05/01/2010 16:36:18
L'Etat veut reprendre le contrôle de Camrail
Le gouvernement du Cameroun vient de prescrire des mesures pour avoir désormais l’œil sur la gestion de l’ancienne Régie nationale des chemins de fer du Cameroun devenue Camrail.
La Nouvelle Expression
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La Nouvelle Expression vient d’apprendre des sources dignes de foi que le secrétaire général des services du Premier ministre, Jules Doret Ndongo, a signé le 9 décembre 2009 une note dans laquelle le gouvernement camerounais donne à Camrail, la société du groupe Bolloré à qui il a concédé la gestion de l’ancienne Régie nationale des chemin de fers du Cameroun (Regifercam) depuis un dizaine d’années, des indications précises portant sur trois volets de cette concession.

Premièrement, le gouvernement Camerounais lui demande, dans les 30 jours suivant la signature de cette note, de produire un cahier de charges de la gestion de la carrière d’Ebeka (sur la voie du Nord) que le ministre des Domaines et des affaires foncières vient de lui concéder. Et dont les termes, selon des sources, comportent bien d’irrégularités. Dans ce délai, Camrail doit lancer un appel d’offre public aux fins de sélectionner l’entreprise chargée
d’exploiter cette carrière dont la mission est de lui fournir les ballasts (pierres concassées destinées à l’entretien des voies ferrées).

Deuxièmement, soumettre dans les mêmes délais le rapport d’exécution de la dernière convention relative au transport des voyageurs qui lie Camrail au gouvernement du Cameroun. Troisièmement, de soumettre au Premier ministre le projet de création de la société de patrimoine dans le secteur ferroviaire au Cameroun.

Cette correspondance du secrétaire général des services du Premier ministre vient partiellement comme en réaction à un arrêté de Jean Baptiste Belehoken, ministre des Domaines et des affaires foncières, pris le 16 novembre 2009. Et qui attribue « en concession provisoire pour une durée de cinq (5) ans à la société Camrail représentée par Monsieur Lo Nohine(...), une dépendance du domaine national d’une superficie de 9ha 75a 52ca sise au lieu dit Ebeka, arrondissement de Belabo, département de Lom et Djerem ». L’arrêté indique que le site « est destiné à la production du ballast à partir du rocher, des traverses béton et à la construction des bureaux pour le personnel pour un coût minimum de cinq milliards huit cent millions (5 800 000 000)francs cfa ».

Un gâchis pour le trésor public camerounais

Les services techniques compétents du premier ministère se sont rapidement rendus compte que la concession que le ministre des domaines et des affaires foncières vient de faire à Camrail pose problème. Parce qu’on n’est pas loin d’une tromperie sur la marchandise. L’arrêté du ministre des domaines et des affaires foncières parle bien de « la production du ballast à partir du rocher ».

Or, il est question ici de l’exploitation d’une carrière considérée comme un gisement minier et donc du ressort du patrimoine public. La concession d’une telle activité ne relève plus de la compétence du ministère des Domaines et des affaire s foncières, mais du ministère des mines. Et les conditions de concession ici obéissent à une réglementation particulière.

Selon des informations confidentielles, le gouvernement camerounais entend désormais exercer son plein contrôle sur la gestion du patrimoine de l’ancienne Régie nationale des chemins de fer du Cameroun don la concession avait été faite au groupe Bolloré à travers sa filiale Camrail en avril 1999. Une concession, il faut le relever, qui est resté au centre d’une vive et permanente polémique.

Car la sécurité et l’amélioration des services au public que l’Etat du Cameroun avait brandies pour justifier la braderie de cette entreprise publique, se sont avérées être la poudre aux yeux. Par exemple, les conditions de transport des voyageurs par train sont des plus affligeantes. Les voyageurs qui s’engagent sur la ligne du nord (Trans-camerounais Yaoundé-Ngaoundéré sur près de 700km), frémissent, par réflexe, chaque fois à l’idée de prendre le train. Parce que c’est toujours un parcours de combattant dont l’arrivée est toujours confié au sort.

De plus, la sécurité n’est pas le moindre des soucis dans un train dont les déraillements à répétition, à force de hanter les esprits, sont rentrés dans les coutumes. On se rappelle la catastrophe du 14 février 1998 à Nsam à Yaoundé qui a fait des centaines de morts et des dégâts matériels importants, les déraillements survenus il y a deux mois toujours à Yaoundé, avec ses morts et ses dégâts. Finalement, cette concession s’est avérée être un véritable gâchis pour le trésor et le public camerounais.

Le Premier ministre, Philémon Yang, semble avoir pris ce dossier à bras le corps. Les sources de La Nouvelle Expression indiquent qu’il agit conformément à la nouvelle option de la présidence de la République. L’année 2010, si l’on s’en tient au ton du discours de fin d’année du président Paul Biya, peut ouvrir une nouvelle ère dans la gestion de la concession de la défunte Régie nationale de chemin de fer à Camrail.

David Nouwou

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