23/02/2010 15:41:48
1500 milliards pour importer les denrées alimentaires
Mutations
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C'est ce qui a été dépensé entre 2004 et 2009 pour mettre sur le marché local 6 millions de tonnes de produits d'origine étrangère.

Dans la perspective de l'organisation du prochain comice agropastoral d'Ebolowa, l'Acdic [Association pour la Défense des Intérêts collectifs] a réalisé une étude sur les importations de denrées alimentaires au Cameroun, durant les six dernières années.

L'étude qui couvre la période 2004-2009 indique que leur présence sur les marchés est "une menace pour les agriculteurs locaux, et constitue à la fois un déshonneur, une trahison, une honte et une méconnaissance des valeurs agricoles du pays, et de l'esprit des comices". Dans un premier temps, le rapport qui tire ses sources de la direction des Douanes et du Port autonome de Douala analyse le cumul des importations des dentées alimentaires dont les chiffres sont passés de 850 000 tonnes en 2004, à 6 millions de tonnes en 2009.

Dans le détail, l'on s'aperçoit que les importations de blé, de pâtes alimentaires, de poisson, d'huiles raffinées, de lait, d'oignons et de maïs ont explosé, atteignant des chiffres qui se multiplient par 100, voire plus, sur la période concernée par l'enquête. C'est ainsi que les importations de maïs sont passées de 2000 tonnes à 46.500 tonnes ; le blé de 280.000 tonnes à 1,9 million de tonnes ; les huiles végétales de 41.000 tonnes à 263.000 tonnes ; le poisson de 112.225 tonnes à 730.000 tonnes. Si la progression des importations de certains produits alimentaires est préoccupante, d'autres denrées comme le riz, explosent la balance.

De 330.000 tonnes en 2004, elles ont été portées à 480.000 tonnes 2009, soit 2,8 millions de tonnes cumulées en six ans. Pour l'importation massive de ces denrées alimentaires, souligne le rapport sus mentionné, les opérateurs économiques ont engagé d'importantes ressources financières au cours de cette période, et dont le montant est passé de 167 milliards de Fcfa en 2004 à 1500 milliards de Fcfa en 2009.

Emplois

Sur les neuf produits étudiés, il ressort que 119 milliards de Fcfa ont été investis dans l'importation du riz en 2009 contre 49 milliards de Fcfa en 2004. Le maïs a vu son chiffre galopé de 354 millions à 3,870 milliards de Fcfa. Les huiles végétales sont passées de 15 milliards de Fcfa à 27 milliards de Fcfa sur la même période, les oignons de 272 millions de Fcfa à 690 millions de Fcfa, tandis que le lait a effectué un bond de 2,8 milliards de Fcfa à 56 milliards de Fcfa. Si la plupart des importations de denrées affichent des chiffres affolants, il n'en est pas de même pour ce qui concerne les viandes et les volailles. Parties de 16 milliards de Fcfa en 2004, les importations de ces produits ont fortement chuté en 2009, au point de tomber à 310 millions de Fcfa.

A cause notamment de l'interdiction d'importer les poulets congelés à laquelle les pouvoirs publics ont été contraints depuis fin 2005, suite à une campagne de plaidoyer menée par la société civile camerounaise sur l'effondrement de la filière avicole locale. Pour l'Acdic, tous ces aliments sont produits localement, et constituent des sources de création d'emplois.

Pour le comice à venir, par exemple, l'étude indique qu'il est nécessaire de produire 6.000 tonnes de denrées, soit 1200 tonnes de riz, 150 tonnes de lait, 120 tonnes de poulets, 250 tonnes de maïs, 600 tonnes de maïs, et 2.000 tonnes de légumes diverses. Avec un investissement de 3,5 milliards de Fcfa seulement dans ces différentes filières, soutient l'étude, 5.000 emplois directs pourront être créés.

Pierre CÚlestin Atangana

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