25/01/2010 15:53:24
Essimi Menye lance le « Mboma » aux trousses du personnel
Jusqu’ici, on connaissait l’opération Epervier. Celle qui « traque » les gestionnaires publics qui se sont ou s’amusent avec la fortune publique et dont certains croupissent actuellement dans les geôles infectées de la République.
Le Messager
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Polycarpe Abah Abah, Zacchaeus Forjindam, Nguini Effa et autres Ondo Ndong, Joseph Edou... pris dans le cadre de cette opération en savent quelque chose. Une autre opération avec les mêmes objectifs (assainir la gestion de fonds publics) serait en gestation. Sa particularité est qu’elle serait circonscrite à un ministère : les Finances. De sources dignes de foi, c’est en principe ce jour lundi 25 janvier 2010 que démarre « l’opération Mboma » au ministère des Finances. Pour happer tous ceux qui ont avalé les fonds publics. Du nom de ce serpent célèbre sous nos cieux, notamment pour sa capacité incroyable à avaler ses proies, cette opération viserait à mettre au gnouf tous les fonctionnaires qui se seraient illustrés par des détournements de deniers publics.

L’annonce, révèle notre source, avait été faite officieusement la semaine dernière par le ministre des Finances Essini Menye. Depuis la fin de la semaine dernière au ministère des Finances, c’est le branle-bas général. Personne ne sachant véritablement à quelle sauce, le « Mboma » va l’avaler. Cette décision du ministre des Finances d’assainir le très stratégique et sensible département dont il a la charge ferait suite à des rapports révélant d’innombrables cas de détournements de derniers publics et de corruption dans ce département ministériel au terme du contrôle général des caisses publiques effectué en décembre dernier sur toute l’étendue du territoire national.

Pour l’instant, rien n’a filtré sur les probables victimes. Mais toujours est-il qu’il y règne, depuis quelques jours, une ambiance délétère, une psychose inhabituelle. Et on craint d’ailleurs que certains fonctionnaires ne profitent du week-end pour prendre la poudre d’escampette.

« La démocratie, c’est aussi la préservation de la fortune publique », a dit le président de la République dans son discours de fin d’année. En matérialisant sous la pression de la communauté internationale la lutte contre les détournements des fonds publics à travers les arrestations, Paul Biya rompait ainsi d’avec cette vieille habitude qui avait consisté jusque-là pour lui à dire « où sont les preuves ? ». Somnambulique, le chef de l’Etat semblait par ce fait s’être enfin convaincu de ce que les détourneurs, se recrutant tous ou presque au sein de sa chapelle politique, avaient fait main basse sur la fortune publique. Au jour d’aujourd’hui, le ver est dans le fruit. Il n’est pas un seul ministère où les scandales financiers ne constituent l’actualité.

En décidant donc de mener une chasse sans merci « contre les voleurs de la République » au sein du ministère des Finances dès ce jour, Essini Menye serait-il entrain de suivre la voie tracée par son chef ?
Quoi qu’il en soit, le timing ne serait pas dû au hasard. Mais que peut bien cacher cette « opération Mboma » ? S’étendra t-elle sur l’ensemble des départements ministériels que compte le Cameroun ?

Autant de préoccupations que soulève cette nouvelle traque. Des questionnements somme toutes légitimes auxquelles l’avenir apportera sans doute des réponses. Mais toujours est-il que des inquiétudes quant à son aboutissement, l’impartialité et l’efficacité de cette chasse subsistent tout de même.

Blaise-Pascal Dassié

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