30/04/2013 04:09:38
Chambre haute du Cameroun. Les visages des premiers SÚnateurs Úlus (Dossier)
Qui sont-ils?
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La Cour suprême, en lieu et place du Conseil constitutionnel a proclamé hier lundi 29 avril, les résultats du scrutin du 14 avril 2013. Comme il fallait s’y attendre, le Rdpc a raflé la mise avec 56 sièges contre 14 pour le Sdf pour un total de 70 sénateurs. En attendant le décret du président de la République qui va désigner, conformément à la loi fondamentale, les 30 sénateurs pour porter le nombre à 100, Le Messager présente les visages des prochains locataires élus du Sénat.

1. Est  (par Ange-Gabriel OLINGA B)

Charles Salé : de l’hôpital à la chambre haute

Fils de Sirou et de Sonta, est né le 15 avril 1952 à Woutchaba, une bourgade de l’arrondissement de Belabo, département du Lom-et-Djerem. Sur le plan académique pendant la campagne il s’est présenté comme critique littéraire. Au plan professionnel, il a été notamment cadre au ministère de l’Administration territoriale (1980-1982), secrétaire général à la commune urbaine de Bertoua (juillet 1982 juin 1985), administrateur municipal (juin 1985-décembre 1996), puis maire de la commune rurale de Belabo (de janvier 1996 à juillet 2007).

De juin 1997 à avril 2004, il est député à l’Assemblée nationale. Du 23 avril 2004 au 8 décembre 2004, ministre des Transports, et du 8 décembre 2004 au 7 septembre 2007, ministre de l’Industrie, des mines et du développement technologique. Après un passage à vide de 5 ans, il est depuis 2012, Pca de l'hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé.

Amama Amama Benjamin : un technocrate tout fait

Agé de 57 ans, ce natif de Messamena dans le département du Haut-Nyong, se meut dans la fonction publique camerounaise depuis 1984, date de son retour au Cameroun. Après son doctorat en sciences économiques, obtenu à l'Université de Toulouse I en France. Il entre dans la fonction publique camerounaise comme chef de service de la comptabilité et des caisses à la trésorerie générale. Ensuite, il exercera successivement comme attaché au secrétariat général de la présidence de la République, puis chargé de mission dans les services du Premier ministre. Peu de temps après, ses services seront requis à la direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Benjamin Amama quitte ensuite la Dgre pour diriger l'Enam. Une fonction qu'il cumulera avec celle de conseiller technique à la présidence, puis ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative.

Ndanga Ndinga Badel : les mines mènent à tout

Fils de Ndinga et de Bouzama, est né le 25 octobre 1954 à Gaïmona, (l’appellation de Bertoua en langue Gbaya : ndlr). Après ses études primaires à l’école principale de Bertoua, il poursuit ses études secondaires au Ceg de Ngaoundéré, au Lycée de Garoua où il obtient le Probatoire G2 en mars 1975 et le Baccalauréat G2 en juin 1976. Puis le camarade de lycée de l’actuel vice-président à l’Assemblée nationale, Kombo Gbéri, va étudier à l’Université de Bordeaux en France où il obtient le DEA ès Sciences de Gestion en mars 1982. Il entre ensuite à l’Enam en 1983 où il trouve Benjamin Amama Amama, son colistier d’aujourd’hui au Sénat, et sort administrateur civil en octobre 1985.

Quant à sa vie professionnelle, il débute comme responsable commercial à la défunte Sofibel à Douala d’avril 1982 à octobre 1983. D’avril 1986 à janvier 1988, il est chef de service des projets d’investissement au ministère de l’Administration territoriale. Puis de janvier à mai 1988, directeur des projets et programmes au ministère du Plan et de l’aménagement du territoire. Du 16 mai 1988 au 9 avril 1992, il occupe le portefeuille de secrétaire d’Etat au Plan et à l’aménagement du territoire. De 1997 à 2002, député Rdpc du Lom-et-Djerem à l’Assemblée nationale. Il fait son retour au gouvernement d’abord comme secrétaire d’Etat aux Transports jusqu’en 2007 puis ministre de l’Industrie des mines et du développement technologique de 2007 à 2011.

Mboundjo Jean : un enseignant hors-pair

Professeur des lycées option lettres modernes françaises hors échelle et diplômé de l’Institut supérieur du management public (Ismp). Depuis 18 ans, il a abandonné la craie pour devenir d’abord administrateur municipal puis maire de la commune de Ndélélé, arrondissement enclavé situé dans le département de la Kadey (trois mandats successifs).

D’abord député suppléant de la Kadey entre 1997 et 2002, il est investi la même année comme candidat du Rdpc aux législatives mais sur la base de la discipline du parti, il est remplacé sur la liste par une candidate, originaire de Mbang. Plusieurs fois président des commissions communales du Rdpc, vice-président national des communes et villes unies du Cameroun (Cvuc) et membre fondateur de l’association des communes forestières du Cameroun.

Mme Ouli Ndongo Monique : férue des chiffres

Ingénieure agroéconomiste, secrétaire général du ministère de l'Elevage, des pêches et des industries animales. 

Ndjole A.épse Tokpanou Isabelle : universitaire de haut vol

Née le 27 novembre 1936, ce professeur d’Université hors échelle est originaire de l’arrondissement de Mindourou, dans le département du Haut-Nyong. L’ancienne secrétaire d’Etat à l’Education nationale est aujourd’hui Pca du Palais des Congrès.

Mme Moampéa Marie-Claire : dans la peau de medécin  

Originaire de la Boumba-et-Ngoko, docteur en médecine.

2. Centre (par Joseph Flavien KANKEU)

Pascal Anong Adibime : des salles de classe aux salons feutrés

Il est grand de taille, de teint clair. Très ouvert à ceux qui l’approchent pour une quelconque sollicitation. Appelé à faire valoir ses droits à la retraite, il y a déjà deux ans, Pascal Anon Adibime ne s’ennuie pas pour autant. Bien au contraire. Il dit avoir réalisé le rêve de sa vie. A savoir être promoteur d’établissement scolaire. Diplômé de l’Ecole normale supérieure (Ens) de Yaoundé, cet ancien ministre des Domaines et des affaires foncières originaire d’Ombessa dans le département du Mbam et Inoubou est âgé de 64 ans. C`est au collège privé laïc Jacques Adibimé par lui fondé qu`il passe l`essentiel de son temps. Il y enseigne les sciences de la vie et de la terre à ses jeunes compatriotes. « Le collège porte le nom de mon père, car il était un parfait illettré, mais très rigoureux », explique cet homme marié et père de cinq enfants, dont deux filles et trois garçons. Son parcours jusqu`au sénat où il officiera dès cette année législative est des plus élogieux. Les responsabilités dans sa vie professionnelle commencent au Ces de Nanga-Eboko où il officie comme enseignant.

