15/02/2010 15:32:48
Esther Dang : Epervier est une opération métaphysique
Mutations
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Le robuste portail noir qui s'ouvre sur la résidence de Mme Esther Dang donne sur une allée fleurie aux murs ôcres et épais. Les travaux du duplexe, résidence de l’ex-Dg de la Société nationale d'investissement (Sni) semblent s'être arrêtés depuis plusieurs années. La maîtresse des lieux a aménagé sobrement et dignement le rez-de- chaussée de ce chantier qui tient lieu pour l’heure d'habitation.

Le 22 janvier dernier, Mme Esther Dang a surpris tout le monde en adressant au Secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) avec copie au président national de ce parti, sa lettre de démission. Pour en savoir plus sur cet acte d'éclat, elle a accepté, malgré son état de santé qui l’a éloignée longtemps de ses activités, cet entretien sans protocole ni conducteur préalables.

Quel est votre état d'esprit après votre démission du Rdpc ?
Pour moi, c'est un dossier classé. J'ai démissionné d'un parti politique mais pas du Cameroun. J'ai milité librement dans le Rdpc. J'en repars librement. Nous sommes dans une République, dans une démocratie. C'est un droit.

On attend que vous militiez ailleurs ou que vous créiez votre formation politique...
Qu'est ce que vous me suggérez ? J'ai énoncé les raisons pour lesquelles je démissionne. Aucun citoyen ne peut accepter de travailler sans recevoir un salaire. Pour toute personne intelligente, cela n'est pas difficile à comprendre. Ma lettre est claire, je n'ai jamais dit que je vais militer dans un autre parti politique. Tout autre vocabulaire ne peut pas m'être attribué. Après ma démission du Rdpc, je me donne simplement un temps de réflexion. Un citoyen ne doit pas fuir devant ses responsabilités

Votre démission du Rdpc n'est-elle pas motivée par autre chose ? Dans votre lettre, vous évoquez des méthodes de démotivation professionnelle que des hauts dignitaires du Rdpc appliquent à certains responsables et militants du parti.
Le salaire fait partie des dispositions légales dans toute entreprise. A la base, je suis un cadre d'entreprise de la Sni régie par la convention collective secteur tertiaire banque du Code du travail. J'avais donc droit à un salaire conséquent. Savez-vous que pour une même affaire de salaire impayé, le premier Président directeur général de la Sni, avait saisi le tribunal et avait gagné le procès ? J'ai toujours refusé le contentieux. Les magistrats disent qu'un "mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès". En tant que directeur général, je veillais toujours pour que tous les personnels perçoivent un salaire. Des arriérés de salaire, j'en ai par exemple payé aux anciens travailleurs des sociétés d'Etat liquidées…

Dans votre lettre de démission, on retrouve à plusieurs reprises l'expression "gouvernement Rdpc". N'est-ce pas un vocabulaire un peu excessif ?
Quand on parle de gouvernement, on voit d'abord le premier ministre. C'est le premier des ministres, issu du parti au pouvoir. C'est un problème de sémantique…

Dix ans sans salaire de directeur général, n'était-ce est pas là un motif suffisant pour claquer la porte de la Sni, le Rdpc n'est pas votre employeur ?
Pourquoi claquer la porte ? Mon défunt père, Dang, fonctionnaire de l'Etat du Cameroun, m'a bien éduquée dans le respect de la chose publique. Dans le service public, on ne claque pas la porte, parce qu'on est au service du public ; on négocie, on discute. Tous les patrons de la Sni qui m'ont précédé étaient des fonctionnaires. Ils n'étaient pas habiletés à fixer leur salaire. Comme je l'ai indiqué dans ma lettre, j'ai bataillé pendant dix ans auprès du gouvernement pour qu'on me fixe un salaire de Directeur général. Après moi, d'autres Dg, peu performants se sont vus attribuer des salaires pompeux.
Vous trouvez cela juste ?

