19/01/2010 05:02:03
Une foule d'Ha´tiens en colère Ó Montréal
MONTRÉAL — Des Haïtiens agités et en colère se sont regroupés devant un cabinet d'avocats du centre-ville de Montréal, lundi, et ont exprimé leur angoisse face au sort de leurs proches qui demeurent sur l'île des Antilles.
CyberPress
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Des centaines de personnes se bousculaient, criaient et pleuraient pour obtenir l'aide des avocats.

Des dizaines de policiers ont été dépêchés sur place pour tenter de calmer la foule. Parmi eux figurait un agent d'origine haïtienne qui peinait à retenir ses larmes.

Plus tôt au cours de la journée, les responsables de ce cabinet avaient offert aux Haïtiens demeurant au Canada de déposer des documents pour faire venir leurs proches au pays. Ils avaient aussi fait diffuser des annonces sur les ondes d'une station de radio haïtienne de la métropole pour offrir leurs services.

Le cabinet a toutefois été submergé par la réaction.

Une longue file d'attente s'est ainsi formée devant l'édifice, qui est situé près du Centre Bell. Certaines personnes ont fait la queue durant sept heures dans le froid.

La colère a atteint son point culminant vers 14 h, quand, après avoir traité des demandes durant quelques heures, les responsables du cabinet ont demandé aux gens qui patientaient à l'extérieur de revenir le lendemain, déclenchant immédiatement leur mécontentement.

La détresse était palpable dans les cris et les pleurs des personnes qui faisaient la file.

"C'est un manque de respect", a lancé un homme qui a dit avoir attendu en ligne durant des heures.

Soimène Vernet se tenait tout près de la porte lorsqu'un avocat lui a indiqué que le cabinet ne rencontrerait plus personne.

Elle a raconté à un journaliste que sa ville de naissance avait été détruite à 80 pour cent et que plusieurs personnes étaient mortes.

"Ma grand-mère, mon grand-père, ma tante, je ne sais pas s'il y a quelqu'un toujours en vie", a dit Mme Vernet, les larmes aux yeux.

"Ma petite soeur a une jambe cassée, et je veux qu'elle vienne au Canada pour qu'elle soit soignée. Une autre de mes soeurs est morte hier (dimanche) soir, mais la plus jeune est tout seule et n'arrive pas à se tourner."

Pour sa part, Natasha Yacinthe était arrivée à 08h00 lundi matin.

"Ils (les avocats du cabinet) nous aident, ils nous doivent rien, mais, en même temps, si on me dit: 'on est ouverts de 09h00 à 18h00', je m'attends à ce jusqu'à 18h00, on puisse encore être en file", a-t-elle fait valoir.

Les parents de Mme Yacinthe, ses cinq frères et sa soeur sont toujours en Haïti. Elle a raconté qu'elle espérait pouvoir faire venir au Canada les deux membres de sa famille se trouvant sans la situation la plus grave.

Elle a tout de même accepté la déception sans se laisser abattre.

"Je reviendrai demain", a-t-elle lancé.

Environ 100 000 Haïtiens vivent au Canada, la plupart dans la région de Montréal.

Certains d'entre eux ont exprimé leur mécontentement quant au fait qu'ils ne peuvent obtenir des réponses précises sur la façon de faire venir au Canada les membres de leur famille et des proches blessés dans le violent séisme qui a secoué Haïti la semaine dernière.

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