En 1985, il est nommé directeur du Ces d`Ombessa. La même année, un décret le propulse au prestigieux poste d`administrateur municipal dans la même ville. « J`y suis resté jusqu`en 1988 lorsqu’un autre a été nommé pour me remplacer », se remémore-t-il. La même année, il regagne sans complexe les salles de classe. Deux ans seulement après, sa hiérarchie fait de lui le directeur du Ces de Bafia.  Ce n’est qu’en 2007 qu’il décide de quitter ses fonctions de maire et de président de section parce qu`incompris par certains de ses frères d`Ombessa. Sans savoir que le meilleur est à venir, car le 7 septembre de la même année, il est nommé ministre des Domaines et des affaires foncières. Poste qu`il occupe pendant 22 mois. C`est donc en homme expérimenté que cet amoureux du taro aux feuilles de manioc fera son entrée au sénat.

S.M. Bell Luc-René :  Sa Majesté ou vénérable...

C`est en 1974 que cet homme à la barbe imposante se frotte pour la première fois à la haute administration. Il est alors le secrétaire particulier du ministre des Sports, Félix Tonyè Mbog. En 1977, Bell Luc René quitte ce ministère pour les amphis. Il venait ainsi d`être admis à l`actuelle Ecole nationale d`administration et de magistrature (Enam).

A sa sortie comme administrateur civil en 1980, ce fils de Bomabom dans l`arrondissement de Bonjock est affecté comme chef de la division administrative et juridique auprès du gouverneur de la province du Centre-Sud comme on  appelait à l`époque. Quatre années après, il est promu premier adjoint préfectoral à Monatélé dans l`actuel département dela Lékié. A peine il y dépose ses valises qu`il est appelé par la plus haute hiérarchie de l`Etat à offrir ses services comme secrétaire général de la province du Sud. « J`y est travaillé jusqu`au 05 février 1988, date à laquelle je deviens préfet de la Mifi dans la région de l`Ouest », se souvient-il. Bell Luc-René a servi aussi comme gouverneur de la région du Nord-Ouest avant d’assumer les fonctions de délégué général à la Sûreté national. 

Depuis le 3 août 2003, Sa Majesté Bell Luc René est président de l’association des chefs traditionnels du Nyong - Ekélé. De même qu`il est vice-président de l`association des chefs traditionnels du Centre depuis 2004. Membre titulaire du Comite central du Rdpc, cet homme à la silhouette imposante que l`on désignera désormais vénérable est marié, père de plusieurs enfants et chef d’une très grande famille.

Elie V. T. Essomba : le militant de base devenu sénateur

Sa plus grande fierté, c’est d’avoir été retenu par la hiérarchie du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) pour représenter, comme six de ses camarades, la région du Centre au sénat. Né le 10 juillet 1949 à Efoulan dans l’arrondissement de Yaoundé III, Elie Victor Tsoungui Essomba détient une carte du parti datant du 12 août 1985. Nanti d’une licence en économie et gestion des entreprises obtenue en 1973 à l’université de Yaoundé I, cet homme réputé modeste a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle dans les banques.

Aujourd’hui consultant en finances, il se targue d’avoir été témoin et acteur de la mise en place de nombreux projets industriels au Cameroun. « Cela m’a permis de travailler en permanence avec des grands industriels camerounais tels mon homonyme Victor Fotso, James Onobiono et Noutchougwen qui est un parfait illettré, mais un promoteur avisé », se souvient cet ancien vice-président du Canon de Yaoundé chargé des finances dans les années 1985.

S.M Jean-Marie Mama : au nom des populations

Il est l’unique chef traditionnel de premier degré dans la liste des sénateurs titulaires devant représenter la région du Centre à la chambre haute du parlement. Agé de 60 ans, Sa Majesté Jean-Marie Mama se lance dans  la politique dès la création du parti du flambeau en 1985. En 2002, son militantisme commence à porter des fruits, car il est élu 1er adjoint au maire de Lobo dans le département de la Lékié. Poste qu’il occupe pendant tout le mandat qui court jusqu’en 2007.

Le regard sûr, le sénateur Jean-Marie Mama est aussi réputé par  la rigueur dans son travail. Ses camarades du parti du flambeau le présentent comme un militant engagé et rassembleur. C’est certainement pour ces qualités qu’il a été, à l’occasion de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004, désigné par la hiérarchie de son parti pour présider la commission communale de Lobo pour la campagne électorale. La même confiance lui sera d’ailleurs renouvelée en 2011. Membre suppléant du Comité central, il a été très apprécié pour son tact dans la facilitation des rencontres organisées par le Comité central du Rdpc pour la meilleure tenue de la session de rattrapage des élections municipales de septembre 2007 dans l’arrondissement de Lobo. Au plan professionnel, ce cadre contractuel d’administration à la retraite  né le 16 octobre 1953 à Ngoulmekong a servi son pays au ministère des Finances pendant 35 ans sans interruption.  

Mme Nicole Okala : révolutionner l’école camerounaise

C’est en 1985 que cette « dame de fer » commence ses premiers pas en politique au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à Bilomo dans l’arrondissement de Mbangassina. Mais en 1991, elle claque la porte du parti du 25 mars 1985 pour s’installer à son compte propre. Elle crée ainsi son propre parti politique, l’Union sociale camerounaise (Usc), devenant ainsi la toute première femme chef de parti au Cameroun. « Mais quelques années plus tard, j’ai constaté que je n’avais pas les moyens de ma politique. C’est ainsi que j’ai regagné l’Union nationale pour la démocratie et le progrès où j’ai été faite membre du bureau politique », explique cette femme mariée et mère de 4 enfants. C’est dans cette posture de membre du bureau politique que dame Okala participe au groupe de travail et de suivi de l’application  de la plate-forme d’action gouvernementale entre le Rdpc et l’Undp.

