07/04/2010 14:50:36
Que peut faire un jeune dans une gérontocratie issue des entités coloniales?
Tout est fait pour que les vieux issus d'un gouvernement stratégiquement constitué par les colons gouvernent pour les vieux et contre les jeunes.
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Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image. Dans tous les plus larges débats relatifs aux changements á opérer en Afrique, cette question a toujours fait l'objet d'une réflexion profonde. Lorsqu'on examine attentivement les régimes politiques issus de la colonisation en Afrique, force est de constater que l'objectif idéal pour l'un ou l'autre est de se maintenir au pouvoir à tout prix. Dans cette logique, aucune porte n'est ouverte à la jeunesse qui paie ainsi le prix d'une indépendance formalisée. Tout est fait pour que les vieux issus d'un gouvernement stratégiquement constitué par les colons gouvernent pour les vieux et contre les jeunes. Voila pourquoi le débat sur le rôle d'un jeune au sein d'un gouvernement formalisée détenu par une génération vieillissante et hantée par les entités coloniales fait l'objet d'une forte discussion.

Que peut-il réellement faire ? Notre analyse nous conduit inéluctablement vers quatre grandes réflexions.

1.  Il sera livré aux premières revendications populaires

Les rares jeunes qui à travers la fibre familiale ou des connaissances personnelles parviennent à intégrer ces gouvernements sont tout simplement conseillés par leur père gérontocrate pour assurer leur retraite et pérenniser leur système. Au Cameroun par exemple, les jeunes qui ont intégré le gouvernement paient aujourd'hui les pots cassés d'une macabre opération dite « Opération Epervier ». N'ayant aucun passé colonial, n'ayant pas lutté auprès des leurs pour faire taire les démocrates « Umnyobistes, Lumumbistes, Momistes,etc », ils sont aujourd'hui sacrifiés au profit du gouvernement. Il est vrai qu'ils ont illicitement vidé les caisses de l'Etat mais sont-ils les seuls à avoir posé cette gabegie financière ? N'ont-ils pas simplement imité ou suivi le pas de leur père spirituel ou conseillé qui sont aujourd'hui intouchable aux yeux de l'épervier ? Il est ainsi clair que les réponses à ces interrogations suscitées nous permettront de comprendre que des jeunes qui gouvernent au sein de la gérontocratie sont toujours et souvent rendus au peuple à bon prix pour calmer leur faim et leurs revendications.

2. Il fera l'éloge des gérontologues

Pour se maintenir et se faire un visage digne d'un homme politique, le jeune est souvent appelé parfois malgré lui à louer le chef ou les membres de la gérontocratie comme si ces derniers étaient des dieux. Il ne jure et ne mange que par leurs noms. Il devient ainsi asservissant et esclave du pouvoir. Il perd ainsi la valeur de la jeunesse et oublie totalement sa génération. Il ne fait plus en ce moment parti de la classe jeune mais plutôt d'une nouvelle pilule que les gérontologues avalent pour faire rêver une jeunesse avec de fallacieuses promesses.

Dans ce cas on ne peut parler du développement car dans tout groupement humain où l'esprit jeune n'est pas pris en considération, il n'y a point de développement.

3. Il portera la casquette du démagogue

Il n'y a plus de questions à se poser lorsqu' un gouvernement dite démocratique qui gouverne un Etat depuis près de trente ans fait table rase de l'alternance. Beaucoup d'africains et en particulier des camerounais, des zimbabwéens et des burkinabés connaissent depuis leur naissance qu'un seul président et un gouvernement inamovible ; les mêmes gens gouvernent, vont en retraite, reviennent et cumulent les fonctions. L'âge n'a aucun sens et ne joue aucun rôle. Il n'y a donc  plus de questions à se poser quant au visage du sous-développement en Afrique. Avec un gouvernement effacé de la réalité, dénudé de l'efficacité des nouvelles technologies, un gouvernement pour qui la notion de liberté d'expression est un affront à la démocratie. Le jeune alors qui s'intègre dans ce genre de gouvernement doit jouer le jeu qui lui est décrit, Dicté. 

4. Il sera dicté

Les fondements réels d'une société moderne sont loin d'être atteints lorsque celle-ci est dirigée par des générations séparatistes. Même si le gouvernement gérontocrate permet á un jeune de s'inscrire dans son livre d'or, il sera la risée de tout le monde. Il lui dictera toutes les conduites à tenir et le réduira à un lèche-botte, à un prévaricateur. Sa  mission principale serait de travailler pour sauvegarder les intérêts des vieux au détriment des jeunes. L'exemple est la récente nomination d'un homme à la tête du ministère de la communication du Cameroun qui de part sa casquette communicative confirme ma thèse. 

Il va de soi que l'on n'intègre pas profondément une gérontocratie ; on la révolutionne plutôt. « L'Obamaniaque », le « Sarkoziaque », le « Medvedeviaque» sont aujourd'hui des exemples à interpréter par la jeunesse. Ce qui fera mieux l'objet d'un bon développement que de poursuivre sans succès un système construit pour conduire la nation dans des abîmes obscures de l'histoire.

La force d'un Etat réside dans la volonté de son peuple à vouloir changer l'Etat. Elle n'est nullement la volonté d'un Etat à vouloir améliorer les conditions de son peuple ; l'Etat n'agit que sous la demande du peuple et rien de plus. Le sens partagé des hommes ne se retrouvent que dans les revendications populaires. La voie de la raison consiste à reformer et à réorganiser.

Des jeunes ne peuvent être heureux que dans un gouvernement mixte et véritablement indépendant, dénudé des entités coloniales.

 

Richard Gatchoko Youaleu ecrivain camerounais

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