On rétorque par ailleurs que vous avez contribué à la braderie des certaines sociétés du porte feuille de l'Etat, on cite notamment : telles Maxima, Solado, Bata, la chaîne hôtelière…
C'est le contraire du bon sens. Il ne s'agit pas de braderie. J'ai acheté le complexe industriel Bata à un franc symbolique à Bata international. La Sni n'était qu'un actionnaire de cette entreprise.
Solado Tropics était un groupe de société dans un complexe. C'était les filiales de la Sni à l'époque avec la société Bata.
Je vous demande sincèrement d'aller lire la convention afférente à notre relation avec Bata; toutes les correspondances relatives à ce dossier sont disponibles dans les archives de la Sni. Ce que je sais, c'est que je n'avais pas donné des certificats d'accès. Comment cela s'est passé après moi, je n'en sais rien. Personne n'a vendu la chaîne hôtelière, Sawa, Mont Fébé, Transcam, Mansa, Mizao, la Bénoué, ces hôtels ne sont pas sortis à ce que je sache du porte feuille de la Sni.

On évoque la braderie de la parcelle Sawa…
Qui évoque ça ?

Nous avons lu une vive réaction suite à votre démission du Rdpc; elle est de Jeannette Njame, qui vivrait à Paris…
Alors vous m'interrogez sur la base de la correspondance d'une dame. Je sais qui est cette personne, qui en plus, s'intéresse aussi à la gestion interne des enfants de feu André Dang à Nkemi, mon feu père ;elle s'intéresse également à la façon dont mon père a géré sa famille ; vous ne trouvez pas cela curieux ? Je sais aussi, pour avoir lu sa lettre, qu'elle parle de M. Ngoh Lambert qui était Directeur général de l'hôtel Sawa ; elle m'accuse d'avoir viré Ngoh Lambert. Il y a des documents qui attestent le contraire de ce qu'elle insinue. Je ne sais pas si Ngoh Lambert l'autorise à parler de sa vie. Ngoh Lambert a été nommé directeur général de l'hôtel Sawa contre l'avis de tout le monde, même du ministre de tutelle en charge du Tourisme. Parce qu'il faut savoir que la tutelle technique en ce qui concerne l'hôtellerie c'est le ministère du Tourisme.
Nous sommes tous arrivés au conseil d'administration à Douala parce que la convention d'assistance technique avec le groupe français Accor qui permettait d'utiliser la marque Novotel était arrivée à expiration après 12 années d'exploitation de leur label. Accor ne tenait pas à renouveler ce contrat. Il fallait donc remettre l'hôtel à quelqu'un, de préférence à un Camerounais. Ngoh Lambert étant un cadre principal de la Sni, j'ai proposé qu'il aille gérer la relève, avec pour instruction de maîtriser toutes les données de la passation des dossiers entre la Sni et le groupe Accor.
Ce sont des dossiers très techniques qu'il faut connaître. Et, à ma grande surprise, le ministre du Tourisme s'est violemment opposé à sa nomination. Par écrit, j'ai dit au président du conseil d'administration qu'on ne va pas laisser l'hôtel vacant. Il fallait nommer Ngoh Lambert. Nous étions obligés de passer au vote. La Sni étant détentrice de 85% des parts, évidemment son candidat n'eut aucun problème pour passer l'obstacle. Dieu merci, il a bien géré et il a été Directeur général pendant longtemps. Mais dans sa lettre, notre dame n'évoque pas cela. Les archives à cet effet existent dans le dossier Sawa. Les archives de la Sni existent également, et personne ne peut les détruire parce que c'est une société d'Etat pure, détenue par le Trésor public.

Et Maxima ?
Maxima est un projet qui était logée que le Conseil d'administration initie dans l'enceinte de l'usine Bata qui venait d'être achetée par le Directeur général de la Sni de cette époque-là à 1 Fcfa symbolique. Il fallait donc mettre une activité à l'intérieur, et le Conseil l'a orientée pour la chaussure de luxe. Mais ça n'avait pas marché. Maxima fut fermée pour des raisons techniques. Il y avait aussi un excès de contrôles fiscaux qui obligeaient la société à payer les arriérés de l'ancienne gestion Bata. C'était un passif très lourd. À la fin, le Conseil avait décidé de fermer ce complexe pour ces raisons. On a pouvait, on devrait le valoriser.

Vous êtes amère vis-à-vis du régime ?
Je ne suis pas amère. Je suis docteur d'Etat en Sciences économiques ; ce n'est pas de la vantardise. Je peux calculer un taux de croissance. Ma thèse d'Etat prend pour centre d'observation le Cameroun, à travers la planification de son économie. Donc, je ne suis pas absolument surprise par la crise ni nationale, ni internationale, puisque je l'annonçais déjà dans mes travaux. C'est ma formation et mon expertise qui m'obligent des constats assez fermes. Si vous lisez mes notes sur mon blog, j'ai pris à parti certaines institutions financières internationales qui ont déclaré des taux de croissance de 8% qui ne reflétaient pas la réalité. Ce qui a amené les autorités à prendre des décisions sur la base de cela, alors que les chiffres n'étaient pas vrais. Le taux de croissance est une formule mathématique qu'on enseigne en troisième année des sciences économiques, tous les économistes le savent. Ce n'est donc pas que je sois amère. Ce sont des faits qui parlent.

