02/03/2010 08:26:27
Le coup de force au Niger peut-il servir de lešon au Président Paul Biya pour 2011?
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Le jeudi 18 Février 2010, les Nigériens, les Africains et la communauté internationale ont suivi le coup de force ayant eu lieu au Niger marquant ainsi un terme à l’arrogance du Président Mamadou Tandja.

La population a accueillie cette nouvelle comme un ouf de soulagement, comme une amorce de sortie de crise dans laquelle est plongée le Niger depuis que Mamadou Tandja en changeant la constitution en 2009 s’est doté la possibilité de se présenter autant de fois que bon lui semblait aux élections présidentielles. Evidement, cette situation avait été condamnée par la population, l’opposition, la communauté internationale qui a poussé le bouchon jusqu'à l’isolement du Niger plongeant ainsi le Pays déjà très pauvre dans un marasme sans précédent. Le Président Tandja plutôt que d’écouter son peuple, la communauté internationale, de respecter la légalité constitutionnelle en organisant sans se représenter des élections libres et transparentes a plutôt choisi d’accorder des prébendes astronomiques aux généraux délaissant les soldats et les laissés pour compte pour se maintenir au pouvoir. Pourtant contrairement à son prédécesseur le colonel Ibrahim Baré Maïnassara qui était arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’état et qui mourut au pouvoir suite à un putsch militaire, le Président Tandja était arrivé à la présidence à la suite des élections régulières. Il a eu l’occasion de marquer positivement son nom dans l’histoire du Niger après ses deux mandats constitutionnels, mais malheureusement que non! Il s’est plutôt laissé emporter par son orgueil personnel, le pouvoir, la perfidie... Même si sa vie et celle de ses Ministres sont hors danger, il reste que jusqu'à ce jour personne ne sait le sort qui lui sera réservé. De nombreuses langues notamment les opposants Nigériens demandent déjà qu’il soit jugé pour haute trahison. N’aurait-il pas pu éviter le cirque actuel...

Le peuple du Niger, l’Afrique et toutes les âmes sensibles attendent que la junte qui affirme être arrivé au pouvoir pour restaurer la démocratie comme le précise sa dénomination CSRD (Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie), précise son calendrier électoral, organise les élections et se retire du pouvoir à très brève échéance. Même s’il est vrai que l’exemple récent de la Guinée avec le capitaine Moussa Dadis Camara fait frissonner de nombreuses personnes, il reste que le Niger a dans son passé, notamment en 1999 un bon exemple avec la junte militaire. Le premier ministre Mahamadou Danda nommé par le Président par intérim chef de la junte Salou Djibo est un civil qui avait servi comme ministre de l'Information dans le gouvernement de transition qui avait suivi le coup d'Etat de 1999 et débouché sur des élections libres; ce qui peut laisser croire à la bonne intention de la junte. Il faut tout de même rester vigilent, pour éviter que….

Le cas Tandja peut-il servir de leçon au Président Paul Biya?

Au Cameroun, la situation n’est guère reluisante. En Janvier 1996 la constitution du 02 Juin 1972 avait été modifiée un an avant les élections Présidentielles du 12 Octobre 1997 ramenant le mandat présidentiel à 07 ans renouvelable une fois. Cette situation avait entraîné le boycott de ces élections par les principaux partis de l’opposition de cette époque notamment le SDF, l’UDC…, et avait connu une victoire massive du Président Paul Biya. Deux mois après les événements de la faim de Février 2008 qui ont connu la mort d’au moins 40 personnes, la constitution avait été modifiée et donne désormais le droit au Président de se représenter autant de fois comme bon lui semble et lui confère une immunité après son mandat. Cette modification a été condamnée par les partis politiques de l’opposition, la société civile, les USA, l’Union Européenne, bref la communauté internationale. Malgré l’accalmie observée au Cameroun, le pays vit dans une situation d’explosion latente. Que se passerait-il par exemple en cas de vacance prolongée du Président de la République puisque le Président du Sénat prévu par la constitution actuelle n’existe pas. Le cas du Président Tandja peut-il servir d’exemple au Cameroun! Toute oeuvre humaine étant par ailleurs une construction permanente, le peuple Camerounais pardonnerait au Président Biya et lui accorderait du respect si en 2011 il se retirait et organisait les élections libres et transparentes. Ne serait-ce pas le bon moment de prendre sa retraite après 29 ans de service à la tête de la magistrature suprême! S’il s’entête comme le Président Tandja, ce sera à lui d’en tirer les conséquences car nul ne peut prédire ce qui pourrait arriver au Cameroun…

 

Adrien Djomo

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