22/04/2010 14:43:13
Crise politique en Belgique: le gouvernement démissionne
Le gouvernement belge dirigé par Yves Leterme a décidé jeudi de présenter sa démission suite à un conflit linguistique entre francophones et Flamands, alors que le pays doit prendre dans deux mois la présidence tournante de l'UE, ont annoncé plusieurs de ses membres.
Cyberpresse.ca
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«Il n'y a pas d'autre issue que la démission du gouvernement», a déclaré à la presse le ministre des Finances Didier Reynders, en indiquant qu'il «regrettait» cette issue et appelant à tout faire pour éviter «que le pays ne s'enfonce dans la crise». «Il n'est pas facile de trouver un accord avec les partenaires néerlandophones, surtout quand ils sont nationalistes», a-t-il accusé.

La décision a été prise à l'issue d'un conseil des ministres convoqué en urgence par M. Leterme, qui s'est rendu chez le roi Albert II pour officialiser sa décision.

Si le souverain l'accepte, la chambre des députés sera dissoute et la convocation d'élections législatives anticipées courant juin serait inéluctable. Elles se tiendraient juste avant le début de la présidence belge de l'UE, à un moment où les formations flamandes indépendantistes sont en pleine progression dans les sondages.

Elles représenteraient quelque 40% de l'électorat flamand.

La démission du cabinet Leterme a été rendue inévitable par la décision d'un parti flamand clé de la coalition au pouvoir en Belgique, les Libéraux de l'Open VLD, de claquer la porte en raison de l'impasse de négociations visant à trouver un compromis sur une question qui empoisonne la vie politique depuis des années: les droits linguistiques spécifiques dont jouissent les francophones dans la banlieue flamande de Bruxelles.

La Flandre veut les remettre en cause au nom de l'intégrité linguistique et territoriale de sa région.

Les francophones ne sont prêts à envisager cette issue qu'avec de sérieuses contreparties en échange.

Un compromis n'a pu être trouvé à l'issue de négociations qui se sont achevées dans la nuit de mercredi à jeudi. Les deux camps, flamand et francophone, se sont rejetés la responsabilité de l'impasse.

Suite au départ des Libéraux flamands, «le gouvernement ne peut qu'acter cette décision et dire qu'il démissionne», a dit le secrétaire d'État au Budget, Melchior Wathelet.

Pour Yves Leterme, membre du parti chrétien-démocrate flamand (CDV), il s'agit déjà de sa troisième démission en tant que chef de gouvernement.

Il avait une première fois jeté l'éponge en juillet 2008, déjà en raison des tensions entre francophones et Flamands néerlandophones sur l'avenir du pays mais le roi l'avait maintenu en poste.

Il était finalement tombé fin 2008 en raison d'un scandale lié aux difficultés financières de la banque Fortis.

M. Leterme avait retrouvé le poste de premier ministre en novembre 2009 à la faveur de la nomination de Herman Van Rompuy comme président de l'Union européenne. Moins de cinq mois après, il doit à nouveau démissionner.

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