Est-ce que ces taux sont liés à une manière de gérer ?
Il y a la gestion certes, mais il y les calculs.

Vous voulez dire que les calculs sont faussés ?
Ce ne sont pas les calculs qui sont faussés. On calcule à partir de quelque chose. Si vous faites une division, vous avez un dénominateur et un numérateur et en sciences économiques, on appelle ça les agrégats. On prend les agrégats qui sont utilisés, vous calculez et vous trouvez quelque chose. Dans le calcul d'un taux de croissance, il y a des éléments incontournables : le taux de croissance démographique et le taux d'inflation. Donc quand je dis que la croissance du Cameroun est de -4%, c'est parce que ces deux taux ne sont pas officiels chez nous.

Cela est lié à la régulation ou à une autre réalité ?
Vous venez de dire que l'Etat régule. Il y a un taux d'inflation monétaire et un taux d'inflation à la consommation. Donc il faut savoir de quel taux d'inflation on prend en compte pour effectuer ces calculs. Vous dites que le gouvernement se bat pour réguler le taux d'inflation à la consommation c'est bien. Dans mon quartier ici, la bouteille d'huile Oilio coûtait 900Fcfa en 2005. Mais aujourd'hui, elle coûte 1800Fcfa. Ça c'est le taux d'inflation ; il est à plus de 100% !

C'est l'échec du gouvernement !
Ce n'est pas une affaire d'échec. C'est une affaire de calcul. L'échec est une accusation. Moi je calcule, je ne juge pas.

Vous pouvez tout au moins apprécier ?
Je suis économiste. Si je donne une tendance, chacun apprécie suivant son expertise, suivant ses tendances. On ne peut pas avoir la même appréciation sur les mêmes faits. Moi je suis économiste financier; il ne m'est pas permis d'évoquer les questions économiques sur des contre vérités. Ce sont des faits techniques, ils sont ingrats.

L'Etat n'est pas souvent sincère sur ses chiffres ?
Je n'ai jamais dit ça. Quand je parle du taux de croissance, je donne un chiffre. Et quand je donne un chiffre, je le calcule. Un calcul exact.

Votre calcul n'est pas concordant avec celui de l'Etat…
Je n'ai pas révélé de chiffres. Je dis que j'ai calculé sur la base des agrégats qui ressortent sur le budget 2010. C'est une affaire de calcul, on peut faire le même calcul et ne pas trouver la même chose. Mais nous sommes en taux de croissance négatif, ça c'est clair !

Vous avez été frustrée par certaines privatisations, car l'Etat a subi des pressions pour les conclure. Vous le déplorez dans votre lettre de démission. Pouvez-vous être davantage claire ?
Je pense que ça c'est votre lecture de ce que j'ai dit dans ma lettre. Je n'ai pas parlé comme ça. J'ai dit qu'il m'a été reproché d'émettre des avis réservés sur certaines privatisations. Les privatisations faisaient partie comme vous le savez d'un volet des programmes d'ajustement structurel. Et donc, le gouvernement les a gérés en fonction de ses engagements. Posez-moi la question de savoir dans quel cercle je me retrouve à parler des privatisations ? Je me retrouve à parler des privatisations dans le comité interministériel chargé des privatisations et des liquidations. C'est un comité mis en place par décret du président de la République qui a des personnalités ès qualité, c'est-à-dire que c'est la fonction qui les y amène. Moi j'y étais comme Directeur général de la Sni. Chacun devait émettre un avis à l'attention de la haute hiérarchie. C'était l'avis du comité présidé par le ministre des Finances et de l'économie après un tour de table. Ce que je n'ai pas apprécié, c'est que l'avis qu'on émet de l'intérieur en concertation, se retrouve à l'extérieur et que je sois l'objet des menaces pour cela. Moi je ne peux pas accepter ça ; je suis un cadre d'entreprise. J'étais analyste des dossiers des sociétés que la Sni a créées. J'ai été cadre de la Sni depuis septembre 1975, donc je connaissais parfaitement ces dossiers. J'ai assisté à plusieurs travaux de nature gênante.

