11/02/2010 19:31:59
Vincent Fouda : Message à la jeunesse pour la 44ème fête de la jeunesse
Ces 44 ans nous donnent l’occasion de prendre l’implacable mesure de ce que l’insensible passage des jours et du temps a ôté et dérobé au devenir de notre pays, qui repose jour après jour sur la façon dont nous percevons notre jeunesse. Parcelle après parcelle, le devenir de notre pays se vide de sa substance emporté dans le tourbillon de vaines promesses – aujourd’hui, il n’est pas de trop de vous dire à vous jeunes du Cameroun que le grenier est vide.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Chers compatriotes jeunes, la 44ème fête de la jeunesse m’offre l’occasion de m’adresser à vous directement et ce pour la première fois. La joie que j’éprouve de m’adresser à vous est cependant nuancée par un peu de mélancolie. C’est depuis 44 ans que l’on célèbre la jeunesse dans notre pays, une jeunesse à qui l’on a donné différentes définitions, souvent on l’a confiné au monde estudiantin, très souvent, on a exclu le monde paysan, toujours on a fait des promesses et jamais nous ne nous sommes retrouver pour un bilan !

Ces 44 ans nous donnent l’occasion de prendre l’implacable mesure de ce que l’insensible passage des jours et du temps a ôté et dérobé au devenir de notre pays, qui repose jour après jour sur la façon dont nous percevons notre jeunesse. Parcelle après parcelle, le devenir de notre pays se vide de sa substance emporté dans le tourbillon de vaines promesses – aujourd’hui, il n’est pas de trop de vous dire à vous jeunes du Cameroun que le grenier est vide.

Permettez-moi cependant de vous dire ici combien je crois en vous et au prodigieux destin de notre pays qui a la capacité tel un sphinx de renaître de ses cendres. Cette capacité est la force que vous avez en vous. Bien d’entre vous et ce à juste titre, regardent leur vie avec appréhension et se posent de nombreuses questions sur l’avenir – un avenir qui hier paraissait lointain et qui aujourd’hui est là devant nous. Vous vous posez la question de savoir comment vous insérer dans un monde marqué par des injustices dont vous êtes les principales victimes – Vous vous demandez comment réagir face à l’égoïsme et à la violence qui très souvent l’emportent dans notre pays – Vous vous demandez comment avoir une part d’héritage dans ce pays qui est notre bien commun mais où les premiers arrivés pensent qu’ils doivent s’accaparer de tout ? C’est le moment ensemble de nous mobiliser pour que nous ne soyons plus un projet dans un récital de promesse. Votre participation au devenir de notre pays, par votre action citoyenne et le refus de la facilité – la construction d’une intégrité morale et physique doivent attester de votre volonté d’être des acteurs majeurs du devenir de ce pays. Un dicton de chez nous dit qu’un coq qui promet qu’il chantera un jour ne chantera plus jamais. Cette sagesse s’applique aussi bien à vous aujourd’hui qu’à ceux qui hier, vous ont nourri d’illusion et de faux espoirs.

Sachez que l’histoire de notre pays est jonchée de faits de bravoure de jeunes qui ont tout donné, parfois jusqu’à leur vie. Je pense à Robert Naoussi de la léproserie de Dibamba décédé le 1er octobre 1970.

Cameroun Génération 2011 lance avec vous tout au long de cette année électorale un contrat citoyen basé sur un contrat entre vous et nous, afin de lutter contre l’illettrisme – c’est le projet 1000 écoles financées entièrement par les camerounaises et les camerounais avec le soutien des artistes – à travers l’organisation des concerts bénéfices organisés à travers le pays.  Nous lançons l’opération de 3 000 dispensaires auto-construit dans un vaste engagement citoyens avec nos bras et notre seul et unique génie. C’est le moment !