En 2011, l’on note un brusque retournement de situation dans la vie politique de ce membre fondateur du Groupement des femmes d’affaire du Cameroun (Gfac). Contre toute attente, elle fait marche arrière, quittant ainsi l’Undp pour le Rdpc où elle devient simple militante de base. Mais un an seulement après, elle est élue présidente de sous section Rdpc de Mbangassina. En 2007, elle gagne le jack Pot, en raflant la mairie de Mbangassina et la section Rdpc du Mbam et Kim centre. Devenant ainsi l’une des trois femmes présidentes de section de son parti dans le pays (Mme Foning et Mme Onobiono étant les deux autres). Depuis 2011, cette diplômée de l’Institut des langues occidentales (Iloc) de Paris est membre du Comité central de son parti. Spécialiste en animation des centres de loisir pour enfants de 0 à 15 ans.

Emmanuel Nnemde : plus jeune que tous

Il est à n’en point douter, l’un des plus jeunes sénateurs camerounais.  Né le 31 août 1966 à Yaoundé, Emmanuel Nnemdé a inscrit son nom dans les anales politiques de son pays dans un passé très lointain. Alors qu’il n’a que 24 ans, cet expert en règlement des conflits internes et externes des Etats réussit à se faire voter comme député à l’Assemblée nationale en 1997. Il y passe 10 ans, avant de choisir la seule casquette de maire de la commune de Dzeng, poste qu’il occupe jusqu’à ce jour.

Titulaire d’un master en sciences politiques de l’université de N’Gaoundéré, cet officier du mérite camerounais est président de la section Rdpc du Nyong et So’o Nord depuis 2007. Opérateur économique, il a été président de la Fédération camerounaise de Boxe de 1996 à 2000. Ses prouesses dans le redressement de cette fédération lui ont d’ailleurs valu une médaille de mérite sportif de 3e classe. Sur le plan administratif, ce jeune sénateur âgé de 47 ans seulement est membre du comité de pilotage du projet intégré d’appui aux acteurs du secteur informel (Piassi) depuis 2005.

Sylvestre Naah Ondoua : exit la retraite

Cet administrateur civil principal diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) est bien connu. Car il a été ministre camerounais de l’environnement et des forêts. Marié et père de 4 enfants, il a également été directeur général adjoint du crédit foncier. Au plan politique, cet officier de l’ordre national de la valeur  a également été conseiller municipal de la commune de Mfou dans la Mefou et Afamba. Depuis le congrès de 1996, il est membre titulaire cu comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc)

3. Nord (par Salomon KANKILI)

Youssoufa Daoua : la Bénoué a son sénateur

Maire en exercice de la commune d’arrondissement de Garoua 1er, il connaît la Bénoué comme sa poche. Youssoufa Daoua est un ancien sous-préfet, ancien député, ancien militant de l’Unc et locomotive reconnu du Rdpc dans la Benoué. Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Garoua dit de lui qu’il est « un sage ». Sa candidature comme sénateur titulaire (tête de liste) du Rdpc a fait l’unanimité à la différence de la cinquantaine d’autres. Cet homme politique originaire de la Benoué est très apprécié et écouté à la base pour son franc-parlé. Il est d’ailleurs le seul à avoir dit ses quatre vérités à Issa Tchiroma  Bakary par voie de presse : « Nous ne sommes pas là pour  des personnes en mal de sensation, qui disent du n’importe quoi », avait-il déclaré dans les colonnes d’un hebdomadaire de la place.

Après l’arrestation de Marafa, des voix se sont levées pour réclamer son adoubement comme porte-parole des militants du Rdpc à la base. Ceux qui lui font confiance savent que ce magistrat municipal est proche des populations divisées de la Benoué. La cinquantaine bien sonnée, cet entrepreneur faisant dans les marchés publics aime bien distiller quelques blagues autour de lui.

Hamidou Maurice : autrefois très proche de Marafa

Dans la Benoué, beaucoup s’accordent à dire qu’il est une « créature » politique de Marafa Hamidou Yaya. C’est l’ex-secrétaire général de la présidence de la République et ex-minadt qui lui aurait fait gravir rapidement l’échelle de l’administration camerounaise, le faisant passer de secrétaire général de ommune à Sg de ministère.

« Cet homme a gravi l’échelle comme aucun Camerounais ne l’a fait avant lui. Tout ceci grâce à Marafa », tente de convaincre un fils de la Benoué. Autrefois très proches, Hamidou Maurice et Marafa ont pris de la distance l’un envers l’autre ces dernières années. La pomme de discorde entre les deux hommes serait une promesse non tenue. Des langues parlent d’une nomination mal négociée. Les évènements d’avril 2012 (arrestation de Marafa) sont intervenus au moment où Hamidou Maurice était pressenti pour être porté à la tête de la Sodécoton. Il n’en fut rien. La vague des sénatoriales ne l’a pas épargné. Sa candidature, loin de faire l’unanimité a du passer au forceps. Cet homme politique aurait une vision politique très rentable pour la Benoué.
Wait and see !

Dr. Ahmadou Ali : l’espoir du Faro et Déo sur ses épaules

Le coordonateur du Rdpc dans le département du Faro et Déo a décidément le vent en poupe d’année en année. Cadre à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), il passe pour être le porte étendard du parti du flambeau ardent dans cette « terre » quasi-enclavée du Nord. Poli (chef-lieu du Faro et Déo) est acquise au Rdpc mais la menace Undp rode. Les militants comme Dr Ahmadou Ali travaillent au quotidien pour que le parti de Bello Bouba soit mis hors d’état de nuire. Cet homme politique a beaucoup de projets pour le Faro et Déo, notamment en matière de développement. Manifestement, il n’en fallait pas plus que la représentation régionale pour y parvenir. Les conseillers municipaux qui ont voté pour sa liste disent croire en lui. Le sénateur sera jugé au prorata de ses réalisations.

