10/06/2009 15:22:48
Le Cameroun perd 71 milliards Fcfa en trois mois
Selon le ministère des Finances, cette contre-performance s’explique par la mauvaise conjoncture économique mondiale, caractérisée par la crise économique et la crise financière internationales.
Le Messager
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Comme on pouvait s’y attendre, la crise financière venue des Etats-Unis qui s’est par la suite transformée en crise économique exerce déjà ses premiers effets pervers sur les finances publiques au Cameroun. On l’apprend d’une note de synthèse de l’exécution budgétaire à la fin du premier trimestre 2009 que le ministère des Finances publie depuis quelques jours dans les journaux locaux. Dans le chapitre concernant les recettes de l’Etat, la note révèle que les recettes budgétaires totales hors financements extérieurs recouvrés au premier trimestre 2009 s’élèvent à 431 milliards Fcfa. Elles diminuent ainsi de 71,3 milliards Fcfa (-14,2%) par rapport à la même période de l’exercice écoulée ou elles étaient de 503 milliards Fcfa. “ Cette baisse ressort au niveau des recettes pétrolières qui décroissent de 87,8 milliards Fcfa (-67%) ”, précise le rapport qui se félicite tout de même de l’augmentation des recettes non pétrolières de 4,4% soit 16,5 milliards Fcfa.
Selon cette note de synthèse, cette contre-performance s’explique par la conjoncture économique mondiale, caractérisée par la crise économique et la crise financière internationale. “ Les conséquences de cette crise sur l’économie camerounaise sont : la baisse des cours du pétrole, la baisse des exportations hors pétrole à la fois en quantité et en valeur, l’accumulation des stocks de certains produits à l’instar du caoutchouc... ”.

Recettes pétrolières

C’est la poche concernant les recettes pétrolières du Cameroun au premier trimestre 2009 qui présente l’ampleur du sinistre. Du fait de la dégringolade des cours du pétrole, les revenus pétroliers ont drastiquement chuté de 87,8 milliards Fcfa (-67%) passant de 131 milliards Fcfa à fin mars 2008 à 43,2 milliards à fin mars 2009. Par rapport aux prévisions à fin mars 2009 qui sont de 105 milliards Fcfa, elles sont en retrait de 61,8 milliards soit un taux de réalisation de 41%. La baisse de la manne pétrolière observée au premier trimestre 2009 conforte la thèse de ceux qui soutiennent que le gouvernement aura du mal a réaliser ses prévisions budgétaires de l’année en cours.
Car même si on note une certaine accalmie au niveau du cours du baril (il côtoie actuellement les 60 dollars), reste que l’on est encore bien loin des 68 dollars le baril, hypothèse de vente retenue dans la loi des finances 2009. Et certains experts jurent que malgré le frémissement de l’économie mondial observé, le baril ne franchira pas en 2009 la barre de 65 dollars. … Un véritable casse tête donc pour le gouvernement, qui doit avoir de véritables soucis face à la rareté des ressources financières. Car faut-il le relever, alors que les recettes baissent, les dépenses quant à eux connaissent une tendance haussière.

Loi corrective

La note de conjoncture du Minfi note par exemple que par rapport à mars 2008, les dépenses courantes ont augmenté de 14,1 milliards Fcfa (+5,5%). Les dépenses de personnel ont aussi augmenté de 18,8 milliards Fcfa. Dans ce cas, le gouvernement doit soit réajuster son budget, soit puiser ailleurs pour le financer. L’hypothèse d’un correctif budgétaire - pour adapter les recettes pétrolières et non pétrolières à la conjoncture économique- tel qu’envisagé et soutenu par de nombreux cadres du ministère des Finances est progressivement abandonné.
Plus d’une semaine après le début de la session de juin, la représentation nationale n’est pas encore saisie de ce projet de loi. Peut être que le gouvernement a finalement choisi de puiser dans les bénéfices engrangés par la Société nationale des hydrocarbures (Snh) pendant la période des vaches grasses pour financer le budget 2009. On attend de voir. 

Léopold CHENDJOU

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