17/12/2009 05:05:34
Affaire Apoula: Des intermédiaires véreux profitent de la situation
La polémique au sujet du nom et de l’âge réel d’Apoula Edel, le gardien du PSG, relance le débat sur tous les jeunes Africains à qui l’ont fait miroiter de belles carrières pros en Europe.
Parisien
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Depuis plusieurs années, des intermédiaires véreux se sont fait une spécialité de ce commerce qui s’apparente à de l’esclavage moderne.

Jean-Michel Moutier, ancien directeur sportif du PSG, le confirme : « Dans les années 1990, la plupart des jeunes Africains passaient par la Belgique. A l’époque, lorsqu’un étranger de moins de 16 ans arrivait dans ce pays, il obtenait la nationalité belge. Avant le départ, les jeunes étaient donc rajeunis. » Mais pour un Samuel Eto’o ou un Didier Drogba qui réussissent, combien d’échecs et d’enfants laissés à l’abandon par des « agents » peu scrupuleux ? Ainsi, cette année, un jeune Ivoirien amené en France par un certain William Davisseau qui lui avait promis un essai au PSG avait été abandonné sur un banc de Paris (lire nos éditions du 9 juin).

« Marc ne m’a jamais montré mes contrats, il les signe pour moi et garde mes salaires »

Au Cameroun, le pays de naissance d’Edel, la justice va bientôt se pencher sur un trafic présumé d’enfants footballeurs impliquant une Camerounaise et un agent espagnol, Marc Salicru Massegu. Les deux personnes, avant de se fâcher, collaboraient. « Cette dame adoptait des enfants et lui les envoyait en Espagne, raconte Jean-Claude Mbvoumin, président de l’association Foot Solidaire, à l’origine de la plainte. Mais les parents se sont révoltés et ont décidé d’attaquer cette femme. » Madame Eboa dément être poursuivie en justice, mais entend de son côté attaquer son ex-collaborateur : « M. Salicru Massegu a abusé de moi et des enfants. Il ne m’a jamais payée. Il ne s’occupe pas des jeunes et ne leur reverse pas l’argent que les clubs donnent. »


Cette version est confirmée par Yannick Abega, un jeune joueur camerounais. « Marc ne m’a jamais montré mes contrats, il les signe pour moi et garde mes salaires », dit-il. A 16 ans, dépourvu de papiers d’identité en règle, il risque de devoir quitter le club d’Almeria (L 1 espagnole) sans rien. Contacté, M. Salicru dément et dit chercher une solution avec son avocat pour régulariser la situation des jeunes qu’il a placés en Espagne.

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