de Téhéran et certaines rues y menant sont bloquées. La police a également mis des barrières sur les trottoirs pour contrôler l'accès » à l'Université de Téhéran, selon un témoin.

D'autres témoins ont raconté que les miliciens de l'organisation Bassidji avaient frappé hommes et femmes à la tête et aux épaules avec leurs matraques.

Le site réformateur Rah-e Sabz rapporte que les autorités iraniennes brouillent le réseau des téléphones cellulaires dans le centre de la capitale afin d'empêcher les manifestants de communiquer entre eux.

Dimanche soir, des opposants ont grimpé sur les toits de Téhéran et ont crié « Allahou Akbar (Dieu est grand) » et « À bas le dictateur ».

Le même jour, Mir Hossein Moussavi affirmait sur son site que le mouvement réformiste demeurait actif dans la République islamique malgré les pressions exercées par le pouvoir religieux pour y mettre fin.

Mais la version officielle des événements diffère de celle des témoins citées par les agences de presse. Selon l'agence Fars, alors que « quelque 2000 étudiants participent à un rassemblement officiel à l'intérieur de l'Université, lançant des slogans pour soutenir le guide suprême [...] quelque 50 partisans de Mir Hossein Moussavi ont tenté de perturber ce rassemblement en scandant "Ya Hossein, Mir Hossein" (Allez Hossein) ».

Couverture interdite
Les cartes de presse des journalistes travaillant pour les médias étrangers ont été déclarées « non valables » pendant 48 heures par le ministère de la Culture. Le régime a interdit aux journalistes de couvrir les manifestations prévues lundi.

Plusieurs groupes d'opposants ont appelé à manifester lundi contre le régime. Un groupe étudiant a renouvelé cet appel lundi sur Internet.

Les autorités ont interdit tout rassemblement « illégal » autour des universités et ont bloqué la plupart des sites Internet de l'opposition.

Le ministre des Sciences et Technologies, Kamran Daneshjoo, a appelé lundi les étudiants à être « sensibles aux intérêts nationaux », dans un message cité par l'agence Irna.

Le groupe conservateur au Parlement a également appelé les dirigeants de l'opposition à « cesser leur entêtement politique », selon l'agence Isna.

Sur son site Internet (www.kaleme.com), Mir Hossein Moussavi a de nouveau critiqué le pouvoir. « Si vous imposez le silence dans les universités, que pouvez-vous pour la société? », a-t-il lancé à l'adresse du gouvernement.


« La journée de l'étudiant »
Le 7 décembre est l'anniversaire de la mort de trois étudiants, tués en 1953 lors d'une manifestation antiaméricaine. Depuis les années 90, elle est l'occasion de manifestations en faveur des réformes.

 

Des mois de protestation

Des heurts s'étaient produits entre les forces de l'ordre et des partisans de l'opposition le 4 novembre, date du 30e anniversaire de la prise de l'ambassade américaine à Téhéran par des étudiants.

Depuis les manifestations consécutives aux élections de juin, les miliciens Bassidji et les Gardiens de la révolution, les plus fidèles soutiens du président Mahmoud Ahmadinejad, ont procédé à des centaines d'arrestations.

La plupart des personnes interpellées ont été par la suite libérées, mais 80 d'entre elles ont reçu des peines allant jusqu'à 15 ans de prison et cinq ont été condamnées à la peine capitale.

L'opposition affirme qu'au moins 70 personnes ont été tuées dans les violences qui ont fait suite aux élections.

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