Bednon Payoumi : pour filer du bon coton

Les cotonculteurs de la Benoué peuvent se targuer d’avoir leur représentant. Payoumi est secrétaire général de la Confédération nationale des producteurs de coton (Cnpc). Originaire de Bibemi ; il est l’un des plus grands producteurs de coton dans le Nord. Il a fait de la défense des intérêts de ses pairs son affaire.  Membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) il a opté pour un militantisme dans l’ombre. Il ne s’affiche pas beaucoup dans les meetings politiques, mais son attachement au parti de Paul Biya lui a ouvert les portes de la haute chambre. B. Payoumi aura à cœur de générer la croissance au plan local par l’agriculture.

Mme Asta Yvonne : la femme aux mille ambitions

Le Mayo Louti a cru en elle parce qu’elle a le profil. Cette femme d’affaires charismatique a choisi de faire de la politique dans l’ombre. L’on dit d’elle qu’elle n’aime pas se faire entendre pour ne rien dire. Elle ne parlerait que lorsqu’elle a des choses censées à dire. C’est son sens élevé de la réserve qui fait d’elle un sénateur. Elle a été coptée dans un département où l’Undp dicte sa loi depuis plusieurs années. Mais Asta Yvonne a su garder la tête haute et faire reculer (sensiblement) le parti de Bello Bouba. On parle d’une nette régression de l’Undp dans le Mayo Louti. Même si la « force tranquille » a du pain sur la planche. Ses ambitions se comptent par milliers.

Namio Pierre : l’ancien qui sort du lot

Ancien maire de Touboro, il est aussi membre du Comité central du Rdpc. Les uns et les autres se sont accordés sur sa candidature aux sénatoriales parce que, dit-on, il fait office d’ « ancien ». Ce natif du Mayo Rey aurait le soutien du lamido de Rey Bouba. Ce dernier suit de près tout ce qui concerne le Rdpc dans le département ; il n’est pas question pour lui que le parti vacille. C’est pour cela que l’on n’a pas hésité à investir Namio Pierre. Pour ses multiples services rendus au parti de Paul Biya, sa fidélité et son attachement à sa localité, beaucoup ont cru en lui. Il aurait même été préféré à une dizaine de candidats. Dans un contexte marqué par des dissensions internes et autres querelles intestines, Pierre N. serait l’homme de la situation. Celui-là même qui viendrait réconcilier les populations et travailler aisément avec les collectivités décentralisées.

Mme Adamou : la dame qui sort de l’ombre

Une autre militante très effacée du Rdpc. Mais qui travaille sans répit pour le bien dudit parti. Mme Adamou. Elle est originaire comme Pierre N. du Mayo Rey. Il s’agit du département qui aura fait un casting impressionnant lors des investitures. Si elle a été retenue, c’est que Mme Adamou serait un exemple de vertu. Pour le bien des populations du Mayo Rey et ceux du Nord, les pontes du Rdpc dans le Nord et le lamido de Rey Bouba ont tenu à ce qu’elle soit investie. De l’ombre à la chambre haute, Mme Adamou devra garder la tête froide pour ne pas décevoir ceux qui l’on coptée.

4. Ouest (par Guy Modeste DZUDIE)

Jean Tsomelou : proche des siens

En meeting à Bafoussam à la veille des élections sénatoriales du 14 avril dernier, Ni John Fru Ndi, président national du Front social démocrate (Sdf en anglais), a présenté Jean Tsomelou, mandataire de la liste de cette formation politique dans le cadre de ladite élection et président régional du Sdf, comme cet « enfant qui a grandi dans le Sdf ». «Il avait 29 ans en 1997, nous l’avons investi comme député dans le département des Bamboutos et pendant ses cinq ans de mandat, il n’a pas trahi le parti. Aujourd’hui, il a 42 ans, il est devenu adulte et nous pensons qu’il fera un bon sénateur», indiquait le chairman du Sdf.

Le triomphe de la liste conduite par ce diplômé de l’institut international des droits de l’Homme de Strasbourg en France face à celle de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) dans la région de l’Ouest a été perçu comme une consécration de cette fidélité. Jardinier reconverti en opérateur économique après son séjour au parlement de 1997, ce fils du département des Bamboutos n’a jamais cessé de s’impliquer pour le rayement des associations de développement dans sa localité. Ce qui montre qu’il sait rester proche des siens.

Bernard Tantse Tagne : parfait bilingue

Son élection au sénat est saluée par presque tout le monde à Bafoussam. Elle est d’ailleurs perçue comme la réparation d’une injustice du fait de lourds sacrifices qu’il a consentis pour l’implantation du Sdf dans le département de la Mifi et principalement à Baleng, son village d’origine. Né à Tiko dans la région du Sud-Ouest, il s’exprime mieux en anglais qu’en français. Sa formation universitaire sanctionnée par l’obtention d’un master en agribusinness dans l’Etat de l’Illinois aux Etats-Unis d’Amérique constitue des atouts que fera valoir cet homme âgé de près de 63 ans dans la chambre haute du parlement camerounais.

Paul Tchatchouang : de la théorie à la pratique

Chef du village Bametcha dans le groupement Bandjoun et enseignant de profession, Paul Tchatchouang est presque toujours habité d’un optimisme qui bouleverse ses adversaires. Travailleur inlassable, ce sexagénaire est doctorant au département des sciences politiques de l’université de Dschang. Et ses travaux de recherche portent principalement sur le contrôle de l’action gouvernementale par le parlement.

Ce qui fait qu’après avoir été vice-président à l’Assemblée nationale de 1997 à 2002, ce fils du département du Koung-khi, aura, à travers son séjour au sénat, de quoi meubler sa vie d’universitaire. Une vocation qu’il tient à accomplir surtout qu’à la base, il a commencé comme instituteur avant son passage remarqué au lycée classique de Bafoussam comme surveillant de secteur à la fin des années 1980.

Delphine Tchetagne : jamais sans mon commerce

Seule femme présidente de circonscription électorale du Sdf dans la région de l’Ouest, Delphine Tchetagne, la cinquantaine entamée, alliera désormais à son statut de commerçante celui de première femme sénatrice élue de la région de l’Ouest. Peu bavarde, elle se veut le porte étendard de la cause des non affiliés de la République au sein de cette deuxième chambre du parlement. Son implication dans les activités organisées par le Fo’o Jean Rameau Sokoudjou de Bamendjou sont des atouts lui permettant de communiquer avec les hommes de diverses classes dans le département des Hauts-plateaux. Soulignons en passant qu’elle est très sensible à la cause des femmes. Surtout qu’elle a suivi sa formation secondaire en G1.

