16/02/2010 03:21:09
Opinion: Les lacunes de l'opération épervier
Un épervier qui choisit ses proies, selon l'auteur.
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    Depuis quelques temps plane sur le ciel camerounais un oiseau appélé épervier ayant pour véritable mission de traquer tous les poussins qui n’ont pas respecté les décisions de leurs mères. Cette opération bien que conduite par la justice est guidée par un seul homme, le président Biya qui de nos jours représente à lui seul l’ensemble des pouvoirs  de l’Etat camerounais.  Vu la manière dont cette opération se déroule sur le térritoire national, il y a fort à croire que l’épervier s’est subrepticement tournée vers des missions plus égoistes nécessaires à la construction de sa personnalité et l’assainissement de son domaine politique. Plusieurs raisons expliquent cela:

L’épervier agit discontinuellement.

    C’est un oiseau un peu spécial totalement différent des autres éperviers  que nous connaissons. Celui-ci plane sur nos têtes tous les jours mais reste muet malgré la promenade des poussins têtus partout dans la cour.
   Cet épervier tant critiqué par des camerounais n’apparaît qu’à la veille des événements bien décrits. Par exemple, après un long moment de silence, après avoir ravagé la bande à ABAH ABAH, Jean Marie Atangana à la veille du changement de la constitution, il se profile encore à l’horizon à la veille des élections présidentielles combinées avec une coupe d’Afrique  des nations dont on espère tellement la victoire des lions pour conduire la nation dans les abîmes obscures de l’histoire.

Un épervier spétaculaire.

     La marche à suivre de notre épervier n’est nullement conforme à l’ exigence judicaire de notre pays, les soit-disants fossoyeurs de la république sont appréhendés chez eux ou dans leur soit-disant bureau comme ce fut le cas pour Alphonse Syam SIEWE et conduit manu militari à la police judiciare et defféré à Kondengui sans aucune autre forme de procès, ce qui est symptomatique du malaise social dans un Etat de droit. Ce qui est cautionné par des journalistes et  une franche de la population . Force est de constater que les journalistes et une bonne partie de la population sont bien avant informés de la débarque de l’épervier et accourent vers les lieux  pour mieux rendre spétaculaire l’événement, ceci dans le but d’aliéner un peuple qui ne pense jamais au lendemain comme ses dirigeants. Ceci est symptomatique du malaise d’un rouleau compresseur judiciaire qui prête à soupçon.

Un épervier sélectif.

     L’épervier trie ses proies, il est incapable de plonger sur des poussins têtus en plein chaleur sous les ailes de leur maman. A priori, ce sont ceux qui ont perdu leur soutien au niveau de l’exécutif qui payent les pots cassés. Sinon comment expliquer la liberté d’aller et de revenir du professeur Gervais Mendozé  dont la gestion calamiteuse avait été déjà revelée par le contrôle supérieur de l’Etat? Comment assimiler facilement la liberté dont jouit ce jour Akono NZE attrapé en flaglant délit, détenant une malette de nos francs à la frontière de notre pays ?  L’épervier doit être parfois aveugle.  En plus l’épervier fait semblant de s’accrocher sur des poussins à caractère ministériel  mais il oublie totalement que la corruption est totale et partout au cameroun, même entre les mamans au marché.

 Il est donc clair que l’épervier n’attrappe que des poussins têtus et orphelins. Il nous est difficile d’admettre monsieur le président que vous êtes entrain de lutter contre la gabégie financière au Cameroun.


Un épervier chétif.


       Comme tout citoyen camerounais, je me pose tant de questions sur la finalité de cette opération. Depuis qu’elle a commencé  jusqu’à nos jours, les résultats de cette macable opération tardent à faire surface. On oserait croire qu’il n’existe aucun résultat. Sinon comment expliquer que l’épervier qui passe son temps à ramasser les proies reste et démeure chétif? Des centaines de haut-commis de l’Etat déjà incarcérés pour avoir détourné de millards de nos francs sont tout simplement dépouillés des faibles comptes bancaires licitement renfloués car ne contenant que de centaines milles et que des camerounais qui attendant les fruits de cette opération pour espérer améliorer leurs conditions de vie ( Par la construction d’un deuxième pont sur le Wouri) restent toujours sur leur fin.

    Si je comprends bien, l’épervier camerounais attrappe mais n’avale pas. Voilà une cabale politique. Au lieu d’arrêter pour nous voiler les yeux, demandez leur de remettre ce qu’ils ont illicitement pris  et de vivre en liberté.
      Tant que les biens spoliés ne nous seront pas  rendus, nous vous tiendront pour complice.



Richard Gatchoko Youaleu
Ecrivain camerounais.
Etudiant en Allemagne

Richard Gatchoko Youaleu

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