23/06/2009 12:08:11
Gestion des fonds publics : La Banque mondiale met la pression sur le gouvernement
L’institution vient d’engager un vaste programme pour contraindre les gestionnaires Camerounais à respecter l’orthodoxie en matière de gestion.
Le Messager
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Entre l’approbation de ce projet par la banque mondiale et sa mise en vigueur, 5 années se sont écoulées. Baptisé “ Projet de renforcement des capacités pour la transparence et le contrôle dans la gestion des ressources publiques ”, Prctc, cet ambitieux programme proposé par le Cameroun sera donc resté longtemps en chantier, avant d’entrer dans sa phase opérationnelle la semaine dernière, par un séminaire dont le but, selon le ministre des Finances, Lazare Essimi Menye, est la sensibilisation et l’information de toutes les parties prenantes, pour en faciliter la gestion quotidienne. Certains acteurs de la société civile, invités à ce séminaire, fustigent la mauvaise coordination entre la multitude d’administrations impliquées dans ce projet ; l’absence d’un leadership de poigne (rôle assigné au Minfi) pour rappeler les délais aux différents acteurs, parfois laxistes ; les longues procédures de la banque mondiale etc. Pour Christine Andela, se sont autant d’écueils, parmi tant d’autres, qui auront causé l’énorme retard observé dans le démarrage de ce projet logé au ministère des Finances. Un projet que la banque mondiale s’est engager à appuyer depuis 2004, afin d’accompagner le Cameroun dans la mise en œuvre de son programme d’amélioration de la gestion de ses ressources publiques. C’est finalement le 24 juin 2008, que le conseil d’administration de cette banque a enfin consenti à approuver le financement du projet, qui comprend quatre principales composantes relatives à l’amélioration de la gestion budgétaire et la consolidation du système de passation des marchés publics ; la modernisation du système informatique de gestion financière et de la solde ; le renforcement des contrôles externes et le suivi évaluation des finances publiques ; et l’appui au dispositif de gestion et de suivi évaluation de ces réformes. L’enveloppe globale accordée par la banque mondiale se chiffre ainsi à 15 millions de dollars Us.

Effets draconiens

Cet appui n’est pas isolé. Il rejoint celui des autres bailleurs de fonds, notamment le Fmi, l’Union européenne, la Bad, l’Allemagne, le Canada et la France, inscrits dans une plate-forme de dialogue mise en place l’année dernière, en vue de consolider les capacités du système de gestion des finances de l’Etat. La signature le 19 février dernier, par le Premier ministre Inoni Eprhraim d’un arrêté créant un comité chargé du pilotage des réformes des finances publiques au sein du gouvernement, complète ce dispositif. Ce comité a tenu sa première session le 25 avril dernier. Tout ce déploiement s’est imposé après l’atteinte par le Cameroun du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés, Ippte, en avril 2006. Les bailleurs de fonds ont depuis lors instruit la mise en place d’un système de finances publiques performant, transparent et crédible, comme une impérieuse nécessité si le Cameroun veut capitaliser et consolider les bénéfices résultant de la réduction du stock substantiel de sa dette, en vue d’accélérer la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations les plus défavorisées. Dans son propos aux participants à ce séminaire, Mary Barton-Dock, directrice des opérations de la banque mondiale au Cameroun, a indiqué que cette exigence devient encore plus forte lorsque l’on mesure pleinement les effets draconiens de la crise économique actuelle sur les ressources financières de l’Etat, et partant, sa capacité à faire face à toutes ses obligations et mener à terme les chantiers importants engagés dans les différents secteurs d’activités.

Marie-NoŽlle GUICHI

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