05/01/2010 16:13:54
Le MINCOM en mission commandée aux Etats-Unis
La tournée de Issa Tchiroma prend carrément les allures d’une mission commandée. Celle par exemple de polir l’image passablement écornée du pays et de son président.
Le Messager
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Selon une source diplomatique à l’ambassade du Cameroun à Washington, aux Etats-Unis, le ministre de la Communication est attendu dans ce pays au mois d’avril prochain. La visite de Issa Tchiroma Bakary s’inscrit dans le cadre d’une large campagne de communication gouvernementale en direction, plus globalement, de l’Occident. Au ministère de la Communication, la source la plus autorisée confirme cette campagne de communication en Occident. « Certes, il y a une tournée prévue, mais elle ne concerne pas uniquement les Etats-Unis. Il s’agit d’une tournée plus globale qui va me conduire en Europe, notamment en Belgique, au Royaume Uni, en France, etc. », répond Issa Tchiroma Bakary.

Officiellement, il s’agit simplement « d’une tournée pour rencontrer nos compatriotes de la diaspora. Vous savez, comme le chef de l’Etat l’a rappelé lors de sa visite d’Etat en France en juillet dernier, la diaspora doit activement participer à la construction nationale. Cette tournée s’inscrit dans ce cadre. Il s’agit en fait d’une campagne de sensibilisation mais aussi de débat autour de cette question centrale pour l’avenir de notre pays », explique le ministre Tchiroma à la question de connaître les ressorts qui fondent cette tournée.

Scandales d’Etat

Mais ces explications ne parviennent pas à dissiper complètement l’impression diffuse que cette tournée cache d’autres objectifs. A l’orée d’une année 2010 présentée comme décisive, notamment pour la prochaine élection présidentielle à laquelle Paul Biya a clairement indiqué son intention de se présenter lors de son message à la nation le 31 décembre dernier, la tournée de Issa Tchiroma prend carrément les allures d’une mission commandée. Celle par exemple de polir l’image passablement écornée du pays et de son président récemment épinglé par quelques scandales d’Etat qui n’ont pas fait que du bien à sa réputation de dictateur (les services officiels des Etats-Unis classent Paul Biya parmi le top 20 des dictateurs sévissant dans le monde, ndlr).

Aux Etats-Unis, Issa Tchiroma aura du pain sur la planche tant les scandales d’Etat ne manquent pas ici. Il y a environ un an, un jeune Camerounais en possession de défenses d’éléphants était tombé dans les filets de la police américaine alors qu’il débarquait à l’aéroport Kennedy. Sans hésitation, le trafiquant avait révélé avoir bénéficié de l’aide de personnes figurant au sein du gouvernement camerounais. Et les Américains attendent toujours de Paul Biya de livrer ceux de ses hommes appartenant à cette chaîne de trafiquants d’ivoire. Il y a quelques semaines dans le New Jersey,  le fils d’un diplomate camerounais se déguisa en femme et organisa la casse d’une banque! Son coup fut rapidement et efficacement démonté par la police. Le comble de ces scandales d’Etat vient sans doute de l’actuel ambassadeur en poste à Washington. Le rapport de la police le reconnaît coupable de s’être livré à une bagarre de rue le 19 novembre dernier, bagarre qui avait fait deux blessés transportés par ambulance à l’hôpital.

Retour du bâton...

Ce sont autant de faits négatifs pour le régime que Issa Tchiroma Bakary va tenter de défendre. La tentation facile serait sans doute de faire de la diaspora camerounaise des boucs émissaires qu’il tentera de jeter en pâture aux autorités américaines. Il pourrait aussi se saisir des épopées de quelques compatriotes enclins au brigandage pour prétendre présenter au grand jour les responsables de la réputation écornée du pays de Roger Milla en Occident. L’ancien ambassadeur en poste à Washington, Gérôme Mendouga excellait déjà dans ce jeu lâche qui consiste à livrer ses compatriotes aux autorités américaines. Relevé de ses fonctions et se sentant sous la loupe de l’opération épervier, l’ancien bourreau ne s’était pas moins empressé de remplir lui aussi une demande d’asile politique et de la déposer aux services de l’immigration américaine. Echec pour lui. Mais il laissait entre les mains  des Américains des preuves de la réelle face du régime de Paul Biya. Gare donc au retour du bâton…

Frederic Boungou

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