16/04/2010 18:25:24
Le projet Cinpharm signe-t-il le retour des investisseurs Allemands au Cameroun ?
AGA MEDIAS
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(AGA MEDIAS, Douala) L’inauguration le 08 avril dernier de l’Usine CINPHARM, l’imposante unité industrielle pharmaceutique de Douala Makepe, la toute première d’Afrique Centrale, n’a pas été qu’un grand événement économique. Ce fut aussi un grand moment de démonstration du potentiel diplomatique du Cameroun.

En effet, pour ce projet industriel sensible, les promoteurs de Cadyst Invest ont réussi à mobiliser autour d’une même table Occidentaux (les Français de la Fondation Chirac et les Allemands de la DEG) et Asiatiques (Indiens de CIPLA). Ces deux pôles d’influence économique mondiale se mènent pourtant une guerre, du moins économique, impitoyable. Et derrière les critiques faites par les responsables de la Fondation Chirac contre les acteurs du système favorisant la distribution des faux médicaments, les observateurs avertis voient une manière pour les proches de l’ancien président  français de porter davantage une bataille de ses amis français investisseurs dans le domaine de l’industrie pharmaceutique.  Depuis en effet l’entrée des Indiens dans l’industrie pharmaceutique avec la généralisation de la fabrication  des médicaments génériques, les laboratoires pharmaceutiques français voient leur part de marché diminuer  dans les pays africains qu’ils contrôlent et dominent par divers mécanismes politique et administratifs.

Même au niveau local, avec la CBC en tête, Célestin Tawamba et son adjoint Aboubakary  ont réussi à convaincre Ecobank et la Bicec, deux établissements financiers qui se font une concurrence des plus rudes pour la collecte de l’épargne locale. Ce tour de table solide ayant mobilisé plus d’une demie-douzaine de milliards initiaux nécessaires a permis à la DEG de cautionner les 4 milliards restants pour mener à son terme ce projet capital pour la souveraineté camerounaise (et sous-régionale) en matière d’accès aux médicaments de qualité.

Fait historique important : avec la participation de la DEG, la firme publique allemande chargée d’accompagner l’investissement privé de ce pays à l’étranger, la première puissance économique européenne signe le retour de ses investisseurs au Cameroun. Depuis en effet les déboires ces derniers dans les projets Sitabac et Isenbeck, l’Allemagne, comme on a pu le voir dans le projet de renouvellement de la concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Douala entre 2000 et 2004, dissuadait de plus en plus ses ressortissants de se lier d’affaires avec les opérateurs économiques. Pour ce projet-là, HHLA, l’opérateur Container du port de Hambourg, avait approché le groupe Camship dans le cadre d’une joint-venture pour soumissionner à l’appel d’offres. Ce consortium sera finalement non partant du fait du retrait de l’opérateur allemand qui avait suivi entre temps les conseils de son gouvernement appelant « à la plus grande prudence » avec les opérateurs camerounais.

Il faut seulement espérer que les promoteurs de Cinpharm fassent mentir ceux qui en Allemagne – et de plus en plus ailleurs dans le monde - continuent de considérer le Cameroun comme un repère de mauvais partenaires en affaires.

Sur la même lancée, et eu égard au contenu très riche du discours du PDG de Cinpharm dont nous avons obtenu copie - nous vous en proposons d’ailleurs l’intégralité vue l’ensemble des interpellations qu’il comporte, notamment  sur notre gouvernance locale, la problématique de l’intégration régionale, etc. – on peut être optimiste sur le fait que les Allemands ne regretteront pas de s’être impliqués dans ce projet multidimensionnel.

Alex Gustave Azebaze Djouaka

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