11/03/2010 15:25:42
Strategie économique du RDPC : le bluff permanent
le SDF constate qu’en lieu et place du séminaire annoncé, on a eu droit à un véritable meeting électoral pour le gouvernement RDPC
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Hier mardi 9 mars 2010, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, M. Louis Paul Motazé a démarré à Douala une série de séminaires qu’il compte organiser dans tous les chefs lieux de région et de département pour officiellement amener les populations à s’approprier le programme économique du RDPC pour les trente prochaines années, qu’il qualifie de « boussole de la politique économique du Cameroun ».

SUR LA FORME

Au sortir de cette réunion, le SDF constate qu’en lieu et place du séminaire annoncé, on a eu droit à un véritable meeting électoral pour le gouvernement RDPC.

Par exemple, les médias publics y sont allés de leur ramdam habituel pendant plus d’une semaine pour faire sa publicité. Ensuite, y étaient conviées toutes les forces vives de la société, jusqu’aux chefs de quartier, alors qu’un séminaire qui a des ambitions essentiellement pédagogiques, s’adresse généralement à des spécialistes ou à un groupe cible.

Quant aux propos tenus par les officiels au cours de ce séminaire, ils avaient plus des tonalités de propagande électorale que d’explication d’un plan de développement méthodiquement conçu dans le but d’être transformé en réalisations concrètes. C’est ainsi qu’on a ressorti des tiroirs le mêmes rengaines sur certaines promesse mirifiques des grandes ambitions présidentielles comme le deuxième pont sur le Wouri ou l’autoroute Douala-Yaoundé, véritables serpents de mer depuis une dizaine d’années.

Enfin la fameuse vision à long terme pour le développement du Cameroun telle que présentée nage dans un véritable mélange de genre, mi programme de gouvernement, mi plan de développement. Il peut difficilement répondre du plan de développement peint par certains interlocuteurs, car n’ayant pas été soumis au parlement pour adoption, il ne peut prétendre engager le peuple tout entier.

Finalement, il n’est en réalité que le programme économique du gouvernement du RDPC. Or à ce titre, on ne voit pas comment un parti qui en vingt huit ans a ramené le Cameroun de pays à revenu intermédiaire à pays pauvre très endetté, peut subitement comme par miracle le transformer par le biais d’un catalogue de bonnes intentions, de pays pauvre en pays émergent.

La mission du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du Territoire ne peut par conséquent trouver sa justification que dans la stratégie de campagne électorale engagée par le parti au pouvoir depuis des mois, pour des élections dont on ignore encore la nature.

SUR LE FOND

Le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) qui condense cette vision gouvernementale, reprend en gros les objectifs du millénaires que son prédécesseur, le document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) conçu par les mêmes personnes et suivant les mêmes méthodes, n’a pas réussi en sept ans d’existence à porter ne serait-ce qu’à un début d’exécution. Pour cause, tous les deux sont le fruit  des triturations intellectuelles de quelques politiciens et fonctionnaires tapis dans leurs bureaux de Yaoundé, sans aucune consultation véritable de la société civile et encore moins des populations, dans le seul but de tromper la vigilance des bailleurs de fonds internationaux de en plus exigeants sur la notion de bonne gouvernance.

Sauf si par miracle le régime ne change de nature, le DSCE est par conséquent promis au même échec que le DSRP.

 Enfin, l’ensemble des projets annoncés comme devant être réalisés en 2010 ou à court terme (barrages hydroélectriques de Lom Pangar et de Memve’élé, port en eau profonde de Kribi, centrale hydroélectrique de Nachtigal, centrale à gaz naturel de Kribi, mini centrale de Mékin sur le Dja, autoroute Douala-Yaoundé, deuxième pont sur le Wouri etc.) demandent une mobilisation de fonds d’au moins 2000 milliards de Francs, d’autant plus que la seule autoroute Douala-Yaoundé au coût moyen d’environ quatre milliards de Frs CFA pour un kilomètre, demande à elle seule au plus bas mot 1500 milliards.

Dans l’état actuel des choses (crise financière internationale, corruption, mal gouvernance, climat des affaires délétère etc.), on ne voit pas par quel miracle le régime RDPC pourra être dans ses grandes ambitions.

Le SDF condamne par conséquent cette stratégie du bluff perpétuel pour endormir le peuple qu’affectionne le régime RDPC pendant qu’à travers le MINATD et une ELECAM fondamentalement rdpécisée, il peaufine les stratégies de son coup d’Eta électoral permanent.

Fait à Bamenda, le mercredi 10 mars 2010

Hon. E. FOPOUSSI FOTSO

Responsable INFORMATION ET MEDIA

SHADOW CABINET SDF

Hon. E. FOPOUSSI FOTSO

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