26/04/2010 16:22:01
Declaration du REDHAC
Halte a la répression multiforme sur les journalistes et les défenseurs des droits humains au Cameroun
REDHAC
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Sournoise, rampante, elle prend de l'ampleur, monte en intensité de jour en jour.

  • Plusieurs journalistes sont en procès sur initiative du Ministère Public pour détention et commentaires des documents dits confidentiels – Thierry Ngogang, Alex Gustave Azebazé (par ailleurs défenseurs des droits humains), Ananie Rabier Bindji, et le politologue Aboya Manasse ;
  •  Madame Henriette EKWE, journaliste, Directeur de Publication du Journal BEBELA, convoquée pour une "enquête de routine" s'est retrouvée face à une coalition de toutes les forces d'intelligence que comptent la police et les différents corps de l'armée camerounaise ;
  •  Jean Bosco Talla, Journaliste, et Directeur du journal ‘'Germinal'' a été incarcéré pour "outrage au Chef de l'Etat" et libéré après avoir payé une grosse amende grâce à la solidarité de plusieurs défenseurs des droits humains ;
  • Lewis Medjo, journaliste est toujours en détention à la prison centrale de New-Bell, traînant une hypertension artérielle pas soignée ;
  • Jacques Blaise MVIE et Charles NWE, Directeur de Publication et Rédacteur en Chef de ‘'La Nouvelle Presse'' sont poursuivis par le Ministère de la Défense pour ‘'violation du secret défense'', du fait d'avoir abordé dans leur journal la gestion des ressources humaines de l'armée ;
  • Michel Mombio, journaliste est toujours incarcéré à la prison de Bafoussam pour ‘'propagation de fausses nouvelles'' ;
  • Trois journalistes  viennent d'être inculpés et incarcérés à la prison de Kondengui à Yaoundé,  ; Serge Sabouang, Robert Mintsa, Hervé NKO'O après avoir subi les maltraitances : plantes de pieds brûlées, corps battus au fer à béton ;
  • Bibi Ngota, en détention préventive pour détention de ‘'documents compromettants'' est décédé faute de soins dans la nuit de mercredi à jeudi  dernier à la prison de Nkondengui à Yaoundé, insalubre et surpeuplée ; 
  • Des  étudiants qui font la promotion de leurs droits dans le campus sont molestés, violentés et expulsés sous le regard et l'approbation bienveillante du recteur de l'Université de Yaoundé II-SOA) ;
  • Des défenseurs des Droits Humains reçoivent les coups de téléphone anonymes, avec insultes et intimidations, des lettres de menaces anonymes sont glissées sous les portes des bureaux et appartements intimant le silence sinon on passera à la vitesse supérieure (Maximilienne NGO MBE) ;
  • la dédicace des livres est interdite ou dispersée par les forces de l'ordre (Hilaire KAMGA ; Bertrand TEYOU) ;
  • Bertrand TEYOU, artiste-éditeur-écrivain est en procès à l'initiative du ministère public pour activités dangereuses, conspiration, tentative de trouble à l'ordre public, incitation à la révolte ;
  • Lapiro de Mbanga, artiste-musicien reste toujours incarcéré à la prison de Centrale de Douala New-Bell pour activités dangereuses, destructions de bien d'autrui, etc...
  • Certains journalistes et défenseurs ne supportant plus ces nombreuses pressions ont été contraints à l'exil et/ou à la clandestinité (Jean Marc SOBOTH , Hervé NKO'O, etc.)

 
Au regard de tous ces faits très graves :

Le Réseau des défenseurs des Droits Humains 

1) condamne avec fermeté

  • La terreur ainsi instituée par les autorités camerounaises et qui consiste à museler les journalistes et à faire taire les défenseurs des droits humains alors qu'ils ne font que leur travail de recherche et recoupement de l'information pour le public, de promotion et de défense des droits humains. Cet état de fait se trouve ainsi aggravé à la veille d'échéances électorales importantes.
  • La violation flagrante des droits des journalistes et des défenseurs des droits humains telle que formulée en son article 19  dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme pourtant reprise par la Constitution du Cameroun  : «  Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées de quelque moyen de l'expression que ce soit ».

2) Demande au Gouvernement camerounais :

   a.  De respecter les lois et règlements nationaux tels que le Code de Procédure Pénal, les instruments régionaux et internationaux ratifiés par l'Etat du Cameroun notamment la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, la Déclaration des Nations Unies pour la protection des Défenseurs des droits Humains,
 
   b. D'améliorer la législation en matière de délit de presse notamment la dépénalisation des délits de presse ;
 
   c. de libérer sans condition tous les journalistes incarcérés, d'abandonner les procès en cours et d'assurer le travail sans entrave aux Défenseurs des Droits de l'Homme.

3) Appelle 

Les organisations internationales, les représentations diplomatiques basées au Cameroun, le Bureau Régional du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme basé à Yaoundé

a. à inviter fermement le gouvernement camerounais pour que soit appliqué dans le plus grand respect la législation nationale et les instruments internationaux en matière des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales gravement menacés au Cameroun ;

b. à veiller et à protéger les journalistes et les défenseurs des droits humains contre les intimidations, les harcèlements, l'arbitraire, en somme la répression multiforme qui sévit en ce moment dans notre pays ;

Fait à  Douala, le 23 Avril 2010

Directrice Exécutive    Secrétaire du Conseil d'Administration 


    Maximilienne NGO MBE      Roch Euloge N'ZOBO

      (Cameroun)        (Congo Brazzaville)

 B.P. 2863 Douala-Cameroun – Tél. : 00237 96080273
 E-mail : redhac.exceutifddhafriccentrale@gmail.com

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