08/12/2009 16:07:07
Ambiance la CBC après les propos du ministre des Finances
Bien que la banque n’appartienne plus à la famille Fotso, les affaires s’y poursuivent normalement.
Le Jour Quotidien
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Bien que la banque n’appartienne plus à la famille Fotso, les affaires s’y poursuivent normalement.

Ihttp://www.lejourquotidien.info/images/stories/divers_jour/cbc_clients_3_586.jpgls étaient nombreux, tout au long de la journée d’hier 7 décembre 2009, les usagers qui venaient effectuer diverses opérations financières à l’agence centrale de la Commercial bank of Cameroon (Cbc) de Yaoundé. Malgré les déclarations d’Essimi Menye, le ministre des Finances sur les antennes de la Crtv dimanche dernier, les affaires se poursuivent. Au cours du magazine « Dimanche midi », le ministre des Finances a annoncé que le groupe Cbc bank n’appartenait plus à la famille Fotso. Une nouvelle qui n’a pas suscité véritablement d’émotion auprès des clients de la principale succursale de la capitale.
Ce matin, Marie Oyié Nga est à la Cbc bank pour payer ses frais académiques. L’étudiante en 2ème année de Géographie à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé ne semble pas être informée des déclarations du ministre Essimi Menye. Lorsqu’elle apprend la nouvelle, sa réponse ne traduit pas d’inquiétude. « Les responsables de l’école nous on demandé de venir payer à la Cbc. S’ils nous demandent de continuer à payer nos frais de scolarité dans cette banque, ça veut dire qu’il n’y a vraiment pas de danger. Alors, je suis venue payer », nous souffle t-elle. En face des files d’attente qui se forment et se déforment devant les trois guichets opérationnels ce matin, une dame compte des billets de banque. Elle les attache ensuite avec un bracelet élastique. Un homme, visiblement pressé, lui fait face de l’autre côté de la baie vitrée. Il tient dans sa main droite un livret jaune. Il procède à un dépôt. Dans son costume gris, l’homme qui se présente comme propriétaire d’une petite et moyenne entreprise spécialisée dans l’import- export de matériel informatique affirme sa fidélité à la Cbc. « Cela fait sept ans que le salaire de mes employés est géré par cette banque. Pour l’instant, il n’y a pas de signe alarmant ou autre chose de ce genre comme j’ai lu dans certains journaux. La banque change seulement de propriétaire. En plus, l’Etat y a investi. C’est le signe que les choses vont plutôt s’améliorer ».
A l’étage supérieur, le chef d’agence est absent et personne ne veut se prononcer sur l’ambiance au sein de la structure, sans son autorisation. Tous les responsables approchés déclarent au reporter du Jour : «Allez voir le chef d’agence, c’est lui qui sait ». Une dame, agacée par l’insistance du journaliste, lui lance : «  Vous voulez même savoir quoi ? Il n’y a pas de problème ici, le travail continue. Vous ne voyez pas les gens qui sont là ? ». Quand le reporter du jour quittait les lieux deux heures plus tard, le chef de centre n’était toujours pas de retour.

Muriel Edjo


Douala : Des clients inquiets

Plusieurs d’entre eux se sont rendus à l’agence de la Cbc à Bonanjo hier, pour s’assurer que leurs fonds sont en sécurité.   

ImageAu siège de la Commercial Bank of Cameroon au quartier Bonanjo à Douala, il y avait du beau monde, hier lundi 7 décembre. La foule « inhabituelle » était constituée, en partie, des clients. Il y avait également là nombre de personnes « venues aux nouvelles », suite à la sortie du ministre des Finances, afirmant que le groupe Fotso avait perdu le contrôle de la Cbc.

Ces dizaines de personnes cherchaient donc à en savoir plus sur la propriété de ce qui était encore, il y a quelques mois, l’un des fleurons du secteur bancaire national. Cette curiosité qui avait tout l’air d’un vent de panique était visible dans les rangs devant les huit guichets de l’agence centrale. Au guichet n° 3 où se déroulent les versements, la caissière a confié au Jour, autour de midi, qu’elle avait encaissé plus d’un million de Fcfa des clients. Au guichet n° 5, vingt clients à peu près venaient d’effectuer des retraits, à en croire la caissière.
L’un des responsables en charge des opérations a affirmé que la sortie du Minfi a créé une sorte de psychose chez les clients de la Cbc. La Cbc est-elle désormais aux mains de l’Etat, et par conséquent, le groupe Fotso ne doit-il plus assurer la supervision de la banque, comme voudrait le faire croire le ministre Essimi Menye ? L’on affirme à la Cbc que des clients qui se posent la même question sont venus au siège de l’établissement bancaire pour en avoir le cœur net. Jean Claude Ndjeck, enseignant et par ailleurs titulaire d’un compte à la Cbc, faisait partie de ce groupe pris de panique. Il avoue qu’il a joint très tôt hier matin son banquier pour s’assurer que ses fonds sont en sécurité. « Je ne veux pas vivre la situation de la Biao, c’est ma vie qui est dans cette banque. En tout cas, je suis sur le qui-vive », a-t-il déclaré.
Hier, des responsables de la Cbc proches de la direction du groupe Fotso ont exprimé leur surprise suite à la sortie du Minfi. De source proche du groupe, une réaction officielle serait imminente. Ladite réaction pourrait intervenir entre ce mardi et demain mercredi, selon notre source. En attendant, les employés en poste à l’agence centrale tentent comme ils peuvent de rassurer les épargnants. Le principal argument avancé étant que l’actionnariat de la Cbc ne dépend pas de l’administration provisoire mise en place par la Cobac.

 

Essimi Menye

Image« Au mois d’Avril, la Cobac a interdit la Cbc de faire des paiements supérieurs à 100 millions de francs Cfa sans autorisation. Mais au mois de juillet, le promoteur, par un tour de passe-passe, a retiré plus d’un milliard et demi. Et d’ailleurs, c’est lui qui a précipité la décision de la Cobac. Vous n’avez pas de fonds propres, vous n’avez plus de ressources, mais vous puisez sur le dépôt des autres. Ce n’est pas normal. La décision qui a été prise n’est pas pour sanctionner qui que ce soit. C’est pour sauver l’institution bancaire. Parce qu’en réalité, tous les actionnaires de la Cbc ont tout perdu. L’Etat a dit qu’il va participer au capital de la nouvelle banque. Je voudrai aussi dire que la Cbc n’est plus la banque Fotso, parce que Fotso n’a plus rien dedans. Zéro. »

Source : Crtv Dimanche midi du 6 décembre 2009

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