22/03/2010 01:23:18
USA : vote historique sur la réforme de la santé
La Chambre des représentants se prononce aujourd'hui sur la réforme du système de santé, chère au président Barack Obama.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters
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La présidente de la Chambre des représentantes, la démocrate Nancy Pelosi, en route vers le Congrès pour le vote sur la réforme.

 

La Chambre des représentants se prononce aujourd'hui sur la réforme du système de santé, chère au président Barack Obama.

Elle permettra à 32 millions d'Américains, actuellement sans couverture médicale, de se doter d'une assurance maladie.

Le vote s'annonce très serré, mais le ralliement en journée d'une dizaine de démocrates farouchement antiavortement au projet du président pourrait bien faire pencher la balance en sa faveur.

Tandis que les débats battent leur plein en chambre, le démocrate Bart Stupak a annoncé à la presse avoir obtenu la promesse de Barack Obama que jamais le fédéral, pas plus maintenant que dans le futur, ne financerait l'avortement. Le président américain aurait accepté de signer un décret en ce sens, en vue de se rallier ces démocrates.

La réforme proposée par le président ne contient aucune proposition de financer l'avortement, mais ces élus craignaient qu'elle puisse le permette par des voies détournées.

Une politique fédérale en vigueur interdit déjà toute aide américaine à l'avortement, à l'exception des cas de viol, d'inceste ou de grossesse posant un danger pour la vie de la future mère.

Ces démocrates ont par la suite fait l'éloge de la réforme, notamment en terme d'accès aux soins pour les femmes enceintes et les enfants. Leur appui pourrait être suffisant pour offrir au président les 216 voix nécessaires au passage de sa réforme, le plus important dossier de sa présidence.

« Nous sommes bien au-delà de 216 » s'est d'ailleurs exclamé Bart Stupak, au moment de son ralliement.

Le président, qui fait face à l'opposition unanime des républicains, doit trouver les appuis nécessaires au sein de son propre caucus de 253 élus.

Des opposants à la réforme de la santé manifestent devant le  Congrès.

Photo: AFP/Astrid Riecken

Des opposants à la réforme de la santé manifestent devant le Congrès.

Les républicains s'opposent vivement à la réforme de M. Obama, qui représente selon eux une mainmise du gouvernement sur le système de la santé. Ils craignent qu'elle fasse gonfler le déficit public et qu'elle entraîne des hausses d'impôts pour les contribuables.

Des élus républicains ont par ailleurs répliqué au revirement des démocrates antiavortement en soutenant qu'ils ouvraient la voie, malgré la promesse présidentielle, au financement fédéral de l'avortement. Ils les appellent à revenir sur leur décision.

Le débat a débuté vers 13 h, suivi de votes de procédure sans incidence et d'un autre fixant les modalités du débat. Ce dernier vote constituait un test important du ralliement autour de ce projet. Il a été remporté par 224 voix contre 206.

Deux votes principaux auront lieu ce soir. Un sur le texte adopté par le Sénat le 24 décembre dernier. Celui-ci devra ensuite être entériné par le président. Un autre vote se fera sur une série de modifications au projet. Ce texte devra être adopté par le Sénat.

La Maison-Blanche a annoncé que Barack Obama s'exprimerait dans la soirée, à une heure qui demeure à être déterminée.

Ultime effort

Le président Obama a prononcé un dernier discours au Capitole, samedi, dans l'espoir de convaincre les démocrates encore indécis. « Je sais que c'est un vote difficile », a-t-il concédé, se disant toutefois convaincu qu'il agit « de la chose intelligente à faire politiquement ».

« Ne le faites pas pour moi, ne le faites pas pour le parti démocrate. Faites-le pour les Américains », a-t-il ajouté.

M. Obama a reporté ses voyages en Indonésie et en Australie pour déployer les derniers efforts nécessaires à l'adoption du projet.

« Dans seulement quelques jours, une lutte d'un siècle trouvera son aboutissement dans un vote historique », avait-il déclaré vendredi lors d'une réunion publique devant des milliers de personnes à l'Université George Mason de Fairfax, en Virginie.

Jusqu'ici, seul le président Lyndon Johnson avait réussi à obtenir des avancées significatives en matière de sécurité sociale, par la promulgation en 1965 d'une loi offrant une couverture de santé aux personnes âgées ou à bas revenus.

Appui de taille

Le président américain a obtenu un avis plutôt favorable du Congressional Budget Office (CBO, organe non partisan) qui a estimé que la réforme étendrait la couverture santé des Américains pour un coût global de 940 milliards de dollars sur dix ans, mais réduirait le déficit budgétaire de 138 milliards de dollars sur la même période.

Barack Obama a estimé que le projet, auquel s'opposent farouchement les républicains, représentait « le plus sérieux effort de réduction des déficits depuis le Balanced Budget Act » de 1993. Il espère qu'il rassurera les démocrates encore hésitants.

Les objectifs de la réforme

La réforme telle qu'elle est envisagée étendrait l'assurance maladie à 32 millions d'Américains qui en sont actuellement dépourvus, estime le CBO. Elle interdirait aux compagnies d'assurance de refuser de prendre en charge un client qui ne répondrait pas à des critères médicaux préétablis.

Le plan impose à tous les Américains de se doter d'une couverture médicale, mais prévoit de l'aide pour les foyers à revenu modeste et étend également la portée de Medicaid, le programme fédéral d'assurance maladie pour les Américains les plus pauvres. Dans les faits, le plan ferait en sorte que 95 % de la population serait désormais assurée.

 

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