Quelles sont les entreprises dont la privatisation vous fait mal ?
Il n'y a pas une liste qui ne mérite pas tout, comme il n'y en a pas une qui mérite d'être privatisée. C'est une question de stratégie. j'ai été à des séminaires sur les privatisations aux Etats Unis et en France ; j'ai observé que les travaux dirigés que les encadreurs nous donnaient, étaient souvent des cassettes des conseils ministériels. Ils avaient droit à cela pour la pédagogie et on remarquait qu'on débattait pour savoir sur le plan national, quelle société méritait d'être privatisée. C'était de la stratégie et moi je ne suis pas apte à critiquer la stratégie du gouvernement camerounais. Je suis apte à émettre un avis par rapport à la constitution qui est la loi fondamentale de tous les Camerounais.

La Snec a t-elle été privatisée comme vous le souhaitiez ?
Ce que j'ai dit, c'est ce que j'ai écrit. Après je n'ai plus suivi parce que j'avais quitté mes fonctions. Mais je peux quand même dire qu'ils ont pris beaucoup de temps pour mieux négocier ce dossier Snec. Apparemment, elle été vendue mais je ne connais plus la suite.

Des Camerounais des grandes villes éprouvent des difficultés à avoir de l'eau potable…
Moi-même je n'ai pas d'eau depuis deux jours.

Est-ce que la privatisation a été menée comme cela se devait ?
Ça c'est un autre débat. Ça c'est le débat sur le combat contre le sous-développement au Cameroun, parce qu'il n'y a pas que l'eau qui manque. Je ne peux pas parler de l'eau, j'ai expliqué dans ma lettre de démission que je me suis opposé au faible prix des privatisations parce que j'ai participé à l'époque où j'étais conseiller à la présidence de la République à des stratégies de mise à niveau technique de la Snec. A l'époque, on a injecté 1,5 milliard de Fcfa à une société qui s'appelait Collavino. Ce chiffre me revenait en tête, et je trouvais quand même que le prix de 450 millions jadis avancé était dérisoire au vu des investissements consentis par l'Etat pour créer cette entreprise. Mais la vérité aussi est que le dossier des acheteurs était dégradant pour la partie camerounaise, parce qu'ils disaient que la Snec n'avait pas de bilan. Je tenais à expliquer cela pour apporter des éléments d'appréciation, parce que même si nous n'avons pas inventé la finance, il y a quand même au Cameroun des gens qui pouvaient en parler. J'ai quitté la Sni en décembre 2003 par une retraite anticipée. Ce qui est bien c'est que j'ai constaté que beaucoup de mes avis ont été pris en compte après mon départ. Ils n'ont plus précipité l'opération de privatisation ; pour savoir à combien ils ont vendu, il faut voir les structures compétentes.

Les Camerounais globalement n'apprécient pas les privatisations. Quelles sociétés ne devraient pas sortir du portefeuille de l'Etat ?
Ça c'est une question fondamentale. Pour toute question fondamentale, il faut qu'on s'entende sur ce que j'appellerais la convention de vocabulaire. Ce que dans vos têtes vous appelez souveraineté ce n'est pas sûr que dans ma tête, cela ait la même compréhension. Tout ce que j'ai dit de la privatisation, je n'ai utilisé aucun terme technique. Le mot stratégie est peut-être compliqué. Mais vous savez en matière de gestion, la stratégie est très importante. Je répète qu'il n'y a rien qu'on ne puisse privatiser comme il y a des choses qu'on ne doit pas privatiser. Mais ce sont les décideurs qui ont leur sensibilité et suivant certains objectifs stratégiques pour la marche des affaires qu'ils décident. Je suis claire : personnellement, je ne suis pas favorable à la privatisation des entreprises détentrices des plus-values latentes. C'est comme ça que je le dis et je ne peux pas le dire autrement.

Que signifie "plus-values latentes" ?
Ça c'est une très grande question. La plus-value latente pour l'expliquer, je vais vous donner un exemple : vous êtes héritier de votre père, propriétaire des titrées. Mais sur ces terres, vous n'avez que la case familiale et les tombes de vos ancêtres. Les voisins viennent lui demander de leur vendre des parcelles de terre. Il dit je ne les vends pas, c'est tout ce je possède. On lui rétorque que c'est beaucoup de terres, 20 hectares au moins. " La plus-value latente " ce sont ces terres, la case familiale, les tombes, les plantations. En disant qu'il ne les vend pas, le grand-père ne sait pas ce que ce coin deviendra demain ou après demain. Mais il vous désigne parce qu'il est sûr que vous aussi, vous ne les vendrez pas, à supposer que votre village devienne la capitale régionale et que vos terres se retrouvent en plein centre ville, vous aurez peut-être envie de vendre à 100fcfa le mètre carré, mais à 200 000Fcfa le mètre carré; voilà ce qu'on appelle la " plus-value latente ". Mais ça ne décide pas seul, on débat.

