14/04/2010 12:38:53
Déficit budgétaire : Le gourvernement Philemon Yang dos au mur
Après le passage du FMI, le gouvernement tente de trouver des solutions pour amortir le déficit budgétaire prévisionnel chiffré à 800 milliards.
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Une semaine après le départ de la mission du Fonds monétaire international, qui a exprimé de fortes inquiétudes sur la capacité du gouvernement à financer le budget de l’État, c’est le branle-bas à la primature. D’autant que, le chef de l’État, saisi de la situation à Genève où il séjournait a interpellé le chef du gouvernement sur les solutions mises en œuvre. On se souvient que le diagnostic du Fonds monétaire avait tablé sur un déficit prévisionnel d’environ 800 milliards sur le budget de l’année en cours. A la primature, l’audience accordée par Philémon Yang à la délégation du Fonds monétaire international a créé une réelle panique : à un an de l’élection présidentielle, ce n’est pas le moment de dire au chef de l’État que le pays replonge dans la crise que ses derniers espoirs de réaliser quelques infrastructures sont à l’eau.
Deux solutions de principe sont déjà adaptées, après les concertations organisées par Philémon Yang avec les ministres des Finances et de l’Economie. Il est question de resserrer les dépenses et préserver les investissements publics. La masse salariale étant incompressible avec un enjeu socio politique ultra sensible, les autorités n’entendent pas y toucher. D’autant que les options politiques prises par le président Biya tendent à alourdir la charge des salaires sur le budget de l’État.
Hausse de l’inflation
A la primature, on pense néanmoins qu’il ya un sérieux problème de gouvernance dans la chaîne de dépense au ministère des Finances. Car le déficit prévisionnel établi par le Fonds monétaire international, est surtout alourdi pas les dépenses non payées des exercices précédents. Notamment les restes à payer accumulés sur trois ans, et les dépenses engagées et non ordonnancées. Ces problèmes de management des finances publiques contribuent à détériorer la crédibilité de l'État, et de réduire les chances de lever suffisamment de fonds à l’occasion de l’emprunt obligataire envisagé pour renflouer le budget. Il est nécessaire et urgent de maîtriser, et de filtrer les engagements. Il est également important de restaurer la qualité de la signature de l’État dans la perspective de l’emprunt obligataire.
Pour le moment, le chef du gouvernement maintient le cap pour ce qui est du soutien au prix du pétrole, autre cause du déficit annoncé. D’après les entretiens que les responsables camerounais ont eu avec la délégation du Fmi, si on lâchait la bride en laissant les prix du carburant grimper à la pompe, cela se traduirait aussitôt par une hausse de l’inflation. Car le secteur des transports, gourmand en produits pétroliers raffinés, influence les prix de tous les biens et services. Parce que toutes les productions sont d’abord transportées avant d’être vendues.
 La solution pour le Fmi consiste donc à amener le gouvernement à solder sa dette vis-à-vis de la Sonara : « le Fmi s’est rendu compte que quasiment toutes les banques ont prêté de l’argent à la Sonara. Si l’État continue de ne pas payer sa dette de plus de 100 milliards envers la Sonara, toutes les banques seront affectées par une éventuelle insolvabilité de cette entreprise, qui par ailleurs a besoin d’une bonne crédibilité au plan international pour financier son ambitieux programme d’extension.
Risque de déstabilisation
Pour le moment, les entretiens à la primature avec les solutions apportées par les services des ministères de des Finances et de l’Economie, laissent transparaître quelques solutions. D’abord les calculs révisés ente les parties ont permis de dégrossir légèrement le chiffre de 800 milliards annoncés par le Fonds monétaire. Mais il s’agit de tout faire pour trouver assez d’argent pour ne pas pénaliser le programme d’investissement, notamment pour ce qui concerne les grands travaux. D’autant, que, le maintien des dépenses d‘infrastructures permettra de garantir le maintien d’un taux de croissance en cohérence avec les ambitions du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi.
Cette année, le ministère de l’économie a pu inscrire 676,8 milliards de dépenses d’investissements public au budget, en hausse de 80 milliards par rapport au précédent exercice. « Cette dotation est la confirmation de la réorientation de la politique de dépenses de l’État en faveur de l’investissement public, ceci en cohérence avec la stratégie de relance de la croissance » expliquait alors le gouvernement. Remettre en cause ces dépenses d’investissements contribueraient à la fois à timorer une croissance déjà insuffisante, et à décrédibiliser le gouvernement aux yeux de l’opinion.
L’idée est d’abord de réduire la consommation de biens de services du gouvernement (carburants, entretiens). Mais l’économie ne sera pas substantielle, puisqu’il faudra en même temps éviter de paralyser l’administration. Les plus urgents, croient savoir les conseillers du Pm, est de trouver des sources alternatives de revenus. Le ministère des Finances en aurait déjà proposé quelques-unes. Par exemple, utiliser les droits de tirage spéciaux environ 100 milliards dont le Cameroun dispose au guichet du Fonds monétaire international. « On peut même acheter les droit de tirage spéciaux de certains pays qui n’en veulent pas », ajoute notre source. Ce sont les pistes de financement qui peuvent éviter des situations difficiles.
Redressement d’urgence
Quand au ministre de l’Economie, Louis Paul Motazé, il aurait proposé au Premier ministre, toujours dans la logique de sauvegarder à la fois les investissements et la viabilité budgétaire, d’améliorer la gouvernance dans la dépense publique, tout en explorant d’autres opportunités. Ainsi, il serait possible de retrouver environ 100 milliards à la banque centrale, représentant des dépôts et autres provisions effectués dans le cadre de l’initiative Ppte mais non encore utilisés, alors qu’ils portent sur des exercices clos. Naturellement, la recherche des financements extérieurs, autre spécialiste du Minepat, sera mise à contribution pour restaurer l’équilibre du budget.
L’équation de ce redressement d’urgence s’annonce difficile, puisque le budget 2010 était à la fois ambitieux et serré. Ambitieux parce qu’il comportait une hausse des dépenses en capital, et s erré parce qu’il était conçu dans un contexte d’incertitude sur les recettes, notamment du fait de la faiblesse des cours du pétrole, et l’atonie du commerce extérieur.

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