10/03/2010 13:31:02
Planification : Cameroun, Etat émergent en 2035 ?
Mutations
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Le Minepat a entamé hier à Douala et à Maroua, une série de séminaires dits de présentation et d'appropriation du Dsce dans les régions.

Les représentants de l'administration publique, jusqu'à ses plus petits démembrements ; ceux des collectivités territoriales décentralisées, les opérateurs du secteur privé et les acteurs de la société civile, se sont amassés hier, mardi 9 mars 2010, dans une étroite salle de conférence de l'hôtel Sawa de Douala.

Ils répondaient ainsi en grand nombre à l'invitation du ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Minepat), qui, jusqu'au 19 mars prochain, a entrepris d'organiser des rencontres explicatives dans les dix régions du pays, au sujet du fameux Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (Dsce) si cher au gouvernement camerounais. Pour l'étape inaugurale de la région du Littoral, c'est le secrétaire général du Minepat, Roger Mbassa Ndine, qui s'est chargé d'entretenir les personnalités invitées, sur les grandes articulations de ce Dsce et la vision de développement du Cameroun à l'horizon 2035.

"Le Document de stratégie pour la croissance et l'emploi est une stratégie cohérente et intégrée, qui s'articule, comme son nom l'indique, sur l'amélioration de la croissance, la création d'emplois décents et l'amélioration de la gouvernance et de la gestion stratégique de l'Etat. Il vise globalement l'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre de Camerounais.

Il est ainsi le cadre de référence pour l'action gouvernementale pour la période 2010 - 2020", indique Roger Mbassa Ndine. Dans le Dsce, apprend-on, il est donc principalement question de s'employer dans la perspective du développement global du Cameroun. Ainsi, pour les dix prochaines années (horizon 2020), la mise en œuvre de ce document pourrait déboucher, espère-t-on au Minepat, sur le relèvement de la croissance annuelle du pays à 5,5 % en moyenne ; le rabaissement du sous-emploi de 76 % à moins de 50 % ; la création de quelque 495.000 à 700.000 emplois par an ; la réduction du taux de pauvreté monétaire de 40 % (2007) à moins de 28 % en 2020...

Préalables

Un énorme chantier, en somme, qui nécessitera l'implication de tous les maillons de la chaîne économique et sociale. D'où l'initiative du Minepat, qui espère en effet renforcer le processus participatif ; c'est-à-dire "faire participer le maximum d'acteurs à la mise en œuvre, au suivi et à l'évaluation des politiques de développement du gouvernement…", comme le précise le Sg du Minepat. Sur le plan pratique, le gouvernement camerounais, à travers le Dsce, voudrait mettre un accent particulier sur "le développement des infrastructures, la modernisation de l'appareil de production, le développement des capacités humaines, le renforcement de l'intégration régionale et l'appui au financement de l'économie".

La panoplie de projets structurants annoncés ça et là, tel qu'indiqué dans le discours de Paul Biya le 31 décembre 2009, sont là pour le confirmer. Ils concernent notamment les secteurs de l'énergie, les bâtiments et travaux publics, les transports, les technologies de l'information et de la communication, le développement urbain et l'habitat, etc. Toutefois, les participants au premier séminaire du Minepat semblent unanimes sur un fait : pour que tous ces projets soient effectivement mis en musique, il serait primordial que le climat des affaires soit davantage assaini, et que la lutte contre la corruption engagée depuis peu soit pérenne et plus objective ; et, surtout, qu'elle cesse d'apparaître comme un théâtre où se règlent des comptes politiques.

Eugène Dipanda

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