Camtel, Sonel, Camair… pourraient tomber dans la plus-value latente ?
Ce n'est pas évident. Il faut faire l'analyse. Parce qu'il faut savoir que les toutes petites sociétés peuvent être détentrices de plus-values latentes ; tout le monde dit que ce sont des sociétés qui perdent de l'argent, qu'on les subventionne trop, qu'il faut les privatiser, mais des années plus tard, on se rend compte que les gens font des bénéfices des milliards sur ces mêmes sociétés. Mais malheureusement, on ne voit que de grosses sociétés.

Revenons à votre sortie du Rdpc. Vous ne ferez plus de politique ?
D'abord je dois dire que la politique telle que je comprends à votre question, ne se limite pas au militantisme. Un citoyen tant qu'il est vivant, ne peut pas cesser de faire la politique pour une raison simple : il est électeur. Quand vous êtes vivant et que vous avez l'âge de voter, vous serez dans les urnes en train d'exprimer votre suffrage. Donc on ne peut pas dire à un citoyen majeur qu'il ne peut pas faire de politique.

Si le chef de l'Etat venait à vous faire confiance à nouveau, accepteriez-vous son offre ?
Le chef de l'Etat du Cameroun dirige un peuple qu'on appelle les Camerounais dont je fais partie. En plus, nous sommes un régime présidentiel, ça veut dire que tout acte du chef de l'Etat du Cameroun est discrétionnaire. Moi, Esther Dang qui est assise ici, je ne peux pas savoir ce qui se passe dans la tête d'un chef d'Etat. Je suis citoyenne de la République du Cameroun, personne ne peut me rayer de l'échiquier national

Gardez-vous de bons souvenirs du Rdpc ?

Il faut faire la différence entre un parti politique qui a des militants et une République qui a des citoyens.

Vous avez pourtant parlé de gouvernement Rdpc !

Il faut bien que quelqu'un dirige un parti. Un gouvernement est une structure de l'Etat.

Votre maison est un chantier : quand comptez-vous l'achever ?

Ma vie privée vous intéresse déjà ?

Quand on entre ici, on remarque que c'est un chantier vieux d'au moins 10 ans…
Un chantier c'est comme son nom l'indique, on le fait évoluer suivant les moyens.

Mais vous n'avez plus de salaire…
Je tiens à être claire. J'ai travaillé comme cadre Sni, j'ai hérité des biens, ce n'est pas de ma faute si mon père m'a laissée 54 hectares de terres, si ma mère était fille de chef. J'ai hérité de beaucoup de choses, j'ai ma pension retraite. Donc en fonction du niveau de mes revenus, j'avance un peu. Parce qu'en même temps, il faut gérer d'autres charges de première nécessité.

Cherchez-vous des arrangements avec la Sni plutôt que d'aller à la barre ?
Pas d'arrangements avec la Sni, je n'ai jamais parlé de Sni dans ma lettre. Je parle de la fonction. Quand vous avez été nommé par décret présidentiel, vous n'êtes pas salarié de l'entreprise, mais dirigeant de cette entreprise.

Quel regard avez-vous des l'opération épervier ?
Tout est métaphysique dans cette affaire peut-être à cause du nom. Lorsqu'un enfant vole une sandalette au marché, on l'amène là où il faut. C'est un délit, tout citoyen qui commet un délit, il y a des procédures pour cela. On parle d'un simple problème de vol comme si c'était de la métaphysique. Il y a un code pénal.

C'est comme le mariage, le jour que vous vous mariez, vous ne pouvez pas imaginer que vous aller divorcer. Chacun doit assumer ses responsabilités face aux délits qu'il commet. En me posant la question, c'est comme si épervier tourne autour de ma tête ou de la tête de X ou de Y. Il faut laisser les personnes chargées de ce dossier faire leur travail.


Entretien mené par Xavier Messè, Georges Alain Boyomo et
Pierre Célestin Atangana

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