26/01/2010 03:33:50
Guinée : un jour nouveau se lève
C’est en principe aujourd’hui mardi que Jean-Marie Doré, premier ministre de transition, doit remplacer Kabinet Komara. Mais, pour l’heure, les tractations se poursuivent pour la formation d’un gouvernement sur lequel, pour une fois, opposition et société civile auront la mainmise. Une chose inédite dans les annales de la Guinée.
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En effet, depuis le retentissant « non » de Sékou Touré à la France du général de Gaule, le pays semblait condamné à subir les affres d’une histoire tourmentée. Durant les 25 premières années de son indépendance, la Guinée, transformée en dictature sanglante, a vécu sous la poigne cruelle de son leader charismatique. La période Sékou Touré, rythmée par des complots imaginaires, aura coûté la vie à des milliers de guinéens, disparus dans l’enfer du camp Boiro.

A la mort du dictateur, le général Lansana Conté, accueilli comme un libérateur, instaurera un régime pseudo-démocratique dans lequel les opposants étaient tenus en laisse par un président au comportement paternaliste, digne d’un véritable chef de village. Bien sûr, quand la nécessité s’en faisait sentir, il arrivait au général d’appeler un technocrate en renfort, juste pour donner le change aux bailleurs de fonds et redorer quelque peu le blason d’un régime gangréné par la corruption et le népotisme.

Aujourd’hui, pour les Guinéens, après la parenthèse houleuse du CNDD, l’heure est à l’espoir, même si le souvenir des massacres et des viols du 28 septembre 2009 demeure encore vivace. En effet, depuis le 6 janvier dernier, la transition vers des élections libres et transparentes est bel et bien en marche.

Il faut dire que l’accord de Ouagadougou, qui fait la part belle à l’opposition, prévoit l’organisation du scrutin dans les 6 mois, précise que les membres de la junte, le premier ministre et les membres du gouvernement de transition n’auront pas voix au chapitre. Idem pour les militaires et les responsables en exercice des forces de sécurité qui, pour la première fois depuis Sékou Touré, se verront exclus du jeu politique.

La balle est désormais dans le camp de l’opposition et de la société civile qui, sous la direction du nouveau locataire du Palais de la Colombe, devront mener à son terme la transition ainsi que la présidentielle de tous les espoirs.

Et tandis que Moussa Dadis Camara poursuit sa convalescence dans notre capitale, un jour nouveau semble se lever sur la Guinée. A l’instar du général Sékouba Konaté, président de la transition, beaucoup de Guinéens souhaitent aller aux élections « djona djona » (vite, vite en malinké) pour enfin tourner la page et entrer dans une nouvelle ère faite de stabilité et de progrès.

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