23/03/2010 15:22:39
Comment le Rdpc instrumentalise les élites administratives
Ministres de la République, directeurs généraux de sociétés d’Etat, fonctionnaires et agents de l’Etat sont contraints de rouler pour le parti au pouvoir.
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Ministres de la République, directeurs généraux de sociétés d’Etat, fonctionnaires et agents de l’Etat sont contraints de rouler pour le parti au pouvoir pour ne pas subir les foudres u président national du Rdpc qui trône à la tête de l’Etat. La confusion entretenue entre le parti et l’Etat depuis l’époque du parti unique n’a pas cessé avec la naissance du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) le 24 mars 1985 à Bamenda. Au contraire, le fait que le président de la République ait conservé son poste de président national du Rdpc a renforcé, dans l’ère du pluralisme politique, de vielles pratiques : un militantisme de suivisme, d‘opportunisme, de fourberie, d’hypocrisie, de contraintes, d’intimidations et de pressions auxquels sont assujettis les hauts commis de l’Etat, les fonctionnaires et agents de l’Etat.

Des cadres sous contrôle


Tout ce beau monde est appelé à soutenir généralement sans convictions le président national du Rdpc. Ceci pour préserver pour certains leurs strapontins ministériels, leurs postes de patrons de sociétés d’Etat ou de sociétés parapubliques, pour d’autres leur carrière de fonctionnaire ou d’agent de l’Etat. Tous ces ministres de la république, hauts fonctionnaires, cadres de l’administration publique et autres fonctionnaires sont, pour la plupart, contraints non seulement d’adhérer au parti au pouvoir, mais surtout de participer financièrement et physiquement aux activités organisées par le Rdpc.

Comme à l’époque du président Ahmadou Ahidjo où la vie politique était caractérisée par un régime de la terreur et une législation d’exception, le parti au pouvoir continue d’utiliser les services de renseignements de l’Etat pour identifier ceux qui sont considérés comme « les ennemis de l’intérieur » ou les fonctionnaires opposants. Afin d’intimider ou de traquer les cadres de l’administration qui refusent de jouer à ce jeu burlesque, qui ne soutiennent pas le Rdpc ou qui ont le courage de s’engager dans les partis de l’opposition. On connaît des cadres et hauts fonctionnaires qui ont été, soit contraints de démissionner de leurs fonctions et même de quitter la fonction publique, soit victimes d’affections disciplinaires et qui ont vu leurs carrières brisées à cause de leur refus de servir le Rdpc autant qu’ils servent l’Etat.

Certains fonctionnaires n’ont pas eu une belle carrière à cause non seulement de leurs activités syndicales, mais de leurs sympathies pour l’opposition. La stratégie d’instrumentalisation des élites administratives par le Rdpc vise à maintenir les cadres sous contrôle et à constituer un réservoir permanent de cadres administratifs politiquement cooptés, car capables de déployer des moyens humains, matériels et financiers nécessaires à la bonne marche du parti sur l’ensemble du territoire national.

Serviteurs de l’Etat - Rdpc


Lors des meetings qui nécessitent une vaste mobilisation des militants et sympathisants du Rdpc sur le terrain - comme celui qui s’est déroulé samedi dernier à Douala -, les élites administratives de la circonscription et de la région participent en apportant leur contribution financière, matérielle, leur compétence et leur disponibilité en termes de ressources humaines. Avec le soutien des hommes d’affaires, les hauts commis de l’Etat et les cadres de l’administration ont pris l’habitude de « se débrouiller » comme ils peuvent. Ils doivent désormais faire attention pour ne pas se faire prendre dans les filets de « l’opération Epervier » qui rôde autour des champions des détournements des fonds publics et autres fossoyeurs de la république.

Il y a aussi les cotisations que sont obligés de faire les cadres de l’administration à la demande de leur hiérarchie dans les différents départements ministériels. Dans cette perspective, ces cadres de la fonction publique n’hésitent pas à utiliser les biens de l’Etat dont les véhicules administratifs et les personnels de l’administration qui ont fini par confondre le Rdpc avec l’Etat.

Edmond Kamguia K.

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