10/02/2010 02:14:36
Nigeria: le vice-président accepte de présider temporairement
Le vice-président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a accepté mardi soir de présider temporairement la nation, comme l'a requis le parlement, en raison de l'absence prolongée du chef de l'Etat hospitalisé à l'étranger.
AFP
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"Je reçois avec une humilité et un honneur profonds cet important appel au devoir. Je suis entièrement conscient des responsabilités qui reposent sur moi (...) et que je vais assumer pleinement", a déclaré M. Jonathan, 52 ans, dans une allocution télévisée.

Mardi, les deux chambres de l'Assemblée nationale, le Sénat et la chambre des représentants, ont adopté chacune une résolution prévoyant que M. Jonathan assure l'intérim à la présidence, le chef de l'Etat Umaru Yar'Adua étant hospitalisé en Arabie saoudite depuis le 23 novembre pour une affection au coeur.

Elles voulaient ainsi mettre un fin à des mois d'incertitude rendant difficile la gestion du pays le plus peuplé d'Afrique avec 150 millions d'habitants, secoué notamment par une rébellion qui menace les exportations du 8e producteur de pétrole de l'Afrique et des tensions intercommunautaires.

La décision du parlement a soulevé des questions sur sa portée légale mardi. Des voix se sont élevées pour la contester, et d'autres pour l'approuver, avec en toile de fonds des craintes de menacer l'équilibre confessionnel du pouvoir.

Selon une règle non écrite mais appliquée dans ce pays majoritairement musulman au nord et chrétien au sud, la présidence revient alternativement à un chrétien puis à un musulman. M. Yar'Adua est musulman, tandis que son vice-président Goodluck Jonathan, est chrétien.

Le gouvernement, qui doit se réunir mercredi en conseil des ministres, n'avait pas réagi.

Le cabinet a jusqu'à présent soutenu que M. Yar'Adua était apte à présider en dépit de son absence. Mais la semaine dernière, Dora Akunyili, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, a demandé le transfert des pouvoirs à M. Jonathan.

Le 13 janvier, la Haute cour fédérale avait jugé que M. Jonathan pouvait exercer temporairement l'exécutif, précisant qu'il ne devenait pas pour autant "président par intérim".

Mardi soir, la chaîne télévisée d'Etat NTA a fait référence dans son journal à M. Jonathan comme le "président par intérim", avant même que celui-ci ne prononce son discours.

Selon la Constitution, le chef de l'Etat doit transmettre une "déclaration écrite" au parlement pour lui notifier son absence et permettre au vice-président de le remplacer. En l'absence d'une telle lettre, réclamée depuis des semaines de toutes parts, le Sénat a jugé que la récente et brève interview de M. Yar'Adua à la BBC le 12 janvier faisait l'affaire.

"Le président, par cette déclaration diffusée mondialement, a donné au parlement la preuve irréfutable qu'il est en congé médical (...) et a ainsi respecté l'article 145 de la Constitution", a déclaré le président du Sénat David Mark.

En raison de son absence, le processus de pacification du sud pétrolifère, en proie aux violences depuis 2006, est en passe d'échouer faute d'avancées, selon de nombreux observateurs. Les attaques menées par des groupes armés ont repris ces dernières semaines.

Goodluck Jonathan a promis mardi soir que le gouvernement fédéral allait "prendre toutes les mesures pour consolider les bénéfices de l'amnistie dans le delta du Niger et mettre en oeuvre le programme post-amnistie".

Umaru Yar'Adua avait offert en août l'aministie à tous les combattants qui déposeraient les armes. Des milliers ont accepté mais perdent désormais patience

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