05/04/2010 14:57:38
UPC: La famille Ntumazah répond Kodock
Les enfants du défunt ont expliqué pourquoi ils ont empêché le Sg du parti de prendre la parole aux obsèques de leur père.
Quotidien Mutations
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Les restes de l'ancien président de l'Union des populations du Cameroun (Upc) ne s'étaient pas encore imprégnés de la saveur de son caveau de Bamenda que déjà l'actualité s'emparait de lui. Mardi dernier à son siège à Yaoundé, le secrétaire général de l'une des factions du parti créé par Ruben Um Nyobé convoquait la presse pour dire son mécontentement de n'avoir pas pu prendre la parole lors des obsèques du samedi précédent.
Obsèques d'ailleurs officielles selon le souhait du président de la République qui y avait délégué un représentant personnel en la personne de Paul Atanga Nji, ministre chargé de missions à la présidence de la République.

On en était là que le lendemain, la famille de Winston Ndeh Ntumazah publiait un communiqué de presse qui avait pour objet les "remerciements et mise au point des enfants Ntumazah" comme le laissait dire son intitulé. Une mise au point qui, tout en remerciant le président Biya, le clergé et tous ceux qui ont concouru au bon déroulement des funérailles du leader politique n'a pas manqué de revenir sur la sortie de la veille et qui apparaît dorénavant comme "les événements de Bamenda". Un communiqué qui allait être lu au cours d'une autre conférence de presse convoquée par l'un de ses membres, Irène Lum Ntumazah vendredi dernier à Yaoundé. C'est au cours de celle-ci que les enfants du défunt ont regretté, en chœur, qu'à peine leur père inhumé, "un individu se soit livré à une jactance médiatique profanatoire pour la mémoire du Disparu".

Partisans
Il ne fallait pas être devin pour imaginer qu'il s'agissait là de M. Kodock comme allait le confirmer les propos qui allaient suivre : "l'insulte n'est pas que ce personnage ait été interdit de parole à Bamenda ; c'est sa présence même à Bamenda telle qu'il l'a souhaitée, qui aurait été une insulte à la dépouille de Winston Ndeh Ntumazah dont il n'a cessé de parasiter la réputation et l'habileté. Son intrusion n'a été tolérée que par notre respect pour notre propre douleur, pour le clergé et pour le représentant personnel du chef de l'Etat."
Mais pourquoi diable sont-ils allés jusque là tant on savait leur père modéré et partisan du dialogue politique, surtout au sein du parti qu'il dirigeait depuis sa résurrection à l'occasion de l'ouverture médiatique du début des années 1990 ?
Pour Felix Roland Moumie-Ntumazah, la raison se trouve dans le "comportement de M. Kodock durant la maladie de notre père ainsi qu'après sa mort." Un comportement qui tient, selon Irène Lum Ntumazah à ce que "depuis que je suis venu chercher papa ici au Cameroun pour l'emmener à Londres afin de mieux le soigner car sa maladie empirait, M. Kodock n'a jamais pris de ses nouvelles jusqu'à sa mort. Ce qui nous a paru étrange pour celui-là même qui était censé travailler avec notre père au quotidien sur les questions du parti".

Pis, ajoutait une autre fille du défunt, le Sg de l'Upc n'a pas pu se rendre au chevet de ce dernier alors même qu'il a séjourné à l'hôpital général de Yaoundé en 2008 avant de reprendre à nouveau la direction de la capitale anglaise.
Ce à quoi il faut ajouter, selon le fils, le fait que M. Kodock ne se soit pas signalé une fois "la mort de papa annoncé à travers le monde. Nous avons dès lors décidé qu'il ne prendrait pas la parole aux obsèques. C'est donc une décision qui nous appartient et nous tenons à ce que cela soit mentionné comme tel". D'ailleurs à la mort de M. Ntumazah, la famille avait publié un communiqué qui demandait à tous les militants de l'Upc "des quatre coins du Cameroun et du monde entier à se réunir dans la paix pour célébrer les accomplissements (de leur père)". Communiqué qui visiblement n'a pas reçu d'écho du côté du quartier Mimboman à Yaoundé où se trouve le siège du parti.
Répondant aux questions des journalistes sur une éventuelle entrée au gouvernement, les orphelins ont précisé que leur participation au gouvernement n'était pas d'actualité, en plus de ce qu'il ne leur appartenait pas de prendre une telle décision, mais au parti.
Parfait Tabapsi


L'intégralité du Communiqué de presse de la famille Ntumazah
Remerciements et mise au point des enfants Ntumazah

Au lendemain des obsèques de notre père, Paa Winston Ndeh Ntumazah,
Nous enfants du défunt, tenons à exprimer notre sincère gratitude à Monsieur Paul Biya, président de la République du Cameroun, pour la prévenance inédite et fort exceptionnelle dont il a bien voulu honorer le départ de notre cher papa. Puisse son Excellence accepter cette marque émue de notre respectueuse reconnaissance.

Nous redisons toute notre gratitude au clergé qui, par ses célébrations œcuméniques et ses homélies instructives nous a conforté dans la foi, le recueillement et la crainte de Dieu.
La famille biologique que nous constituons en entend à l'unanimité, saluer la présence massive et affectueuse de l'Union des populations du Cameroun, famille politique de papa pour nous avoir soutenu et accompagné dans cette déchirante épreuve de Londres jusqu'à Bamenda après la touchante veillée de Yaoundé. La chaleureuse présence de l'Upc a consolidé en chacun de nous la justesse des convictions patriotiques de papa et notamment sa quête de l'unité de l'Upc. Nous sommes à la fois réconfortés et rassurés que le consensus qu'il a béni de son vivant est la bannière sous laquelle sa famille politique a entouré son dernier voyage.

Nous enfants de Winston Ndeh Ntumazah voudrions fortement regretter qu'à peine papa Ntumazah inhumé, un individu se soit livré à une jactance médiatique blasphématoire pour sa mémoire. Non nous voulons réaffirmer : l'insulte n'est pas ce que ce personnage ait été interdit de parole à Bamenda ; c'est sa présence même à Bamenda telle qu'il l'a souhaitée qui aurait été une insulte à la dépouille de Winston Ndeh Ntumazah dont il n'a cessé de parasiter la réputation et l'habileté. Son intrusion n'a été tolérée que par notre respect pour notre propre douleur, pour le clergé et pour le représentant personnel du chef de l'Etat.
Puisse le Seigneur bénir toutes celles et tous ceux d'entre vous qui avez, sans calcul, entouré notre famille éprouvée de votre générosité et de votre affectueuse solidarité.

Bamenda le 31 mars 2010
Pour les enfants Ntumazah
Dr Irène Lum Ntumazah

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