24/03/2010 12:16:39
Bonne production mais nombreux défis agricoles
Malgré une excellente production en 2009, l’agriculture camerounaise reste confrontée à de nombreux défis.
lesafriques.com
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Une année 2009 fructueuse avec 270 000 tonnes de banane dessert et 2 504 878 tonnes banane plantain.

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Jean Kuété, se réjouit des productions agricoles camerounaises en 2009, singulièrement les cultures d’exportation, dont les résultats ont presque tous doublé. 230 000 tonnes de cacao, 270 000 tonnes de bananes dessert, 2 504 878 tonnes de bananes plantain, 1 661 832 tonnes de maïs, 245 000 tonnes d’huile de palme, 48 443 tonnes d’hévéa, 123 211 tonnes de riz, 43 560 tonnes de café robusta et 12 000 tonnes de café arabica.

Le coton, en revanche, enregistre une baisse de plus de moitié entre 2006 avec 306 000 tonnes, et 2009 avec 115 000 tonnes. La chute s’explique par les économies que les 350 000 cotonculteurs tentent de faire sur leurs coûts de production, pour s’adapter à la faiblesse persistante des cours, causée par les subventions occidentales, notamment en réduisant l’utilisation des engrais, ce qui entraîne la baisse des rendements. Entre 2005 et 2006, le prix d’achat au producteur est tombé de 195 à 175 FCFA.

Les errements des cours mondiaux des cultures d’exportation expliquent aussi la préférence des paysans pour les cultures vivrières, malgré les efforts gouvernementaux pour que l’agriculture reprenne la place qui était la sienne dans l’économie camerounaise. Avant l’exploitation pétrolière, en 1978, l’agriculture était la principale source de croissance. En 2004, elle ne représentait plus que 44% du PIB, tout en continuant à occuper la majorité de la population active (56%), confrontée à la disponibilité des sols, puisque moins de 20% des terres arables sont cultivées.


Déclin pétrolier


Ainsi que FMI le prescrivait, le gouvernement camerounais se doit d’accroître sa capacité de mobilisation des recettes fiscales non pétrolières, pour faire face au déclin continu du secteur pétrolier, qui devrait procurer cette année 407 milliards FCFA (716 millions d’euros) de recettes budgétaires, contre 768 millions d’euros en 2009.

Les incertitudes des cultures d’exportation poussent les paysans camerounais à privilégier les cultures vivrières, qui peuvent aussi faire l’objet d’exportations dans la région, au Nigéria et au Gabon, notamment. « L’exemple camerounais montre même que le vivrier l’emporte quand il rapporte », notent les experts. Néanmoins, le Cameroun est devenu, ces dernières années, un important importateur de produits alimentaires, sensible aux errements des cours des produits alimentaires mondiaux. Les émeutes de la faim en 2008 avaient causé le décès d’au moins 40 personnes.

Le gouvernement l’a compris, en décidant, en 2008, de mettre en œuvre un plan de relance de l’agriculture de 45 millions d’euros, financé notamment par des remises de dettes françaises. Outre la réhabilitation et la construction d’écoles agro-pastorales pour la formation de 15 000 jeunes paysans, pour enrayer le vieillissement de la population agricole, la première phase de trois ans prévoit le financement de projets agricoles, une aide pour faciliter les relations entre les banques et les paysans, un dispositif d’accompagnement des producteurs et la création d’un réseau d’informations sur les résultats économiques et le suivi météorologique. L’agriculture camerounaise souffre toujours des petites superficies (en moyenne 1,5 hectare) et d’une faible productivité. Sur la période 2008-2011, la Banque mondiale estime que son taux de croissance annuel se situerait aux alentours de 4%.

« Nous allons poursuivre en 2010 la modernisation des petites exploitations agricoles, tout en veillant à la promotion de l’agriculture de seconde génération afin de relever le défi de la demande nationale, sous-régionale et internationale, qui va croître. L’accent sera mis sur la culture des aliments et la poursuite du développement des principales cultures d’exportation du Cameroun que sont le café, le cacao, le tabac et l’hévéa », promet le ministre de l’Agriculture.

HG

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