Etienne Sonkin : moulé dans les assurances

L’ancien maire de l’ex-commune urbaine de Dschang (1996-2007), vient de connaître une ascension à la dimension de la constance de son engagement pour la défense de l’orthodoxie socialiste. Elu trésorier général du Sdf au congrès d’octobre 2012 à Bamenda, ce professeur d’électronique hors échelle n’a point cessé d’œuvrer pour la consolidation de sa popularité dans la ville de Dschang et partant dans tout le département de la Menoua.

Surtout que de sa posture d’agent général d’une compagnie d’assurance de la place, cet homme politique de 62 ans a su rester au contact du public. Connaissant les réalités de presque toutes les régions du Cameroun étant donné que comme fonctionnaire notamment directeur de Collège d’enseignement technique (Cetic), le fils du département de la Menoua a eu à travailler dans diverses localités du triangle national, où il a servi avec dévouement. Comme il l’a d’ailleurs durant son mandat comme maire de Dschang. D’où le titre traditionnelle de « Fokwala » obtenu à la chefferie Foto.

Raoul Tchommou : un entrepreneur expérimenté

Ancien conseiller municipal à l’ex-commune urbaine de Bafang, Raoul Tchommou n’est pas à son premier mandat politique. Opérateur économique dans le domaine de l’architecture et du génie civil, le cinquantenaire, compte faire valoir son esprit de logique au sénat. A son compte, l’on souligne la dotation du Sdf dans le Haut-Nkam d’un siège digne de ce nom. Et dans le cadre de sa fonction de coordonnateur départemental du parti de la balance dans le département du Haut-Nkam, il a beaucoup œuvré pour retenir de nombreux militants dans cette formation suite à la saignée provoquée par le départ de l’ancien patron du parti de Fru Ndi dans la localité.

Nono : la chirurgie au bout des doigts

Le coordonnateur départemental du Sdf dans le département du Ndé est un homme téméraire. La soixante entamée, il vient de prendre sa retraite à l’hôpital protestant de Bangoua, près de Bangangté, où il a servi comme chirurgien pendant 40 ans. Mais il ne doit point s’ennuyer dans les prochaines années car il siégera au sénat sous les couleurs du Sdf. Reste que cette casquette pourra être mise à profit par celui-ci pour donner des structures fortes au parti du 26 mai dans le département du Ndé. Ceux qui le connaissent mettent en avance son altruisme et sa rigueur pour indiquer que son apport au sénat sera consistant. Surtout que socialiste dans l’âme, il résisté aux appels pour rejoindre les rangs du parti au pouvoir dans sa circonscription.

5. Adamaoua (par Salomon KANKILI)

Aboubakar Siroma : de la base à la haute chambre

Il aura essuyé tous les coups politiques. Mais Aboubakar Siroma a tenu bon. A vrai dire, pas un seul observateur n’avait misé sur le président du bureau exécutif du Social democratic front (Sdf) dans l’Adamaoua. On eût dit une jeune baleine, l’homme de 43 ans (né vers 1970) s’est jeté à l’eau lors de la campagne des sénatoriales, parcourant la quasi-totalité des départements de la région Château d’eau.

Votre journal qui a suivi quelques unes de ses opérations de charme le décrivait à l’époque comme un « monsieur Equity » qui n’a pas sa langue dans la poche. Le parcours de cet opérateur économique et tailleur de profession n’a pas toujours été un fleuve tranquille. En dépit des intrigues du Rdpc et de l’Undp, Aboubakar Siroma a su tracer sa voie et hisser le Sdf à la troisième marche dans l’Adamaoua. Pour séduire le collège électoral le 14 avril 2013, il a constitué une liste qui fait la part belle à toutes les sensibilités sociologiques diversités tribales. Ce père d’une famille nombreuse attache du prix au « gender équity ». Il dit avoir horreur de l’exclusion. S’il a pu remporter (sans un seul conseiller municipal) les sénatoriales haut la main face à l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), Aboubakar Siroma nous réserve sans doute beaucoup de surprises.

Maounde Paul : L’honnêteté, le dévouement…

Né vers 1961, cet opérateur économique est Dii (peuple de l’Adamaoua et du Nord). Pourtant il a choisi de vivre l’intégration nationale à Meiganga, chef-lieu du département du Mbéré. Il y passé une bonne partie de son existence au point de devenir un fils du Mbéré.  En service à l’hôpital régional de Ngaoundéré, il est infirmier de profession. Son abnégation et son dévouement au travail lui ont déjà valu plusieurs distinctions. Ce père de famille a rejoint les rangs du Sdf en 2008.

Depuis il n’a eut de cesse de travailler dur pour l’éclosion de ce parti politique dans la Région de l’Adamaoua. Lorsque son nom a été inscrit dans la liste du Sdf pour les sénatoriales, beaucoup ont vu en lui un bon sénateur en devenir. Celui qui n’a pas fait de grandes études (infirmier assistant) jouit pourtant d’une assez grande notoriété. Ses prises de positions, ses orientations et ses choix politiques font de lui un homme respecté. Au sein du sdf dans l’Adamaoua, il est décrit comme un homme « honnête ».

Maikano Abdoulahi : par dessus le fameux « vote blanc »

A travers lui, c’est tout le Mayo Banyo qui est honoré. Maikanou Abdoulahi est natif du même département que l’ex ministre Hamadjoda Adjoudji, porte-étendard du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au plan local. Cette ponte du régime aura tout essayé pour lui refuser l’accès à la haute chambre des sénateurs. Ce d’autant plus que la consigne de « vote blanc » a été respectée à Banyo. Mais le destin a penché pour Maikano Abdoulahi. Opérateur économique né vers 1953, il est né de l’amour d’un père et d’une mère Haoussa installés à Banyo il y a une soixantaine d’années. Ce vieil homme politique a été 3e vice président du Sdf, avant d’être évincé lors du congrès d’octobre 2012. Il a souhaité rebondir politiquement  à travers les premières joutes sénatoriales du Cameroun. Il est clair que le sage a vu juste. Pari réussi !

