02/09/2013 05:54:17
Cameroun. Nécrologie: Paul Pondi s'en est allé
La nouvelle du décès du tout premier délégué général à la Sûreté nationale a circulé samedi 31 août à travers le pays comme une comète. Paul Pondi était avec Jean Fochivé et autres Nlem  Ela Paul l’un des tout premiers cadres supérieurs de la police camerounaise.
Le Messager
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La nouvelle du décès du tout premier délégué général à la Sûreté nationale a circulé samedi 31 août à travers le pays comme une comète. Paul Pondi était avec Jean Fochivé et autres Nlem  Ela Paul l’un des tout premiers cadres supérieurs de la police camerounaise.

Avant de porter les étoiles dorées de premier commissaire divisionnaire du Cameroun, Paul Pondi, natif de Ngog Bassong dans l’arrondissement de Ngog Mapoubi, département du Nyong et Kellé où il a vu le jour le 10 février 1928 a commencé sa vie active dans les services financiers. Il travaillera ainsi dans le Moungo, le Nkam, le Noun (alors département Bamoun) et la Menoua. Nous sommes dans les années 50. Sur concours, il entre dans le corps de la police et devient à l’accession du Cameroun à l’indépendance en 1960  le flic en chef.

Cette promotion ne lui vaudra pas que des félicitations et des encouragements. Ses détracteurs le présentent comme « le Bassa de service » mis aux trousses de Ruben Um Nyobè, le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (Upc). C’était sans compter que les fonctionnaires de cette époque-là avaient le sens de l’Etat chevillé au corps et que, quels que soient le contexte et les circonstances, chacun avait fait un choix que lui dictaient sa conscience et ses convictions.

Ainsi, Paul Pondi reste dans l’histoire l’un des architectes de la Sûreté nationale et de l’Etat du Cameroun. En 1972, après de bons et loyaux services, le flic en chef est muté à la diplomatie et nommé ambassadeur du Cameroun au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). Après cinq années au cours desquelles, il a contribué au raffermissement des relations entre Yaoundé et Kinshasa, il gagne en grade pour certains puisqu’il est nommé à Londres comme chef de la mission diplomatique du Cameroun au Royaume uni de Grande Bretagne.

Sa carrière de diplomate le conduit ensuite aux Etats-Unis en  1981. C’est à ce poste qu’il apprend en novembre 1982 la démission de celui à côté de qui il a contribué à façonner et à consolider l’Etat du Cameroun dans les circonstances que connaissent certains Camerounais. Un grand commis d’Etat ne connaît pas d’état d’âme. Paul Pondi reste au service de l’Etat en homme de principe et de conviction. Il restera à Washington si longtemps qu’il y prendra en 1993 la médaille de « Dean of diplomatic corps » entendez (Doyen du corps diplomatique). Etat de service ou oubli par laxisme ? Cette longévité à ce poste  prestigieux a suscité moult commentaires. Même si cet illustre compatriote était loin  du record de Dobrinine qui aura passé 21 ans voire plus comme chef de la mission diplomatique de l’Urss à Washington, au plus fort de la guerre froide entre  les deux grands blocs qui gèrent le monde à leur guise depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Comme chaque chose a un début et une fin, c’est à Washington DC que ce patriarche, grand commis de l’Etat prend sa retraite et regagne aussitôt ce pays à l’édification duquel il a contribué à sa manière.L’homme ne s’est pas enfermé dans une tour d’ivoire. Il s’est mis au service des jeunes qu’il recevait tant à son domicile de Yaoundé, qu’à celui de Ngog Mapoubi,  pour des conseils de toutes sortes. Dans un pays dont on dit qu’il n’y a plus de repères tant les serviteurs de l’Etat d’aujourd’hui ne sont plus que de prévaricateurs invétérés. Des Paul Pondi, Anatole  Ebongo restent néanmoins des modèles qui peuvent encore inspirer les jeunes.

Après sa retraite professionnelle, Paul Pondi tire sa révérence à l’âge de 85 ans et 6 mois. Avec sa disparition, un linceul recouvre un pan important de l’histoire de ce pays si son fils Jean-Emmanuel Pondi ne le révèle pas un jour comme il l’a commencé avec une grande interview avec son géniteur.

Jacques DOO BELL

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