26/04/2010 14:26:20
Cameroun / Révolution technologique
L’Afrique et le Cameroun prêts pour une révolution technologique et une véritable croissance au cours des cinquante prochaines années !
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Prologue : Cet article est destiné au Président Paul Biya, à l’élite intellectuelle et la classe dirigeante Africaine et Camerounaise. Faites le circuler. Que chacun lise entièrement ce texte, regarde la vidéo qui y est attachée et surtout, prenne des engagements personnels pour la mutation réelle de l’Afrique et du Cameroun en particulier.

En 1962 c’est-à-dire deux ans seulement après les indépendances de la plupart des Pays Africains, l’agronome français René Dumont écrivait un des ouvrages les plus controversés sur l’Afrique contemporaine "L’Afrique noire est mal partie". En 1980, le même auteur renchaînait avec un autre ouvrage problématique sur le développement Africain "L’Afrique étranglée". Quelques années plus tard en 1991 Axelle Kabou faisait une autre analyse davantage froide qui se résumait par le titre de son ouvrage "Et si l’Afrique refusait le développement ?". Si les analyses de ces auteurs et bien d’autres notamment Frantz fanon "Les damnés de la terre" restent d’actualité 50 ans après les indépendances, il est temps mieux que jamais à chacun d’entre nous de faire son mea culpa, de se dévêtir de la flagornerie occidentale et celle de la pseudo bourgeoisie étatique et de quelques élites corrompus au pouvoir, pour s’interroger sur les causes réelles de cette stagnation du continent africain, du Cameroun non pas comme victime résignée mais en tant qu’acteur. Pour les 50 prochaines années, l’Afrique et les pays du continent, notamment le Cameroun ont le devoir et l’obligation d’être plus conquérants, d’adopter des attitudes positives pour qu’on puisse passer de l’Afro pessimisme à l’Afro optimisme ou du pessimisme Camerounais à l’optimisme Camerounais, garant de la confiance et leitmotiv du développement. Nous présentons dans les lignes qui suivent une analyse non pas exhaustive de la situation actuelle, quelques perspectives d’actions pour l’avenir. Pour susciter une prise de conscience et un engagement volontaire pour le changement, nous joignons en bas de cet article une vidéo de l’économiste panafricain Thierry Tanoh.

Le secteur industriel

Au Cameroun, comme dans la plupart des pays Africains, le secteur industriel reste totalement dépendant de l’extérieur que ce soit dans le secteur agricole, agro-alimentaire, forestier, électronique, électrotechnique, électroménager, automobile, construction mécanique, la santé, etc. En ce moment au Cameroun, il n’y a aucun secteur d’activité dont le support de base est impulsé par une technologie propre provenant du Pays. Nous sommes dépendant jusqu’aux technologies élémentaires telles que le vélo, les porte - touts, les seringues, les montres, les calculatrices pour ne pas parler de motos et voitures, etc. Le tissu industriel existant a été mis en place pour l’essentiel pendant les années fastes post-indépendances (1960-70) dans les secteurs du textile, agro-alimentaire (CDC, Socapalm, Hevecam, OCB devenu SPNP - SBM - PHP pour les bannerais, etc.), de l’aluminium (ALLUCAM), les cimenteries (CIMENCAM), brassicoles, pétroliers, et aussi quelques particuliers tels que le groupe Fotso et plus récemment dans les années 1990 avec le groupe Fokou, et bien d’autres petites et moyennes entreprises. Ces entreprises font essentiellement de l’import substitution ou de l’exportation brute des matières premières. Ceci se traduit finalement par une grosse contradiction avec la grande richesse naturelle du sol et sous sol (or, cuivre, bauxite, diamant, pétrole, variété extraordinaire des produits agricoles et forestiers, etc.), emmenant la plupart des entreprises d’importer les matières premières ou les produits intermédiaires rendant ainsi les coûts de production très élevés. La conséquence de ceci se traduit par une balance commerciale très souvent déficitaire.

