15/03/2010 12:14:48
Soutien Hati Imbroglio
Les promesses non tenues du Cameroun
Le Messager
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Le département d’Etat américain a récemment convié l’ensemble des pays qui ont apporté une aide à Haïti aux lendemains du séisme qui a fait 222 000 morts dans le premier Etat noir indépendant, l’évaluation du soutien multiforme apporté à cet Etat sinistré. De nombreux pays ont été invités comme il apparaît clairement sur le site web du département d’Etat américain. Parmi ceux-là, une dizaine pays africains et pas le Cameroun. Pourtant le gouvernement de la République via le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary annonçait, le 27 janvier dernier, une aide d’un million de dollars Us (environ 500 millions Fcfa) et un contingent de la police pour soutenir les forces de la paix des Nations unies, sur place. Rendu au 14 mars 2010, aucune trace de l’aide du Cameroun à Haïti n’est visible ni sur le site Internet des Nations Unies, ni sur celui de l’Union africaine ou même du département d’Etat américain. Ces entités ayant toutes dressé des répertoires des gouvernements qui ont « fait un geste ».

L’aide du Cameroun a-t-elle pris un autre canal pour parvenir à Haïti ? Le ministre Tchiroma lui-même, joint au téléphone samedi dernier, promettait de s’en remettre au ministre des Finances ce lundi même à la réouverture des services publics. Au cours d’une relance téléphonique hier, celui qui avait convié la presse pour faire l’annonce de cette aide est incapable d’être affirmatif sur l’envoi des fonds à Haïti. « Je puis vous garantir que les instructions ont été données au ministre des Finances pour virer les fonds aux services compétents de l’ONU », conclut –il avant de se soustraire à la conversation. Preuve peut-être que le gouvernement n’est pas spécialement impliqué dans l’organisation mise en place. Pourtant c’est le même son de cloche au cabinet civil de la présidence de la République. Joint également au téléphone, le directeur adjoint, Joseph Le, est incapable à son tour de dire si le soutien du Cameroun annoncé depuis deux mois a été envoyé. « Referez-vous au ministre des Relations extérieures qui s’occupe de ce type de question », élude-t-il.

Les pays africains donateurs


C’est quasiment la même rengaine qui est servie comme réponse à la question de savoir si un contingent de policiers à été mis en mission pour renforcer les forces des Nations unies comme promis. « Vous savez que des équipes camerounaises de maintien de l’ordre se succèdent auprès des forces de l’ONU. Maintenant si vous voulez savoir si des policiers ont quitté le Cameroun entre le 27 janvier et ce jour (Ndlr, hier dimanche14 mars 2010), je vous conseille de vous rapprocher du délégué général à la Sureté nationale ». Les ministres des Finances, des Relations extérieures et le délégué général à la Sûreté nationale quant à eux restent inaccessibles. Leurs téléphones étant aux abonnés absents. Mais une chose est certaine : si une aide a été débloquée, ni Issa Tchiroma, ni Joseph Le ne sont au courant.

Devant cette incapacité de certains membres du gouvernement à apporter une réponse claire malgré plusieurs relances, on est fondé de croire aux informations publiées sur le site des Nations unies en sa version française : www. un.org/fr. L’organisation met en ligne, la liste de tous les donateurs enregistrés dans le centre d’aide d’urgence par pays, organisations, personnalités jusqu’aux inconnus. Les seuls pays africains qui y figurent sont entre autres, le Ghana, le Gabon, le Nigéria, l’Afrique du Sud, la République du Congo, le Sénégal et la Gambie. Comme ce site, plusieurs autres présentent les pays africains qui ont apporté leur contribution à Haïti. On peut citer, l’Afrique du Sud : troupes humanitaires, quatre millions de dollars ; Gabon : un million de dollars ; Sénégal : un million de dollars ; Namibie : un million de dollars; Sierra Leone : cent mille dollars ; Guinée Equatoriale : trois millions de dollars, etc.

Un rattrapage possible

Le Cameroun n’a que 15 jours pour se rattraper et clarifier la situation de son aide aux yeux de l’opinion internationale et participer à la conférence internationale des pays donateurs pour Haïti du 31 mars prochain à New york, annoncée par le département d’Etat américain dans un communiqué rendu public jeudi dernier 11 mars 2010. Il s’agira pour le pays de l’oncle Sam « en coopération avec le gouvernement d’Haïti et avec le soutien du Brésil, du Canada, de l’Union européenne, de la France et de l’Espagne, d’organiser une rencontre ministérielle des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti ». La réunion doit « mobiliser le soutien aux besoins de développement d’Haïti, en vue de commencer à poser les fondations du rétablissement d’Haïti à long terme », précise le communiqué. Les grands pays qui sont intervenus en Haïti après le séisme du 12 janvier avaient, très vite, posé le principe de cette conférence et annoncé qu’elle se tiendrait en mars. Une première réunion internationale s’est tenue le 25 janvier à Montréal au Canada. En attendant une réaction officielle du gouvernement camerounais, on peut méditer avec les propos du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon qui précisait samedi matin « être déçu par les promesses non tenues qui représentent 50% des fonds récoltés ». Cela laisse croire que beaucoup d’autres pays n’ont pas assuré. Maigre consolation pour le Cameroun...

Rodrigue N. TONGUE

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