19/04/2010 18:05:03
Snjc: dénonce l'intrusion des forces de défense dans la gestion des libertés publiques
Le SNJC condamne les menaces et intimidations militaro-policières contre la journaliste Henriette Ekwe
Syndicat national des journalistes du Cameroun(SNJC)
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Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) a suivi avec stupeur la convocation d’Henriette Ekwe par les Renseignements généraux et son audition par les principaux responsables des services coalisés de la sécurité et la défense de la Région du Littoral.

Cette convocation suivie de son audition par des officiers militaires nous inquiète d’autant que, malgré toutes nos recherches, il n’ait pu être établi qu’aucun un ordre formel n’aurait été donné par des autorités en charge de la gestion des libertés publiques à Douala. Notre inquiétude se renforce d’autant que c’est la première fois, depuis le début de la spirale récente contre les journalistes libres, que s’impliquent directement les corps en charge de la défense du territoire, et plus grave, en l’absence de toute notification administrative et/ou judiciaire.

En effet, le lundi 12 avril 2010 en effet,  Henriette Ekwe, Journaliste, Directeur de publication de l’hebdomadaire Bebela, membre fondateur et conseillère du Bureau exécutif national du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC), Vice Président de l’Union des Journalistes du Cameroun (UJC), Coordonnatrice genre de la FIJ (Fédération Internationale des Journalistes) pour l’Afrique centrale a été convoquée par téléphone par un responsable des renseignements généraux pour le Littoral pour, un entretien, disait-il « convivial». Par précaution, avant de déférer à ladite convocation, notre camarade a pris le soin d’avertir le Premier Secrétaire a.i. du SNJC, Alex Gustave Azebaze, et la Camarade Florine Nseumi Lea, Journaliste à la Nouvelle Expression et Déléguée syndicale qui l’ont accompagnée. Ces derniers n’ont pas pu assister à l’audition qui s’est déroulée dans le bureau du  Délégué régional de la Sûreté Nationale, M. Joachim Mbida Nkili, en présence des plus hauts responsables régionaux de l’Armée (Commandant de la Région militaire), de la Gendarmerie (Commandant de la Région de gendarmerie),  de Contre-espionnage (Chef Antenne de la Dgre, ex Cener) et des Renseignements généraux (Commissaire Central des RG N°1 du Wouri).

La journaliste Henriette Ekwe s’est vue reprocher sa participation à une émission de débat d’Equinoxe TV du 06 avril 2010 ayant porté sur «la tentative manquée du coup d’Etat du 06 avril 1984 contre le président Paul Biya, 26 ans après ». Ses « procureurs » de circonstance lui ont dit que les propos tenus lors de ladite émission étaient pour eux « une incitation à la révolte ». Tentant de leur expliquer qu’elle avait simplement essayé pendant toute cette émission d’une vingtaine de minutes d’analyser, comme journaliste et analyste politique, ce fait majeur de l’histoire politique nationale, l’entretien a été écourté par un des officiers supérieurs de l’armée, sur ces termes: « Si elle n’a pas compris, on arrête et on sévit. Nous ne débattons pas, nous sommes des professionnels de la guerre », s’est entendue dire la journaliste.

Reprenant à son compte la réaction urgente de son Premier Secrétaire a.i. Alex Gustave Azebaze, le SNJC est profondément étonné que des autorités militaires et policières s’autorisent à convoquer des journalistes par des voies de travers.

Le SNJC condamne cette intrusion des autorités  militaires dans la gestion des libertés et  demande aux autorités civiles et politiques en général, au  gouvernement de la République en particulier, non seulement de garantir la sécurité de Mme Ekwe, mais surtout  de veiller plus que par le passé, sur la liberté des journalistes à couvrir toute l’actualité nationale et, à s’exprimer librement, y compris la liberté de donner leur opinion sur toutes les affaires et événements publics.

Le SNJC tiendra le gouvernement pour responsable de tout accident ou incident qui surviendrait  autour de cette consœur.

Tout en appelant la communauté nationale et internationale à la plus grande vigilance, face aux manœuvres de plus en plus nombreuses visant à subjuguer l’exercice libre et indépendant des journalistes au Cameroun, le SNJC, dans la droite ligne de sa déclaration spéciale du 10 avril dernier, est prêt à examiner avec les pouvoirs publics les meilleures conditions d’exercice de la profession de journaliste.
 

Fait à Douala, le 20 avril 2010

Le Bureau Exécutif National

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