Guiebe Joël : une nouvelle page s’ouvre pour lui

La seule évocation de son nom dans l’arrondissement de Mbé rappelle la frustration et l’exclusion. En effet, Joël Guiebe fait partie des militants que l’on a délibérément choisi de bannir à la section Rdpc Vina Nord à Mbé. C’est dans ces circonstances qu’il a claqué la porte du parti de Paul Biya. Même s’il lui est reproché d’avoir quitté le navire sans crier gare,  Joël Guibe a toujours dit à qui veut l’entendre que la clé de son destin est au Sdf. Et voici que l’histoire lui donne entièrement raison.

Ce « fils » de Mbé (par intégration) y est responsable du Projet d’appui au développement intégré (Padi) depuis bientôt une dizaine d’années. Il est un fervent croyant de l’Eglise évangélique luthérienne au Cameroun (Eelc). Depuis sa candidature au sénatoriales 2013, Joël G. fait davantage la fierté de sa famille installée à Mbé. Parce qu’il y vit comme chez lui. Cet homme politique fera un bon représentant régional. Intègre et très socialiste dans l’âme, il offrira au Sdf ce que le Rdpc n’a pas su lui donner.

Ahmadou Tidjani : jeune, mais ambitieux...

La quarantaine entamée, il est incontestablement le plus jeune sénateur du Cameroun. Ahmadou Tidjani (à ne pas confondre avec l’ex gouverneur candidat déchu du Rdpc aux sénatoriales) est aussi natif de Tignère. C’est d’ailleurs le président de la circonscription électorale du Sdf pour le département du Faro et Déo. Le fait que le Rdpc soit le parti majoritaire dans ce département n’a pas constitué un obstacle.

Ahmadou Tidjani a, à l’occasion de la campagne de l’élection des sénatoriales, misé sur le porte à porte. Une astuce qui aura permis de faire basculer dans la timbale du Sdf la majorité des voix du Rdpc. Il se raconte à Tignère que ce sénateur a subi d’année en année toutes les humiliations du Rdpc. C’est le rejet de la liste du Rdpc qui a changé le cours de sa trajectoire politique. Fidèle au Sdf, il a toujours dit à ses camarades que son heure de gloire arrivera un jour.

Haoua Madeleine : toujours avec la craie

Qui a dit que les femmes de l’Adamaoua ne pouvaient pas aspirer aux fonctions sénatoriales ? Cette enseignante de profession née en 1971 a saisi sa chance. Seul le parti de Ni John a su la lui donner. Issue du peuple Dii, cette native de Tibati rappelle la conviction et la persévérance. Sa vie politique et son parcours professionnel n’ont pas connu de  fausse note  grâce à son humilité. Haoua Madeleine est aussi un exemple de vertu pour les élèves du Collège protestant de Ngaoundéré où elle officie depuis plusieurs années en qualité d’enseignante. Elle prépare actuellement une thèse de doctorat sur un sujet d’actualité.

D’après un témoignage de son camarade de parti, elle constitue la preuve que des femmes originaires de l’Adamaoua peuvent devenir sénateur sans pour autant passer par le Rdpc. Ça va faire bientôt cinq (5) ans qu’elle milite dans le Sdf. « Le premier jour même, nous avons cru en elle. Toutes les conditions étaient réunies afin que son nom figure dans la liste des sénateurs. C’est une femme de valeur », a confié un responsable local du Sdf parlant de Haoua madeleine.
 
Haman Paul : l’administrateur devenu sénateur

Né en 1965, cet homme politique est un transfuge de l’Undp. Il  a lui aussi décidé de tourner le dos au népotisme, à l’exclusion et à la calomnie. Le Sdf serait depuis plus d’une décennie le parti qui convient le mieux à ses idéaux. C’est ainsi qu’il s’y est engagé depuis les premières heures (difficiles) dudit parti. Comptable à la mission norvégienne, Haman Paul est un administrateur d’entreprise formé aux Etats-Unis. Après sa formation au pays de l’oncle Sam, il a choisi par patriotisme de revenir au pays malgré de nombreuses sollicitations. Mais la patrie ne lui a pas donné l’occasion de faire éclore tout son génie créateur.  Il n’est pas resté les bras croisés pour autant. Il s’est battu du mieux qu’il pouvait pour mettre sa famille à l’abri de la misère. Ses convictions politiques lui ont permis d’aspirer aux sénatoriales.

Haman Paul aura tout donné lors de la campagne, faisant du porte à porte notamment dans la Vina. Fier du travail abattu, il croit pouvoir faire un bon sénateur. Ses camarades ne doutent pas un seul instant qu’il fera un sénateur exemplaire. Au bureau exécutif du Sdf dans l’Adamaoua, Haman Paul suscite fascination et admiration. Il est Yamba du Mayo Banyo.

6. Littoral (par Edking / J.O.N / Blaise-Pascal DASSIE)

Armande Din Bell : après la chambre basse, la haute chambre

Récemment à Douala, le Cerac a organisé un nouveau séminaire de formation des leaders des organisations des femmes et des associations des jeunes contre le Vih/Sida. Largement majoritaire, les femmes des quatre départements de la région ont répondu à l'appel de la présidente fondatrice du Cerac, Chantal Biya, l'épouse du chef de l'Etat, représentée pour la circonstance par Armande Din Bell, chef de la délégation du Cerac.

Deuxième adjoint au délégué du gouvernement, présidente de la section Ofdrpc de Wouri 1, l’honorable Armande Din Bell est une ancienne secrétaire au bureau de l’Assemblée nationale. Pour elle « le président Biya a apporté de nombreux changements fondamentaux dans différents domaines parmi lesquels l’intégration totale de la femme dans la société camerounaise .» C’est cette fidélité au président national du Rdpc qui vient d’être récompensée par un poste de Sénateur dans la toute nouvelle chambre de représentants. Ancienne député battue à l’investiture de la dernière législature par l’honorable Dooh Collins, cette ‘passionaria’ de la famille régnante Bell doit se dire que Dieu n’oublie personne. Elle aura la rare expérience avec l’honorable Tobbo Eyoum, d’avoir appartenu aux deux chambres de représentants, ce qui n’est pas rien dans la configuration sociopolitique du Littoral.

