16/03/2010 17:41:15
L'Etat abandonne des étudiants camerounais en Chine
Le Messager
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Plusieurs correspondances incendiaires contenant les complaintes de la communauté des étudiants camerounais en Chine tombent sur la table du ministre de l’Enseignement supérieur (MINSUP). Dans ces courriers, les étudiants attirent l’attention de leur interlocuteur sur la précarité dans laquelle ils vivent. Ces étudiants dénoncent notamment, le non paiement depuis vingt mois de la quote part (80 000 Fcfa par mois) qui doit leur être reversée par le Cameroun. Deux parents d’étudiants en Chine qui sollicitent en vain une audience chez le MINESUP, Jacques Fame Ndongo, confient que leurs enfants sont au bord de la misère en Chine. « Quand nous appelons nos enfants, ils nous disent que cela va faire deux ans qu’ils n’ont pas reçu le moindre sou de l’ambassade du Cameroun en Chine. Nous sommes venus ici pour implorer la sollicitude du gouvernement », affirme l’un des deux. L’autre, qui acquiesce par des hochements de la tête, ajoute que sa « fille qui est partie en octobre dernier à Pékin pour recevoir une formation d’interprète n’a pas encore perçu le moindre copeck de tout ce qui lui avait été promis ».

Des déclarations que corrobore un appel de détresse lancé via Internet, d’un groupe d’étudiants camerounais à Pékin. Ces compatriotes s’insurgent contre une « situation alarmante qui a commencé il y a plus de cinq ans et continue de prendre de l’ampleur ». Ils stigmatisent un mode de paiement « supposé être mensuel, qui est devenu au fil du temps trimestriel, semestriel, annuel et maintenant très lointain ».

A l’ambassade de Chine au Cameroun, le responsable culturel, joint par téléphone, se montre surpris par cet état de choses. « C’est incroyable ! » s’exclame-t-il. Sur ces entrefaites, il demande à avoir la liste de tous les étudiants victimes de ce non paiement avant de promettre de se référer à sa hiérarchie. Pour lui, la Chine paie régulièrement ce qu’elle a promis aux boursiers Camerounais qui sont sur son territoire. Le témoignage fait par ces derniers le confirme. « La partie chinoise n’a, en aucun cas, failli à son engagement », précisent-ils dans leur appel à détresse.

Le MINFI pointé du doigt

Aucun responsable du MINESUP ne nie « les galères » des étudiants camerounais en Chine. Pour la majorité, ils se contentent de dire qu’il s’agit de 15 mois d’arriérés de paiement et non de 20 comme signalés par les concernés. Des sources proches du dossier au MINESUP indiquent que ce retard a déjà été noté. Les multiples relances du ministère de l’Enseignement supérieur n’ont pas permis que la délégation de crédit s’opère entre le trésor public et l’ambassade du Cameroun à Pékin. Les mêmes sources ajoutent que l’argent dû aux étudiants boursiers est inscrit au budget du ministère. Aussi, un dossier est-il monté par les services compétents du MINESUP et transféré au ministère des Finances (MINFI) et précisément, à la Direction générale du Budget (DGB). « Il se trouve tout simplement qu’au nom des priorités budgétaires, les fonds ne soient pas débloqués pour la question de la bourse des étudiants en Chine » se défend-elle. Ainsi peut-on apprendre des sources autorisées, que durant toute l’année 2009 et même le premier trimestre de 2010, le Cameroun n’a pas rempli sa part du contrat de sa coopération avec la Chine qui vise l’encadrement d’étudiants Camerounais en Chine par une bourse que prennent en charge les deux pays.

Environ 500 jeunes camerounais auraient déjà bénéficié de cette opération mise sur pieds depuis une dizaine d’années. On dénombre présentement, près de 140 bousiers qui reçoivent dans ce cadre, des formations diverses. Elles vont des plus classiques au moins ordinaires comme le football et la danse.

Rodrigue N. TONGUE

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