10/06/2009 15:51:35
Enseignement supérieur : les dénonciations de l'Addec
L’Association pour la défense des droits des étudiants camerounais (Addec) vient de publier un rapport sur le respect des Droits de l’Homme et des Libertés dans les campus universitaires de la République du Cameroun depuis 2004.
Le Messager
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Pour l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec), les droits de l’Homme ne sont pas respectés dans les Universités d’Etat. Il s’agit même d’un fait qui ne date pas d’aujourd’hui. “ Depuis la création de l’Université camerounaise, aux lendemains de l’indépendance, les régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat ont toujours affiché leur volonté de caporaliser cette institution et d’en faire un instrument politique au service de leur seule reproduction. Cette volonté de caporalisation s’est manifestée au triple plan des structures, du contenu des enseignements et des hommes appelés à présider aux destinées de l’Université ”, affirme le mouvement estudiantin dans un rapport sur l’état des lieux des Droits de l’Homme et des Libertés dans les campus universitaires de la République du Cameroun, de 2004 à 2009.


Le document rendu public le 3 juin 2009, a été produit à l’occasion du 5e anniversaire de la création de cette association, (31 mars 2004) “ couplée à la commémoration de l’assassinat de plusieurs de nos bien-aimés camarades étudiants, abattus dans les campus par les forces de l’ordre ”. Comme indique l’intitulé “ rapport ”, le document est une narration de faits (témoignages et photos) pour attester de la véracité des informations communiquées. Bien que le rédacteur s’excuse pour cette présentation “ nécessairement sommaire et indicative ” qui “ ne saurait prétendre à l’exhaustivité en raison du climat hostile marqué par la confiscation des images et d’autres documents pouvant permettre d’attester de l’ampleur des exactions, de la répression ; en raison aussi du refus de certaines victimes de se confier ou de collaborer, par peur des représailles ”. La modicité des moyens logistiques et financiers dont dispose l’association pour mener efficacement un tel travail constitue aussi un handicap sérieux.

Recommandations
L’Addec ne se contente pas de rappeler les faits parfois déjà connus. Tout un pan du rapport est consacré aux recommandations aux différents corps sociopolitiques et institutionnels. Ainsi, aux autorités universitaires, le mouvement conseille d’abandonner le réflexe de violence systématique et de musellement des protestataires qui pousse à faire instinctivement appel aux forces de l’ordre en cas de désaccord avec la communauté estudiantine ; promouvoir la culture démocratique au sein du microcosme universitaire et privilégier le dialogue avec la communauté estudiantine ; et consacrer la liberté d’expression, d’opinion et d’association dans les campus, de même que les libertés académiques.


Le gouvernement de la République à qui revient le plus grand nombre de recommandations (15) est pour sa part invité entre autres à promouvoir l’émergence d’un syndicat national et autonome d’étudiants ; rendre publiques les conclusions des commissions d’enquête sur les différents assassinats d’étudiants à l’Université de Buéa ; établir la responsabilité des uns et des autres et sanctionner les coupables de ces actes criminels ainsi que les autorités ordonnatrices ; consacrer une journée ou une semaine entière à la commémoration de ces tristes événements ; instituer l’observance d’une minute de silence le jour de la clôture des Jeux-Universitaires en mémoire des disparus. Il devrait aussi s’engager de toute urgence à promouvoir une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l’impunité dont jouissent actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité, etc.


Dans ce concert, la communauté internationale devra œuvrer en collaboration étroite avec le gouvernement camerounais pour garantir l’application pleine, entière et sans délai des recommandations formulées. Faire en sorte que les ambassades étrangères au Cameroun fournissent un effort concerté pour soutenir de manière effective le respect des libertés fondamentales en milieu universitaire ; et assurer une formation adéquate aux organisations estudiantines de défense des droits de l’homme et appuyer matériellement et institutionnellement les efforts de mise sur pied d’un réseau de défense des Droits de l’homme dans les campus.
Tandis que spécifiquement, l’Union européenne, le Commonwealth, l’Union africaine devront user de leur influence pour permettre que le silence ne soit plus entretenu sur les violations des droits de l’homme dans les campus, en faisant pression sur le gouvernement camerounais. Les étudiants quant à eux ont la mission de veiller à ce que tous les abus soient enregistrés par l’Addec ou toute autre organisation de défense des droits humains, estudiantine ou non.

Nadège Christelle BOWA

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