29/03/2010 04:31:50
Un projet minier bouleverse la forÍt de Nkamouna
NKAMOUNA (Cameroun) - La célèbre forêt camerounaise de Nkamouna, à 400 km au sud-est de Yaoundé, perd sa quiétude à mesure que des tranchées et puits de sondages de minerais y sont creusés par une entreprise minière qui compte en extraire cobalt, nickel et manganèse.
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Les réserves de minerais certaines et probables de Nkamouna s'élèvent à 54,7 millions de tonnes, selon Geovic Cameroon (GeoCam), filiale de la société américano-canadienne Geovic mining coorporation (Geovic).

Des investissements de "50 millions de dollars US" sont nécessaires au lancement du projet, selon la compagnie, qui pourrait permettre à la société de devenir le premier producteur mondial de cobalt.

Les retombées de ce projet minier "seront redistribuées aux populations locales" et "vont booster le développement local", promet Dieudonné Massé, sous-préfet de l'arrondissement de Lomié où est situé Nkamouna.

Ce projet "peut être porteur pour les communautés locales si les intérêts (de la compagnie) et de l'administration centrale ne priment pas" mais "il soulève de nombreuses inquiétudes", affirme Valère Djéma, un responsable de l'ASSBAK, l'Association de défense des droits et des intérêts des Bakas (pygmées de l'est du Cameroun).

Les populations riveraines craignent notamment "la dégradation des sols et du sous-sol et de la destruction de la biodiversité" du fait de l'exploitation minière, selon un communiqué du 24 mars signé par les représentants d'une vingtaine de villages et d'une dizaine d'ONG, après une réunion de trois jours sur le sujet.

Elles redoutent aussi une "perturbation généralisée de la structure sociale et des modes de vie traditionnelle", ainsi que "la perte totale et sèche des moyens d'existence des communautés riveraines qui tirent l'essentiel des ressources dans la forêt qui va disparaître".

"Depuis 3 à 4 ans, les villageois ont cessé de se rendre dans la zone minéralisée parce que Geovic y a fait des puits de sondages un peu partout", souligne Diderot Nguepjouo, géologue et responsable du suivi des projets miniers au Centre pour l'environnement et le développement au Cameroun (CED).

A son avis, "les risques sanitaires seront inévitables" dans le cadre de ce projet, les activités minières générant énormément de déchets atmosphériques (poussière, fumée, cendre) qui constituent "un danger pour les yeux, la respiration et même pour l'alimentation".

En outre, la proximité des mines de Geovic ainsi que le développement de permis d'exploitation dans la région représentent un danger pour la réserve de faune du Dja, selon les responsables de cette grande réserve d'Afrique centrale.

La "survie" du parc de Nki, à une soixantaine de km de Nkamouna, est elle aussi menacée du fait de l'exploitation minière, selon son conservateur Dandjouma Mboh.

"Geovic s'engage à promouvoir le développement durable et la responsabilité sociale" dans le cadre de ses projets miniers, assure néanmoins la compagnie sur son site internet.

GeoCam, dont 60% du capital est détenu par Geovic, a signé en 2002 avec le gouvernement camerounais un contrat d'exploitation exclusive pendant 21 ans de sept gisements, dont Nkamouna, répartis sur une superficie de 1.250 km2 dans la région de l'Est.

Initialement prévu en 2010, le démarrage des activités de production de minerais à Nkamouna a été différé à une date non encore fixée, en raison de la crise financière internationale.

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