04/03/2010 03:50:21
Togo : L'opposition se mobilise quelques heures du scrutin
La principale coalition de l’opposition a démontré sa force de mobilisation électorale, le soir du 2 mars à Lomé, deux jours avant le scrutin présidentiel, en réunissant plus de 15.000 personnes en appelant à la non violence, à la vigilance pour défendre leur vote et en chantant "43 ans (de pouvoir du RPT), ça suffit".
Gaboneco
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Dans le stade municipal de la capitale, quasiment plein, une foule de 15.000 personnes en délire a salué aux cris de "Obama, Obama" le candidat de l’Union des forces du changement (UFC), Jean-Pierre Fabre. Le candidat se tenait main dans la main avec le président du parti, Gilchrist Olympio. Etait également présent le candidat écarté par la Cour constitutionnelle, Kofi Yamgnane. L’opposition n’avait pas tenu de rassemblement de cette ampleur au cours des précédentes campagnes de 2005 (présidentielle) et 2007 (législatives).

Jean-Pierre Fabre a présenté l’établissement de « l’Etat de droit » et le « redressement de l’économie nationale » comme ses priorités, en accusant les régimes du général Gnassingbé Eyadéma (1967-2005) puis de son fils Faure Gnassingbé (2005-2010) d’avoir « mal géré et détourné » les ressources du pays. « 50 ans après l’indépendance, il n’y a pas d’eau potable dans certains quartiers de la capitale. Ce gaspillage-là, c’est terminé », a-t-il lancé, en langue mina (du sud). « Nous allons réunir 92% des voix à Lomé », fief traditionnel de l’opposition, a avancé Jean-Pierre Fabre, en ajoutant « je ne sais pas par quelle magie, ils (le parti au pouvoir) vont gagner, j’attends de voir », évoquant ainsi la possibilité de fraudes électorales.

De son côté, le président sortant Faure Gnassingbé et le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir depuis 40 ans) ont réuni une importante foule au cours d’un grand meeting dans l’après-midi sur l’esplanade du palais des congrès de Kara (420 km de Lomé), selon les médias locaux. Le président sortant a de nouveau adressé un appel solennel au peuple togolais, pour qu’aucune violence ne suive l’annonce des résultats, comme en avril 2005, quand son élection contestée avait été suivie d’un bain de sang (400 à 500 morts selon l’ONU). « Nous savons tous qu’il n’y aura qu’un seul vainqueur, quoi qu’on fasse (...). Nous devons nous préparer à respecter le choix du peuple (...), ne pas contester ce qu’il dit par des actes de violences, des revendications stériles et en fait inutiles », a-t-il dit, dans une déclaration diffusée par la télévision LCF.

Ils sont un peu plus de trois millions d’électeurs appelés aux urnes le 4 mars pour élire le futur président du Togo pour cinq années. A peu près 6 000 bureaux de vote sont disséminés sur toute l’étendue du territoire. Sept candidats sont en lice, dont le président sortant Faure Gnassingbé. Les électeurs auront à faire leur choix sur un bulletin unique.

Près de 3 000 observateurs nationaux, 180 observateurs de l’Union européenne, 40 de l’Union africaine et une quinzaine de l’Organisation internationale de la Francophonie seront présents durant l'organisation du scrutin. Il faut aussi y ajouter 250 observateurs venus des quinze pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

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