31/01/2010 21:54:58
Il y a un an, Richard TOUNA décédait...
Une messe a été célébrée en sa mémoire le 22 janvier dernier. Thierry Ndong rend Hommage!
Le journal du cameroun
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Je suis arrivé vers 19h à ton domicile, ce vendredi 22 Janvier 2010. La messe en ta mémoire, prévue à 17h, est achevée. Je m’en doutais bien. Mais, il fallait bien que je vienne, pour célébrer avec les autres ta « victoire sur la mort ». Oui Richard ! Un an après ton départ précoce, tu vis toujours parmi nous, et de fort belle manière. En ce jour anniversaire, je te vois partout dans cette grande demeure du quartier Mimboman à Yaoundé. Tu es là – bien qu’invisible – aux côtés de ton épouse. Régine TOUNA est en forme. Elle accueille vos visiteurs ; elle s’assure que tout baigne. Les enfants s’amusent avec leurs amis. L’âge de la naïveté. Karol, ton fils aîné, grandit bien. Ségolène, ta dernière née n’en fait pas moins. En cette soirée de retrouvailles, Alphonse et Louis Blaise sont encore au service des invités. Ils prêtent main forte à tes beaux frères. Comme jadis. L’ambiance est bonne enfant. Les images du jour de ton mariage me reviennent subitement. En ces mêmes lieux, une belle fête similaire, après une somptueuse réception en mi-journée au Hilton Hôtel de Yaoundé. C’était il y a trois ou quatre années... C’était hier.

En arrivant ce vendredi, j’ai salué ABB, Léger, Damien, Martial, Parfait… On s’est souvent perdus de vue. Mais, comme à ton habitude, tu nous rassembles et nous réconcilies. Oui Richard ! Toutes ces poignées de main, toutes ces présences, toutes ces amitiés renouvelées permettent de lever les équivoques et de repartir sur de nouvelles bases. La magie de ta médiation a toujours son effet sur nous. Je traîne un peu en sirotant un bon verre de bière à pression. Je discute avec des inconnus, qui ne disent que du bien de toi. Et puis je décide de partir, en filant à l’anglaise. Je dois me reposer après une journée pleine de travail, qui a commencé à Douala et s’achève à Yaoundé. Au portail, ton épouse m’oriente sur une table, comme si j’arrivais à l’instant. J’avais pourtant échappé à ta vigilance. Je m’attable avec Alphonse, l’abbé Thaddée, tes amis et certains des tiens. Je ne cherche pas Brice du regard. Il est en Angola, envoyé spécial de Cameroon Tribune à la CAN 2010.

Un repas est servi par Dodo, l’épouse d’Alphonse. Elle s’occupe également à tenir compagnie aux collègues de madame ton épouse. Les enseignants de lycée et collèges, selon la formule consacrée. On mange en buvant du vin. Régine nous tient à l’œil, malgré ses multiples occupations. De fait, elle est régulièrement sollicitée pour résoudre certains problèmes, dont le moindre n’est pas l’effet néfaste de l’alcool sur certains proches parents. La bagarre et des éclats de voix arrivent. Les derniers convives s’en vont. Et je te vois, désolé dans un coin de la maison. Toi le chantre de la non violence, toi le doux, toi le pauvre cœur. Mais, mieux que moi, tu sais que le monde est ainsi fait.

Je vous quitte finalement dans les coups de 23h, avec la conscience du devoir de mémoire accompli. Je fais définitivement mes aurevoirs à Régine, en promettant de revenir dans un avenir très proche pour un échange en profondeur sur divers points. Elle acquiesce. Mais, m’a –t- elle cru ? Ton épouse en voit tellement des vertes et des pas mûres depuis les douze derniers mois. Elle n’est pourtant pas née de la dernière pluie. Ses faits d’arme ne se comptent plus. Je parlerai uniquement de Repères, qu’elle réussit à faire vivre, malgré toutes les difficultés que tu connais. Chaque mercredi, ton journal est en kiosque, généralement avec fière allure. Un an après son troisième anniversaire, célébré avec faste au Hilton Hôtel de Yaoundé, en ta présence (ta dernière grande sortie publique avant le grand voyage vers l’au-delà), Repères continue à démentir tous les préjugés et à surmonter toutes les difficultés liées à notre secteur d’activité. Tu connais bien le milieu. Chaque mercredi en effet, Repères te permet de parler en regardant chacun de nous dans les yeux. Sommes – nous toujours disposer à t’écouter ? Avons – nous finalement retenu notre langue ? La tournons- nous sept fois avant de parler ? Tu nous laisses chacun face à sa conscience. Nous te disons merci pour cette belle leçon de vie. Toi, le grain de blé tombé en terre, tu as accepté de mourir. Et la moisson de l’espoir des hommes a fleuri en douze mois. Richard… bon anniversaire !

Thierry Ndong

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