14/01/2010 15:40:13
Jean Bosco Talla enfin libéré des ge˘les de Kondengui
Jean Bosco Talla BT affiche sa détermination à poursuivre le combat « malgré mille emprisonnements ». Sur le plan physique, son mois –du 10 décembre 2009 au 13 janvier 2010- de détention ne semble pas non plus l’avoir faibli. L’homme est serein.
Le Messager
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C’est dans les locaux de la Centrale syndicale du secteur public du Cameroun (CSP) que l’ex-pensionnaire de Kondengui a d’abord déposé ses « valises ». En réalité, un sac « bacco » habituellement utilisé par les ménagères pour le marché est posé dans un coin. Avant de rallier son domicile au quartier Mendong à Yaoundé où il constate qu’un cambriolage a été perpétré. La première observation lui permet de constater la disparition d’un laptop (ordinateur portable) ; deux disques durs (interne et externe) ; une caméra et son appareil photo. Condamné le 28 décembre 2009 (cf. Le Messager n° 3009 du lundi 4 janvier 2010) à un an de prison avec sursis pendant trois ans, une amende de trois millions de Fcfa et des dépens évalués à 154.600 Fcfa, Jean Bosco Talla, directeur de la publication de Germinal a été libéré hier mercredi 13 janvier 2010. Après le paiement la veille de l’amende selon son avocat Me Nouga, joint par Le Messager hier. Sur la table de la salle des conférences de la CSP, des journaux qu’il lisait pendant son incarcération. Il répond aux questions de ses confrères. JBT affiche sa détermination à poursuivre le combat « malgré mille emprisonnements ». Sur le plan physique, son mois –du 10 décembre 2009 au 13 janvier 2010- de détention ne semble pas non plus l’avoir faibli. L’homme est serein.

Le procès des biens mal acquis déguisés...

En dépit de ce séjour à la prison centrale de Yaoundé, le journaliste et par ailleurs enseignant de français ne garde point sa langue dans sa poche. Il accuse les autorités publiques d’avoir failli à la tâche de protection des consommateurs dont elles ont la charge. Mais surtout, pour lui, Jean Bosco Talla est « puni » pour autre chose que ce qu’on lui reproche dans ce procès. Notamment, sa participation dans la révélation des biens mal acquis du chef de l’Etat camerounais. Le gouvernement sous l’impulsion de Inoni Ephraim, raconte-t-il, « avait demandé qu’on m’arrête et avait constitué un dossier qu’ils ont transmis à la Chancellerie. Mais les magistrats après étude ont conclu à l’inopportunité de la poursuite. Le dossier a été classé. Par la suite, quand on publie ce dossier, ils sautent sur l’occasion pour faire croire que j’ai violé une déontologie ou que j’ai outragé le chef de l’Etat, que le journal a outragé le chef de l’Etat. Malheureusement, ils ne condamnaient pas le journal mais la personne de Jean Bosco Talla ». Le journaliste se fonde sur les propos rapportés par sa sœur en visite au SED où il est retenu. « Quand on m’arrête, ma grande sœur part du village pour venir me rencontrer. Elle demande pourquoi est-ce que on ne me laisse pas comparaître libre. Les gendarmes lui disent que si on ne me met pas en sécurité, les Français vont venir m’extraire. Quel est le rapport entre mon extraction par les Français et le procès dans lequel on m’accuse ? Et même certains magistrats que nous avons rencontrés ont dit qu’ils ne pouvaient pas faire autrement parce qu’ ils allaient être accusés d’être de connivence avec nous. Parce qu’ils avaient déjà rejeté la première demande de l’Exécutif ».

JBT peut à nouveau respirer l’air frais de la liberté grâce à l’extraordinaire élan de solidarité (nationale et internationale) de confrères et de personnes de bonne volonté qui se sont spontanément mobilisées pour rassembler les trois (03) millions Fcfa que lui réclamait la Justice.

Nadege Christelle Bowa

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