Geneviève Tjoues : une vie de sacerdoce

Geneviève Hanglog, vous connaissez ? Elle s’appelle Tjoues, madame Tjoues, 67 ans et de l’énergie à revendre. Ce nom est sacré à Edéa.  Et déjà toute la Sanaga maritime a le regard tourné vers Yaoundé où hier lundi, 29 avril, la Cour suprême proclamait les résultats des sénatoriales du 14 avril dernier. Mais ce n’est pas ce qui intéresse les femmes bayam sellam d’Edéa dont elle est la présidente d’honneur. Un seul mot est dans la bouche des habitants de la ville industrielle: « présidente du Sénat , madame Tjoues sera présidente du Sénat. » Mais pour l’instant elle garde la tête froide. « Je prends ce que Dieu me donne sans ambition autre que de servir mon pays ».

Très tôt orpheline, elle a grandi sous l’autorité des sœurs du Saint-Esprit qui l’ont recueilli à la mission catholique d’Edéa. Au sortir de l’orphelinat elle se marie. « C’est la plus belle chose que Dieu m’a donnée. »  A 30 ans, Raphaël Tjoues lui fait reprendre ses études en France. Elle revient avec la ferme intention de rendre tout ce qu’elle a reçu. Alors commence son sacerdoce. Enseignante au lycée, elle dirige parallèlement l’école Notre Dame d’Edéa durant 28 ans. Aujourd’hui à la retraite, elle a crée en 1978 la Fondation Arc en ciel qui s’occupe de la formation professionnelle et de l’insertion sociale des filles-mères. Elle est du reste considérée a Edéa comme la mère des ‘mères célibataires’.

De l’éducation à la politique, son sacerdoce continue. Fervente chrétienne, toujours armée de son chapelet béni par tous les papes qui ont visité le Cameroun,  elle a gravi patiemment les échelons de son parti, le Rdpc. Elle est aujourd’hui présidente de l’Ofrdpc de la Sanaga maritime nord à Ngambe, membre du bureau politique et du comité central.  Madame Tjoues a été vice présidente du Congrès du parti en 2012, ancienne député  et vice-présidente du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale de 1997 à 2010. La mère de notre consœur Françoise Koki Tjoues de la Crtv est-elle destinée au perchoir ? Tout le monde en parle. Biya dispose tout de même d’une autre carte genre en la personne de …Elisabeth Tokpanou Ndjolé de l’Est, Eldorado  minier en devenir géopolitique

Roger Mbassa Ndine : l’expertise avérée

Patriote féru d`amour pour son pays, profondément attaché à ses valeurs culturelles, par ailleurs, fervent chrétien de l`Union des Eglises baptistes du Cameroun (U.e.b.c),  Roger Mbassa Ndine du canton Akwa, de Ngodi-Douala très exactement, était hors du Cameroun au moment  du lancement de la campagne Rdpc pour les sénatoriales. Pourtant, dans les rédactions, on voulait en avoir le cœur net.

Lorsque son nom est apparu sur les tablettes de la liste Rdpc des candidats à la candidature, certains en effet ont cru qu’il s’agissait de son frère cadet Mbassa lamine, conseiller municipal à Douala Premier. Il n’en est rien. Peu connu de la presse, cet ancien secrétaire général du ministère de l’Economie et personne ressource du Rdpc, il a pourtant été président du Conseil d’administration de la Société nationale d'électricité Aes Sonel. Il maîtrise par ailleurs la langue allemande, pour avoir fait ses études à l’Université Mannheim.

Roger Mbassa Ndine spécialisé dans le Conseil en gestion d’entreprises, Négociations internationales, Privatisation et restructuration d'entreprise est un Expert en programmation économique et financière. Il a occupé à cet effet, plusieurs postes de responsabilités dans divers ministères au Cameroun, mais aussi à l’étranger où il passe la majeure partie de son temps. Maintenant que le pays l’appelle pour une mission de la plus haute importance au sein du premier Senat camerounais, il va devoir s’organiser autrement pour apporter son expertise à la chambre haute.

Thomas Tobbo-Eyoum : De la «touche» à la haute chambre

Ancien député à l’Assemblée nationale, l’accession au Sénat de Thomas Tobbo-Eyoum pourrait être appréciée comme une promotion.  A 69 ans, le natif de la principauté de Bonatonè Déido connaît pratiquement tous les étages de responsabilité de la maison Rdpc. Membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) depuis 1996, le chef de délégation du Comité central du Rdpc, chargé de la coordination et du suivi des activités de cette formation politique dans le département du Wouri, Thomas Tobbo Eyoum est depuis 1997 est resté sans interruption personne ressource du parti de Paul Biya dans la région.

Considéré comme un joueur gardé à la touche, Thomas Tobbo-Eyoum semble avoir toujours été dans les plans de son chef de file. C’est à lui que revient la coordination de la campagne présidentielle d’octobre 2011 tant dans la région du Littoral, où il est le vice-président, que dans le département du Wouri, à Douala. Une position qu’il assume également dans le cadre de la refonte des listes électorales en qualité de président de la commission régionale d’encadrement et d’appui. 

Simon Kinguè : la récompense du fidèle

Sa désignation à la liste des candidats du Rassemblement démocratique du peuple camerounais semble faire le consensus chez les populations et militants du département du Nkam. Militant de la première heure, Simon Kinguè est membre du comité central du Rdpc depuis le congrès fondateur de ce parti en 1985. Le natif de Nkondjock est membre d’honneur du Comité central du parti de Paul Biya depuis le dernier congrès de 2012. Maire de la Commune d’arrondissement de Nkondjock, l’effacement de Simon Kinguè contraste quelque peu avec son aptitude à  mobiliser les foules.  Pour la petite histoire, les partisans de «Papa promesses» indiquent qu’ «il dit qu’il est désormais Papa réalisations».

Des réalisations qu’il entend implémenter au sein du Sénat. A la retraite depuis bientôt trois ans, cet ancien cadre de multinationales s’est consacré à la consultation. Diplômé en commerce de l’Ecole supérieure de commerce de Lyon, Simon Kinguè bénéficie d’un entregent certains dans le sérail où il compte de nombreux amis. Des amis qui, à en croire certains de ses détracteurs, auraient pesé de leur influence pour sa désignation dans la liste des Sénateurs du Rdpc pour la région du Littoral. Septuagénaire, Simon Kinguè est à son troisième mandat de maire de la commune de Nkondjock. Un poste longtemps occupé par son père à qui il succède.

