19/02/2010 02:22:09
Niger : Militaires au pouvoir, Tandja arręté, Constitution suspendue...
Les militaires ont officiellement pris le pouvoir au Niger, pays pauvre de l’Afrique de l’ouest. Le président Mamadou Tandja et ses ministres sont mis aux arrêts.
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 Les militaires ont officiellement pris le pouvoir au Niger, pays pauvre de l’Afrique de l’ouest. Le président Mamadou Tandja et ses ministres sont mis aux arrêts. Toutes les institutions de la République sont dissoutes. La présidence est confiée au commandant Adamou Harouna, chef du « Conseil suprême pour le rétablissement de la démocratie » (Csrd).

Le Niger a depuis jeudi, un nouvel homme fort. Il s’agit du commandant Adamou Harouna. Ce dernier, aidé par les bérets verts de la garde présidentielle nigérienne a renversé en milieu d’après-midi, le président Mamadou Tandja très décrié depuis mai 2009. Et pour cause.

Elu démocratiquement en 1999 puis en 2004, le colonel Tandja (71 ans) s’est versé dans une gloutonnerie remarquable du pouvoir en 2009. Sentant la fin de son mandat approchée, il n’a pas hésité à sacrifier toutes les institutions de la République. En mai, il dissous le parlement et la Cour constitutionnelle et organise un référendum, le 4 août 2009. Il s’octroie ainsi l’autorisation de rester président jusqu’en 2012 au lieu du 22 décembre 2009.

Malgré les vives contestations de la communauté internationale et le boycott de l’opposition, Mamadou Tandja récidive avec des législatives le 20 octobre 2009. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) suspend Niamey de toutes ses institutions, l’Union européenne (Ue) ferme le robinet financier de même que les USA.

Pour désamorcer la crise, la Cédéao initie des discussions internigériennes. Mais, elles se transforment très vite en un véritable dialogue de sourds et se bloquent. Le pouvoir n’entend pas faire de concessions sur la remise en cause des fondements de la VIe République. Or, ce point constitue la principale revendication de l’opposition.

C’est dans cette ambiance morose ponctuée de manifestations pro et contre Tandja et une pauvreté ambiante que le putsch du jeudi est intervenu à la surprise générale. Selon des témoins contactés par AfriSCOOP, les tirs ont commencé en milieu d’après-midi au sein du palais présidentiel où, le gouvernement et Mamadou Tandja étaient en «  réunion importante du conseil des ministres ».

« Il y a une tentative de coup d’Etat. Tout ce que je peux dire, c’est que a priori n’est pas dans une bonne position », a affirmé laconiquement à Paris une source proche de l’Elysée. « Les bérets verts de la garde présidentielle ont attaqué le bureau du président à l’arme lourde. Ils l’ont arrêté et conduit vers une destination inconnue », avouera un peu plus tard, à AfriSCOOP, un militaire nigérien sous couvert de l’anonymat.

Une information confirmée dans la soirée par une déclaration lue sur les ondes de la radio nationale par le colonel Goukoye Abdul Karimou, porte-parole des putschistes. « Nous avons décidé de mettre fin à la situation politique tendue que vous connaissez déjà... Le Conseil suprême pour le rétablissement de la démocratie (Csrd) a pris ce jour, le pouvoir… La constitution est suspendue et toutes les institutions de la Républiques sont dissoutes. Un couvre-feu est instauré de 18 heures à 6 heures GMT », révèle le texte.

La page Tandja est certainement en train d’être tournée au Niger. Il est effectivement arrêté et conduit dans la garnison de Tondibia située à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Ses ministres sont, quant à eux, retenus dans les locaux du Conseil supérieur de la communication, près du palais présidentiel.

Reste maintenant la réaction de la communauté internationale à qui les militaires font déjà les yeux doux. « Nous demandons à la communauté internationale et aux partenaires à nous aider pour restaurer rapidement la démocratie au Niger », invitent les putschistes.

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