Le système éducatif

Dans notre Pays, beaucoup de nos jeunes formés entrent dans l’entreprise pour la première fois lors de leur premier entretien d’emploi ou pour y déposer une demande d’emploi. Il n’y a pas de connexion entre la formation technique et professionnelle et le secteur industriel. Pendant toute leur formation, il n’y a presque pas d’occasion de se rapprocher de ce milieu à travers des stages, des travaux dirigés, des visites d’entreprises. Lorsqu’ils parviennent à y entrer nombreux sont ceux qui sont réduits à exécuter des tâches élémentaires qui n’ont pas grand-chose avec les nombreuses théories développées à l’école. Les entreprises quant à elles ne sollicitent pas les enseignants et les milieux de formation technique et professionnelle pour les expérimentations en vue de l’innovation ou des changements. Pourtant le cadre de l’enseignement technique et professionnel et la recherche doivent être le socle de l’innovation, des découvertes et des améliorations technologiques. Dans notre secteur de formation, nous ne sommes pas en outre organisés en réseau de compétence et formation similaires pour effectuer des propositions au gouvernement, et au secteur industriel. La conséquence de tout ceci se traduit au fil des ans par une inertie totale qui entrave tout effort de développement véritable.

L’environnement institutionnel

L’une des pesanteurs dans le système économique et social du Cameroun et de nombreux Pays africains est le clientélisme étatique qui se caractérise par de nombreuses gangrènes de fonctionnement telles que la corruption, la bureaucratie et les lourdeurs administratives, la sclérose des finances publiques, le marchandage politique, le relationnel, la politique des aînés et des cadets sociaux. La plupart des administrations africaines souffrent fortement de sénilité. La forte illustration est qu’au Cameroun en 50 ans le Pays a connu deux Présidents de la République. Les infrastructures de communication routière se sont totalement dégradées au fil des ans donnant à la fin une physionomie de délabrement du Pays. Depuis que l’état a adhéré à la politique du FMI et de la banque mondiale qui a conduit à la baisse drastique des salaires atteignant parfois -70% et la dévaluation du FCFA, la corruption a atteint au Cameroun des seuils jamais imaginés au point que le Pays ait été une fois champion du monde de la corruption.

Quelques pays pouvant inspirer l’Afrique et le Cameroun

De nombreux pays avec souvent des richesses naturelles moyennes et parfois moins importantes que celles du Cameroun ont pris une période de 30 voire 40 ans pour se doter une industrie propre. Nous pouvons citer le cas de l’Allemagne qui a été totalement détruite par les deux guerres mondiales et qui a utilisé presque 20 ans pour développer son tissu industriel et se propulser au 4e rang de l’économie mondiale et la première en Europe. Nous pouvons aussi citer les Corée, la Chine, l’Inde et les Pays émergents tels que le Brésil, le Mexique et peut-être le Venezuela. Aujourd’hui des pays moyens comme l’Iran et la Corée du Nord ont développé la technologie du nucléaire qui a de nombreuses applications aussi bien civiles que militaires. Ne sommes nous pas impressionnés par les réussites extraordinaires des dragons asiatiques (NPI) que sont la Corée du Sud, Tawain, Hong kong et Singapour ou alors des tigres (NPE) que sont Thaïlande, Malaisie, Philippine, Indonésie et Brunei. Lorsque nous examinons de près ces Pays, nous voyons que la différence s’est créée au fil des ans par un ensemble de valeurs positives impulsées par l’enseignement, la recherche en combinaison avec la société civile et le secteur industriel.

L’avenir de l’Afrique et du Cameroun

En dépit des turpitudes des 50 années post-indépendances, l’Afrique et notamment le Cameroun disposent d’un potentiel énorme qui utilisé à bon escient, doit le hisser au rang des nouveaux Pays exportateurs ou industrialisés au cours des 25 ou 50 prochaines. Nous présentons dans les lignes qui suivent quelques axes sur lesquels le continent doit s’appuyer pour conquérir une place de choix dans la géopolitique mondiale :