Si nous voulons retrouver notre dignité, celle insufflée par Martin Paul SAMBA défiant le pelletons allemand chargé de l’exécuter ; Martin Paul Samba par son acte a réhabilité en nous ce que les autres ont appelé de nous la conscience corrompue et médiocre. Je vous exhorte en cette 44ème fête de la jeunesse à vous relever avec bravoure et à faire confiance au projet de société que nous vous proposons et que je porte au nom de Cameroun Generation 2011. Cette confiance, trop longtemps trahie je le sais ne doit point être sotte, aveugle ou frivole. Oui, elle ne doit point ignorer les déceptions d’hier, empreintes de crimes, d’erreurs, de préjugés, d’égoïsmes de toutes sortes ; égoïsme des individus, égoïsmes des castes, égoïsmes des partis, égoïsmes des classes, qui appesantissent la marche de l’homme et absorbent trop souvent hélas : le cours du fleuve en un tourbillon trouble et sanglant.

Chers compatriotes, jeunes femmes et jeunes hommes, en vous sommeille le génie de notre peuple, dépositaires des forces de notre pays, forces bonnes, forces de sagesse, de lumière, de justice – rien ne se mettra au dessus de vous face à l’épreuve du temps – voici le moment de libérer vos énergies – voici venu le moment de sortir de la nuit de la servitude, de la manipulation et de l’ignorance dans lesquelles hélas aucun bilan en 44 ans ne permet d’éclaircir.

Avec votre engagement se dissipent les blessures et les meurtrissures d’hier, vous repoussez au loin le noir nuage immobile sur le ciel de notre pays, oui votre engagement est un pied de nez à celles et ceux qui ont cru que le jour ne se lèverait plus jamais. Dans le Cameroun que nous voulons construire, c’est avec vous que nous devons tracer les nouveaux contours de la République. Je voudrais dire que notre action citoyenne commune va proclamer au quotidien dans ce pays et pour le profit des millions d’entre nous, qu’il est temps de tracer eux-mêmes la règle commune de leur action, afin de concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre, que dans ce pays nous combattrons sans nous tirer dessus.

L’audace de construire une Nation forte dans la liberté se bâtit sur la colonne centrale que vous êtes, voila pourquoi c’est à vous de proclamer la fin de ces incertitudes à la tête de l’Etat.

Redynamiser la République comme nous le voulons avec vous, c’est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace. Ce n’est qu’ainsi que votre insertion sociale se fera. Gardons en tête chaque jour les défis qu’il nous à été donné de relever quand personne n’y croyait plus – de nos ruines se dresse la dignité humaine qui a engagé des milliers d’entre nous dans le combat pour la démocratie en février 2008 – ce qui n’était pas destiné à avoir un lendemain, est devenu aujourd’hui la loi durable du devenir de notre Etat-Nation. 

 C’est le moment collectivement d’inventer notre devenir car rien n’est plus dévastateur que le vieil adage mensonger vendu à coup de milliards à une population qui ne demande que son bien être « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » !

Le soleil lui-même a été une nouveauté, la terre fut une nouveauté, l’homme est une nouveauté. L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.

C’est donc dans un esprit libre et plein d’audace que je vous souhaite une bonne fête de la jeunesse – Je la veux enracinée dans les défis que nous devons relever dans cette seconde décennie de ce millénaire – Enracinée dans la reprise en main de notre souveraineté – tout cela dépend de nous, de toi, de moi et de nous tous.

Malgré les grandes déceptions d’hier, j’ose dire avec les millions de jeunes de ce pays que maintenant tout est possible et que le génie de notre peuple s’exprime enfin. Quand après nous, nos enfants fêteront le premier siècle de l’histoire de notre pays, nous aurons placé au panthéon de notre histoire les mots éducation pour tous, santé pour tous, développement durable, démocratie.

Bonne et heureuse fête de la jeunesse à vous jeunes camerounais de la diaspora, bonne fête aux jeunes de nos villes et de nos campagnes, à vous jeunes en recherches d’emploi, étudiants, élèves et écoliers de notre cher et beau pays. 

Vincent Sosthène FOUDA-ESSOMBA

Vincent Sosthène FOUDA-ESSOMBA

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE