27/04/2010 12:40:54
Mort d'un Journaliste en prison: La FIJ indignée
Indignée par la mort de Bibi Ngota, la Fij demande à nouveau la cessation des incarcérations de journalistes pour délits professionnels
édération Internationale des Journalistes (FIJ)
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La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a exprimé aujourd’hui son indignation suite à la mort en prison de Bibi Ngota, directeur de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express, survenue dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale Kondengui de Yaoundé, la capitale du Cameroun, où il était en détention préventive depuis bientôt deux mois.

« Les faits sont suffisamment graves pour être passés sous silence, car depuis le début de l’année, on assiste à une volonté manifeste du régime camerounais de museler la presse libre et indépendante et la mort de Bibi Ngota constitue une goutte de trop », a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. « Pour avoir voulu travailler avec professionnalisme, notre collègue avait été arrêté sans même avoir publié une information. Cela est inacceptable » , a-t-il ajouté.

Le 05 février 2010, alors qu’ils étaient en train de recouper leurs informations sur une affaire de corruption impliquant de hauts responsables de l’Etat dont principalement le Secrétaire général de la Présidence et le Directeur général de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) à propos d’une présumée commission versée pour l’achat d’un bateau de plaisance, Bibi Ngota, Serge Sabouang et Robert Mintya, respectivement directeurs de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express et des bimensuels La Nation et Le Devoir, et Simon Hervé Nko’o, reporter à l’hebdomadaire Bebela, furent arrêtés et gardés au secret pendant près de deux semaines.

A la sortie de cette « garde à vue », ils présentaient de sérieuses traces de torture avec la plante des pieds brûlées au chalumeau et des traces de tabassage au fer à béton, selon certains informations de la presse. Les prévenus auraient été également contraints à de longues nuits d’interrogatoires et subi des sévices par simulacres de noyade.

Le 13 mars 2010 , suite à une lettre envoyée au procureur de la république par le Secrétaire général à la Présidence de la république Laurent Esso,  Bibi Ngota, Serge Sabouang et Robert Mintya sont arrêtés à nouveau, alors que Simon Hervé Nko’o disparaissait de la circulation jusqu’à ce jour.

Bibi Ngota souffrait d’une hernie et était hypertendu. En dépit de son état jugé préoccupant, la demande déposée par sa famille lundi dernier pour son transfert à l’hôpital a été rejetée. Tout soin lui a été refusé par les autorités pénitentiaires.

Le SNJC exige une enquête judiciaire pour établir les responsabilités des mauvais traitements que Bibi Ngota et les 3 autres journalistes en prison auraient subi pendant leur détention au secret dans les cellules de la DGRE et appelle à la mobilisation unitaire des journalistes en vue de mettre fin à l’arbitraire contre les journalistes et les médias au Cameroun.

La FIJ appelle les autorités camerounaises à ouvrir sans délai, une enquête objective pour faire toute la lumière sur le décès nébuleux de ce collègue et insiste davantage pour le respect des droits de la personne en détention. Elle exhorte en outre ces derniers à dépénaliser rapidement les délits de presse pour permettre aux journalistes d’exercer librement et en toute sécurité leur profession dans ce pays.

Pour plus d’informations contacter la FIJ au   +221 33 867 95 87  

La FIJ représente plus de 600,000 journalistes à travers125 pays dans le monde entier

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EN

INTERNATIONAL FEDERATION OF JOURNALISTS (IFJ)
Press Release
April 23, 2010

The IFJ Condemns Death of Jailed Reporter in Cameroon

The International Federation of Journalists (IFJ) today expressed its outrage following the death in prison of Bibi Ngota, Director of publication of the weekly newspaper Cameroun Express, on Wednesday night in Kondengui central prison of Yaounde, the capital of Cameroon, where he had been in  detention for about two months.

“This death is so shocking and needs to be denounced .Since the beginning of the year, we have witnessed a deliberate drive by the Cameroonian authorities to muzzle the free and independent media but the death of Bibi Ngota is one step too far , ” declared Gabriel Baglo, Director of IFJ Africa Office. “Our colleague was arrested because he was committed to his the standards of professional journalism. He had not even published anything on the story he had been investigating and that is unacceptable,” he added.

On February 5th, 2010, while they were investigating reports of an alleged corruption case involving high ranking officials of the State,  mainly the General secretary of the State House and the General director of the National company of Hydrocarbons (SNH) in connection with an alleged commission paid in order to purchase a pleasure boat, Bibi Ngota, Serge Sabouang and Robert Mintya, respectively director of publication of the weekly newspaper Cameroun Express and semi-monthly La Nation and Le Devoir, and Simon Herve Nko' O, reporter of Bebela weekly newspaper, were arrested and held  in communicado for nearly two weeks.

After their release from “police custody”, they showed serious signs of torture, including soles of feet burned with blowtorch and traces of beatings by steel objects. The journalists  were said to have undergone long nights of interrogations during which they were subjected to waterboarding.

On March 13, 2010, following a letter sent to the public prosecutor by Laurent Esso, General Secretary of the State house, Bibi Ngota, Serge Sabouang and Robert Mintya were arrested again, whereas Simon Herve Nko' O has been missing since then.

Bibi Ngota suffered from a hernia and was hypertensive. In spite of his alarming health state, his family’s request on Monday for his transfer to the hospital was rejected. He was also denied medical care by the penitentiary authorities.

The National Union of Cameroonian Journalists (SNJC) has called for a judicial inquiry  to establish the responsibilities for the alleged ill treatment meted out to  Bibi Ngota and the 3 other journalists in the secret cells of the DGRE . The Union has also urged journalists to mobilize in order to put an end to the arbitrary against journalists and the media in Cameroon.

The IFJ supports these calls and asks the Cameroonian authorities to start without delay an objective investigation to shed light on the tragic death of Ngota. The Federation further insists on respect of human rights for prisoners. IFJ exhorts the authorities to quickly decriminalize libel laws in order to make it possible for the journalists to work freely and safely in this country.

For more information contact +221 33 867 95 87

The IFJ represents over 600,000 journalists in 125 countries worldwide

 

 

International Federation of Journalists

Africa Regional Office

3rd Floor, Immeuble Seynabou, VDN-Sicap Sacré Cœur III

BP 64257, Dakar Senegal
Tel: +221- 33 867 95 86/87; Fax: +221- 33 827 02 50
E-mail:
ifjafrique@ifjafrique.org 

Website: www.ifjafrique.org , www.ifj.org

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