* Le positivisme Africain

Pour attirer les investisseurs l’Afrique et le Cameroun ont intérêt au cours des prochaines années d’être plus conquérants sur le plan diplomatique par une positivation de son image. Le discours pessimiste sur l’Afrique doit céder progressivement le pas à un discours optimiste qui va non seulement rassurer les Africains de la diaspora ayant un potentiel extraordinaire à retourner en Afrique, mais aussi attirer davantage les vrais investisseurs (et non les extracteurs de matières premières) en Afrique. Le principe est simple. Pour vendre un produit, il faut tout en améliorant ses aspects négatifs venter au mieux de soi tout ce qu’il a de bon. Quand on le fait bien, tout le monde a envie de le consommer. Quand on le fait mal, personne ne s’y intéresse comme c’est aujourd’hui le cas. Les dirigeants en ce moment au pouvoir doivent faciliter et favoriser cette appropriation de cette approche positive à tous les niveaux de la population, que ce soit au Pays et dans la diaspora en mettant en place un cadre de transition démocratique qui favorise l’émergence de la jeunesse au pouvoir. Prendre sa retraite quand on a atteint la sénilité et servir de conseiller à la jeunesse pour qu’elle évite les erreurs du passé doit être désormais perçu comme un acte patriotique dans tout le continent. Nelson Mandela est aujourd’hui une icône en Afrique à cause de ce courage que peu de chefs d’état ont jusqu’ici. Puisse les autres, notamment le Président Paul Biya s’en inspirer et suivre son pas. La diaspora et les milieux éducatifs et la société civile doivent jouer un rôle prédominant dans cette conquête hégémonique, en valorisant davantage des exemples de réussite par l’effort (Groupe Fotso, Groupe Kadji, Groupe Fokou, Pokam Kenmogne, etc. pour le cas du Cameroun), en veillant que les accorts de coopération soient plus gagnant pour les populations notamment sur les clauses salariales. Il est anormal aujourd’hui qu’une même entreprise paie 8 à 10 euros (5 à 6000 FCFA) l’heure ailleurs et 75 000 FCFA (114 Euros) par mois en Afrique pour le même travail, soit l’équivalent de 2 jours de travail. C’est une clochardisation que nous devons combattre pour mettre en place un cadre de compétitivité qui attire toutes les entreprises du monde. Nous devons veiller que le nombre des organisations caritatives qui n’ont pour seul moyen d’existence la pauvreté de l’Afrique diminue de façon drastique au cours des prochaines années sur le continent pour laisser la place aux vraies structures apportant des valeurs ajoutées réelles.

* Les IDE et la politique de la transformation industrielle

La conquête technologique et de croissance de l’Afrique doit passer par la mise sur pied d’une politique de transformation industrielle. Ceci doit se traduire en terme concret par un assainissement de l’environnement des affaires, l’allégement des charges fiscales, la facilitation des procédures pour la création des entreprises et l’allégement des impôts et des charges aux nouvelles entreprises pour leur permettre d’atteindre le seuil de compétitivité. Par ailleurs nous devons mettre en place une politique qui attire davantage le flux des IDE (investissements directs à l’étranger), car jusqu’ici l’Afrique sub-saharienne reçoit très peu d’IDE ce qui ne peut pas favoriser la croissance. La politique de la transformation doit permettre à terme de réduire les coûts de production des entreprises nationales pour les permettre de conquérir les marchés internationaux et d’investir elles aussi à l’étranger et même en dehors de l’Afrique et par là, attirer des capitaux pour créer finalement un flux d’IDE dans les deux sens. Tout le monde doit contribuer à cette politique de la transformation en commençant par le policier qui doit renoncer progressivement à la politique du «choko» en passant par les enseignants et tous les autres secteurs professionnels. Les entreprises compétitives vont s’installer chez nous dès lors qu’elles vont se rendre compte que le temps de montage d’un dossier et de production dans les entreprises a atteint les seuils de comparabilité avec les autres pays où elles existent déjà. Les gains de cette politique seront importants à moyen et à long terme à tous les niveaux car la compétitivité doit relever les salaires et mettre le niveau de vie à un seuil acceptable et rendra les Africains beaucoup plus crédible.

* La recherche et l’innovation technologique

Pour cette nouvelle orientation, recherche et développement doivent aller ensemble. Une nouvelle politique de la recherche doit être mise en place consistant non seulement de se doter des instituts de recherche dans les technologies de pointe (informatique, électronique, électrotechnique, électroménager, automobile, construction mécanique) mais aussi dans les secteurs traditionnels que sont l’élevage, l’agriculture et la foresterie. L’état doit veiller que les entreprises ayant atteint une certaine taille se dote d’un programme de recherche avec des objectifs précis et des moyens consistants pour atteindre ces objectifs. Le milieu de la formation technique et professionnelle doit être utilisé comme un socle ou la recherche et les expérimentations doivent s’effectuer à des coûts plus réduits. Ceci doit obliger les enseignants à se recycler pour saisir les opportunités qu’offre le marché et la concurrence.

Le miracle économique de l’Afrique et du Cameroun peut et doit se produire au cours des 50 prochaines années si nous y croyons et travaillons tous ensemble pour y arriver. Les autres y sont parvenus, pourquoi pas nous. Nous prions tous pour que les chefs d’état actuels assurent des transitions démocratiques transparentes, que les leaders africains s’approprient tous de cette nouvelle vision et conduisent le peuple dans la direction qui va favoriser l’épanouissement de chacun là ou il se trouve de façon honnête et durable.

Par Adrien Djomo

http://www.dailymotion.com/video/k4qol4ZMYAs5vCB56z

Adrien Djomo

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