30/04/2010 13:01:15
Charles Etoundi défie l'autorité judiciaire
Le Messager
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« Je prends ça sur moi ! » Déclaration fracassante de Charles Etoundi avant de s’engouffrer dans ce qui quelques heures plutôt tenait lieu de domicile à la famille Mbassi Adolphe au quartier Omnisport à Yaoundé. Il est un peu plus de 12h30, hier jeudi 29 avril 2010, lorsque le président du conseil d’administration et non moins patriarche des Mvog-Ada et ancien ministre de la République en compagnie de son actuelle épouse sort de l’ambulance de l’Hôpital général de Yaoundé. Même assis sur une chaise roulante, il en impose. La foule le hue. L’homme arrive au moment même où, les forces de l’ordre s’apprêtent à exécuter les instructions du procureur du parquet d’Ekounou, Jean Bosco Esso. A savoir : Tant que le tribunal qui a été saisi ne s’est pas prononcé, que les parties occupent les positions ante c’est-à-dire que chacune reste dans la maison occupée avant le début du conflit. Les forces de l’ordre ont aussi la mission d’embarquer la « milice » de Charles Etoundi pour les entendre après leur forfait de la nuit précédente (où ils ont passé à tabac le couple Mbassi, bailleur de Charles Etoundi). Elles seront retardées dans l’accomplissement de cette tâche par un Charles Etoundi hargneux, semant même la panique dans le camp de la police. L’ex-ministre s’engouffre dans la maison en compagnie de ces gros bras. « Alors qu’il refuse les médiations. Depuis un mois que nous sommes dans cette affaire, il ne se fait même pas voir. Il a dit qu’il prenait l’affaire sur lui et refuse la décision que les autorités ont prise. Il est rentré là a demandé à ses gros bras de mettre nos affaires dehors. Donc je suis dehors avec femme et enfants. Nous n’avons pas où aller », se plaint Adolphe Mbassi, propriétaire des domiciles querellés.

Son épouse et lui gardent les séquelles de la bastonnade de la veille, toute une nuit durant. « Tous étaient drogués », rapporte madame Eve Mbassi qui ne sait pas si « je vais un jour oublier ce que j’ai vécu cette nuit. Ils nous ont clairement dit que c’est par rapport aux enfants que nous avons la vie sauve ». L’un des enfants raconte « qu’ils nous ont conduit aux toilettes pour nous fouiller et voir si on avait pas caché les portables dans nos pantalons. Ils disaient que si on parle ou crie, ils vont nous couper la gorge ». D’après les membres de la famille Mbassi, c’est aux environ de 21 h que les gros bras font irruption dans leur maison « pendant qu’on visionnait le match, nous avons seulement entendu un bruit Boum ! La porte principale s’est ouverte. Tous étaient armés de machettes, de haches, d’arrache-clou et il y avait un chalumeau. Ils nous ont attrapés, attachés. Et ils ont commencé à nous battre avec la machette. Tel que vous voyez là, [en montrant les bras meurtris] ils m’ont attaché les mains et les pieds. Ils nous ont séquestré au domicile du ministre. C’est là qu’ils nous ont rossée. De 21h à 3 heures du matin, on est resté attaché. Et lorsqu’ils ont fini de barricader, souder, fouiller la maison, prendre tout ce qu’ils voulaient, à ce moment ils sont venus nous libérer ». Prenant à témoin monsieur André Kamdem, la victime soutient qu’il disposait d’une forte somme d’argent emporté par les gros bras du sieur Etoundi. « J’avais dans le sac, 4,9millions Fcfa parce que c’est la période des salaires, ils ont portés ces 4,9millions. Madame a touché 990.000Fcfa, représentant ses frais de missions de retour d’Angola qu’ils ont aussi porté. Ils ont pris tous nos portables, tous nos effets. Je n’ai même plus de carte nationale d’Identité ». Des faits que les gros bras nient devant les autorités qui ont fait le déplacement du quartier Omnisport : le procureur, le représentant du gouverneur, le préfet, le sous-préfet de cet arrondissement, les forces de l’ordre.

Voies de faits

Ces autorités ont été alertées par la famille une fois libérée. « A 3h du matin, ils nous ont bousculés dehors en nous disant que le ministre a demandé que vous ne veniez plus jamais ici. C’est comme cela qu’on a la vie sauve. Nous sommes allés tout de suite au commissariat d’Etoudi et appeler le 117 qui est immédiatement est venu sur les lieux. Le 117 a escaladé pour aller voir un peu. Ils ont forcé croyant que l’argent est resté dans le sac. Mais ils ont trouvé que les gros bras ont même déchiré le sac parce qu’il était fermé à clé. Ils n’ont pas pu ouvrir ». Au moment où nous quittions les lieux vers 15 h, c’était le statut quo. Le sous-préfet resté sur les lieux avait rejoint Charles Etoundi dans sa retraite pour tenter de faire respecter les instructions du procureur. Interrogé sur l’issue de cette médiation, Adolphe Mbassi espère que le sous-préfet « nous restaure dans nos droits. Qu’on rentre parce que je n’ai pas ou aller. Qu’il nous remette dans la maison avec les enfants qui n’ont pas pu aller à l’école aujourd’hui [hier, Ndlr]. Ils ont même déchiré leurs cahiers, leurs effets. Mes dossiers sont en désordre ». Acceptera-t-il de vendre si le ministre voulait payer ? « Les maisons ne sont pas à vendre. Je le lui ai dit. Je ne peux pas vendre ces maisons. C’est une propriété, c’est le seul patrimoine que je possède. Je ne le lui vendrai jamais. S’il veut rester en location, qu’il paye le loyer », affirme-t-il. Et de conclure : « pour le moment, nous avons une procédure en conciliation pour qu’il retire ses biens, c’est-à-dire son matériel qu’il a laissé chez moi. Et il a déjà reçu une sommation de payer et de libérer l’autre maison. Là, ce sera une autre procédure. Maintenant, nous avons déposé une plainte avec constitution de partie civile auprès du procureur par rapport aux voies de faits, cet état de flagrance que nous avons vécu ». Affaire à suivre...

Nadege Christelle Bowa

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