22/06/2009 12:47:08
Yaoundé : Le manioc se vend mal au marché de Mvog-Mbi
Les "Bayam-Sellam" mettent en cause la surproduction de ce tubercule.
Le Jour
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Il est environ 15 heures, samedi 13 juin au marché de Mvog-Mbi à Yaoundé. Sous un soleil ardent, devant leur marchandise, les vendeuses de manioc attentent impatiemment les clients. « Le manioc ne se vend pas.

Je n’ai reçu que trois clients depuis ce matin, pour une recette de 1500Fcfa», explique Antoinette Olozo’o. A coté d’elle, les quatre sacs de maniocs qu’elle a achetée le matin auprès des femmes venues de Mfou, attendent d’être vendus.
En effet, selon les commerçantes du marché Mvog-Mbi, le manioc ne se vend plus autant qu’au mois de décembre. « Je pouvais écouler six sacs de 15kg de manioc par jour. Je rentrais chaque soir avec un bénéfice d’au moins 7.000 Fcfa. Ce qui n’est plus le cas depuis le mois de janvier », déplore Antoine Olozo’o.
Selon les vendeuses de Mvog-Mbi les mauvaises ventes de manioc s’expliquent par une surproduction. « Grâce aux pluies qui ont commencé très tôt cette année. Par ailleurs, une Ong nous avait contacté l’année dernière pour leur fournir une grosse quantité de manioc qu’elle exportera vers le Gabon. Beaucoup de vendeuses ont alors fait des champs communautaires de culture de manioc. Les transitions se sont interrompues», explique Gertrude Akon, présidente de l’association des vendeuses des tubercules de manioc du marché de Mvog-Mbi. Elle continue en estimant que le départ des enfants pour les vacances va une fois de plus baisser la vente du manioc.
Antoinette Olozo’o et ses voisines tentent de contourner cette difficulté en baissant les prix. «Nous sommes obligées de vendre à vil prix parce que le manioc est difficile à conserver. Nous vendons alors un tas de manioc à 200Fcfa au lieu de 300Fcfa et 300Fcfa au lieu de 500Fcfa. Même là, les acheteurs ne se bousculent pas », explique Antoinette Olozo’o.
« Avec un kilo de riz acheté 350 Fcfa et sauté, je nourris mes cinq enfants. Pourtant le manioc impose un accompagnement un peu plus onéreux, du poisson ou de la viande par exemple », dit une femme rencontrée samedi au marché de Mvog-Mbi.

Carole Tono (stagiaire)

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