08/02/2010 19:05:12
Les forÍts africaines
Tout le monde sait que la déforestation, c'est la régression des forêts: c'est une lapalissade. Elle a pour cause la croissance des terres vouées à l'agriculture, au développement des voies de circulation et à l'exploitation du bois...
CanoŽ
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Alors que la déforestation est devenue un péril planétaire, la forêt amazonienne est celle dont on croit généralement qu'elle est la plus détruite. Il faut changer d'exemple, car c'est l'Afrique qui perd le plus d'hectares chaque année, le double de ce que perd l'Amazonie!

Et en Afrique, c'est le Congo qui bat le record de la déforestation alors qu'il est riche des deux tiers de la forêt tropicale du continent. Mais il n'est pas seul à subir cette évolution, les cartes montrent de façon éloquente que d'autres pays africains -la Côte d'Ivoire ou la Tanzanie, par exemple -ne sont pas épargnés. Et la déforestation y est aussi préoccupante.

EXEMPLE DE LA TANZANIE

Le mont Kilimandjaro, qui domine les steppes et les savanes, est une image indélébile qui s'impose dans la collection d'images africaines présentes dans nos souvenirs. Elle est concurrencée par le lac Tanganyika ou le cratère du Ngorongoro et le parc national du Serengeti. Et pourtant, les forêts, qu'elles soient forêts de montagne ou forêts-galeries, occupent environ 40% de la superficie du pays.

La déforestation n'est pas uniquement due à l'exploitation forestière, même si la Tanzanie se rapproche des Asiatiques, en particulier des Chinois, qui préservent leurs forêts et vont chercher le bois en Afrique. L'exemple des abords du lac Victoria en est une preuve. Il s'agissait là de trouver des lieux d'implantation de zones d'agriculture extensive, de zones industrielles et d'accueil des populations en croissance.

En plus de la perte des boisements, on se retrouve avec des pollutions. Les politiques publiques ont été menées au détriment de la nature. Elles avaient un objectif économique. Concilier économie et écologie est une difficulté. La nécessité de lutter contre le réchauffement climatique va sans doute aider à l'avènement d'une ère nouvelle. Un projet a été lancé le 24 septembre 2008, le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier des Nations Unies (REDD), financé à hauteur de 35 millions de dollars par la Norvège et de 2 millions de dollars par le Danemark. Il s'agit de viser une gestion durable des forêts contribuant aux réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre.

En effet, les arbres abattus, ce sont des gaz à effet de serre relâchés et toute la planète pâtit. Des accords ont été conclus, en 2008, entre la Norvège et la Tanzanie avec 100 millions de dollars à la clé. Les fonds servent à la recherche, car la connaissance est un préalable indispensable à une action efficace. Ils servent aussi, par exemple, à la mise en place de zones de moindre prélèvement d'arbres.

L'expérience semble concluante. Et même à Copenhague, la Tanzanie a été présente. Avec le Mali, la Tanzanie a appelé les méthodologies de la REDD à prendre en ligne de compte les avantages pour les communautés locales.

De nouveaux pays ont manifesté leur intérêt «à bénéficier de l'expérience et des connaissances générées par le programme ONU-REDD». L'espoir existe.

La chronique d'Hubert Reeves

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