Jean Jules Ebonguè Ngoh : la craie comme raison de vivre

Il n’y a qu’un seul pas. Le délégué régional des Enseignements secondaires pour le Littoral, Jean Jules Ebonguè Ngoh fait désormais partie des 70 premiers sénateurs élus du Cameroun. En attendant que le chef de l’Etat nomme, au bout de 10 jours, les 30 autres futurs sénateurs restants. Investi comme ses camarades pour l’élection sénatoriale du 14 avril dernier, il siègera désormais dans cette chambre haute. Fils du Moungo plus précisément de Nlonako, Jean Jules Ebonguè Ngoh est un enseignant de formation.

Président fondateur du Regroupement des enfants du Moungo (Regemo), il aura le privilège de parler au nom du Cameroun et singulièrement du Moungo qu’il affectionne d’ailleurs tant. Timoré, ses proches collaborateurs disent de lui qu’il sait prendre les bonnes décisions lorsqu’il le faut. « Il n’a pas coutume de blaguer. Le travail constitue sa première préoccupation. Maintenant qu’il est au Sénat, il prendra à bras le corps les préoccupations de tous », confie l’un de ses proches.

Claude Kemayou : l’ingénieur du Sénat

Si tant est vrai que le choix porté sur sa modeste personne a suscité bien de curiosités de la part de certains de ses camarades du parti qui ne le voyaient pas venir, il n’en demeure pas moins que Claude Kemayou, originaire de l’Ouest n’est pas un bleu en politique. Ingénieur de formation, l’ex directeur général adjoint de la société nationale des eaux du Cameroun (Snec), est sur le terrain politique depuis 2007. Lors des primaires pour la présidence de la section Rdpc de Douala 2 de cette même année, il avait été battu à plate couture engrangeant seulement 15 voix sur les 600 possibles que constituait le corps électoral. Depuis cette déculottée, il avait donné l’impression de prendre du recul pour mieux sauter. Toutefois, il était présent aux manifestations et autres festivités organisées dans le cadre du parti et se montrait très discret. « C’est quelqu’un de très effacé. Il aime poser des actes. La flagornerie n’est pas son fort. C’est un homme très enthousiaste et ambitieux », affirme un camarade du parti du flambeau.

7. Sud-ouest (par A.T )

Elvis Ngolle Ngolle : de la Faune au Sénat

Le professeur d'Université sera l’un des porte-parole de la région du Sud-ouest au premier Sénat du Cameroun. Né le 14 avril 1953 à kack dans la région Sud-ouest, Elvis Ngolle Ngolle traîne derrière lui, une riche carrière  politique et d'enseignant. Entre 1983 et 1985, il prête son expertise à l'Université de Denver aux Etats-Unis comme enseignant en sciences politiques, puis à l'Institut des Relations internationales du Cameroun (Iric).

Le professeur fait ses premiers pas en politique en 1990 en intégrant le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais où il sert de personnalité ressource. Il est d'ailleurs un des acteurs de la Tripartite de 90. Le 7 décembre 1997, il entre au gouvernement comme ministre chargé des Missions à la présidence de la République. Après la présidentielle de 2004 où le candidat du Rdpc est réélu, Elvis Ngolle Ngolle est promu au poste de ministre des Forêts et de la faune le 22 septembre 2006. L’année dernière, l’ex ministre est soupçonné de corruption et de complicité d'exploitation frauduleuse du bois. La tempête est passée et il se propose désormais de faire ses classes à la chambre haute du pays.

8. Sud (par Jacques Pierre SEH)

Delphine Medjo , en tête de liste

Initiée à l’école de l’endurance politique - ce qui lui vaut les lauriers - Delphine Medjo est un produit de l’école normale des instituteurs de Nkongsamba, avec à son actif plusieurs stages de formation à l’étranger. Elle entre en politique en 1962 à Douala dans l’Union camerounaise comme simple militante. Ce qui lui permet de faire la connaissance de Charles Assale alors premier ministre du Cameroun Fédéral, au moment où elle était enseignante à l’école publique de New-Bell Bassa à Douala. Elle reçue la proposition du premier ministre de travailler à Ebolowa où il y avait également un grand besoin d’enseignants qualifiés.

Par concours de circonstance, son père décide également de rentrer à Ebolowa. Delphine Medjo saisit la balle au bond et rentre à Ebolowa. Qualifiée dans son domaine, elle est affectée à l’école publique d’Adoum. Tout étanten sa faveur, Germaine Ahidjo arrive à Ebolowa pour l’inauguration de l’hôpital d’Ekombitié, le premier ministre Charles Assale lui propose alors de rester aux côtés de la première dame de l’époque pendant tout son séjour d’Ebolowa. Compagnie qu’elle a bien tenue. Elle entre alors en politique à l’Ofunc (l’organisation des femmes d’union nationale camerounaise). Pendant ce temps, elle partira de l’école publique d’Adoum pour l’école urbaine. Elle est conseillère dans la commune d’Ebolowa en 1969.

Son appétit grandi en politique, elle est élue présidente départementale de l’Ofunc du Ntem qui regroupait l’actuel département de la Mvila et celui de la Vallée du Ntem. Conseillère municipale depuis près de 40 ans, elle participe à toutes les actions de la marche de son parti le Rdpc. Delphine Medjo entre au comité central et au bureau politique du Rdpc en 1998, au moment ou la Nationale, le parti d’Abel Eyenga avait le vent en poupe dans le département, elle tient bon. Frustrée peut être parce qu’elle s’attendait à être nommée déléguée du gouvernement dans la communauté à régime spécial, C’est bien Abolo  Abolo qui est choisi. Quelques temps après, elle est nommée coordonnatrice régionale des opérations d’intensification des inscriptions sur les listes biométriques dans le Sud. Opération qu’elle mène avec maestria, ce qui augmente sa cote de confiance dans son parti. Inspectrice de l’enseignement primaire et maternel, puis provinciale dans le Sud, Delphine Medjo née en mars 1941 à Douala, est mère de 07 enfants donc 02 filles et 05 garçons.

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