23/06/2009 12:18:35
Crise économique : Le pire est à venir
Une étude de la banque africaine de développement vient confirmer le pessimisme des autorités camerounaises quant aux effets de la crise financière et économique sur le pays au cours des prochaines périodes.
La Nouvelle Expression
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Plus les mois passent, plus les prévision sont pessimistes sur l’impact de la crise économique et financière internationale sur l’économie camerounaise. Dernière analyse en date, celle produite par la Banque africaine de développement, conjointement avec l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde).
Cette étude réalisée après examen des évolutions sectorielle confirme un tassement de la croissance qui pourrait affecter les secteurs les plus porteurs de l’économie camerounais. Selon cette étude, l’élan favorable de croissance enregistré en 2008, devrait ralentir en 2009 en raison des effets de la crise financière sur les cours et la demande des principales matières premières que le pays exporte (pétrole, bois, coton, caoutchouc, etc.), et de la persistance de la pénurie d’énergie électrique, qui freine l’activité des industrie. Au total, estime cette analyse conjointe des deux organismes, la croissance du produit intérieur brut devrait chuter en 2009 avec un taux de 3,1% avec un léger mieux en 2010 (prévision de 3.4 %).
A noter, la dégradation de la situation économique est telle que, ces prévisions « optimistes »de 2010 restent en deçà des indicateurs initiaux. IL y a quelques mois, le ministre Essimi Menye estimait que le Cameroun pourrait malgré tout préserver une croissance plus élevée que celle énoncée par la Bad dans son dernier rapport : « L’année dernière on était autour de 4% ; donc cette année je ne pense pas qu’on pourrait aller au-delà de 3,8%.  (...)  L’ensemble des produits que nous exportons ne se vendent plus ou se vendent très mal. Donc, même l’exécution des budgets devrait être revue à la baisse pour pouvoir atteindre certains objectifs ».
 
Pression sur les contribuables

Même pessimisme chez le Premier ministre qui estimait il y a deux mois avoir « analysé les effets de la crise sur notre économie. Ainsi, nous avons constaté que notre balance commerciale sera déficitaire pour la première fois. Nous pensons que ce déficit pourra représenter à peu près 1% du Pib, ce qui est important. Nous allons certainement en souffrir au niveau des recettes budgétaires. Pour y faire face, nous envisageons de prendre un certain nombre de mesures pour pouvoir tenir jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire ».
Selon Gaston Eloundou Essomba (ancien chef de division des analyses et de politiques économiques au ministère de l’Economie, de la planification et de l’Aménagement du territoire, et désormais directeur Général de la Scdp) qui a analysé ces indicateurs de la Bad, lors de la revue du portefeuille de projets de cette institutions financière au Cameroun, la décélération de la croissance a un lien direct avec les effets de la crise économique et financière internationale, qui devraient se durcir, aggravée –encore et toujours !- par la pénurie d’énergie électrique. Selon lui ces effets de la crise devraient d’ailleurs s’accentuer sur les politiques budgétaires, avec en vue, une raréfaction  notables des recettes publiques, qui obligerait le gouvernement non seulement à serrer le cordon de la bourse, mais à accentuer la pression sur les contribuables : « la politique budgétaire sur la période 2008-2010 est prioritairement axée sur les efforts de mobilisation accrue de recettes non pétrolières. A cause de la persistance de al crise financière et économique internationale, le solde global va se dégrader entre 2009 et 2010. Les recettes budgétaires représentent 19,4% en 2008. Ce ratio pourrait fléchir pour se situer au voisinage de 15% en 2009 et 2010 à cause de la chute des cours du pétrole brut, premier produit d’exportation du Cameroun ».
Cette grande fragilité de l’économie camerounaise face à la crise tient aussi, en partie, du peu de vigueur de l’activité dans divers secteurs au cours des deux précédentes années. Entre autres, du fait les la pénurie d’énergie, de l’insuffisance de l’alimentation du marché du ciment qui –ce qui a affecté le secteur du Btp- et des premiers signaux de la crise qui ont pénalisé le secteur extractif, notamment le pétrole, et d’autres produits d’exportation tels que le bois le caoutchouc et le coton. Et même les signaux qui pourraient permettre d’espérer une « reprise timide » en 2008 sont suffisamment marginaux pour être à eux seuls déterminants pour le profil général de la croissance.
 Difficile de croire que la reprise de la production du cacao dans un contexte de cours imprévisible, de hausse de la production du ciment dans un contexte de baisse générale de la consommation ou encore la hausse de la production bananière suffiront à enclencher la timide reprise espérée en 2010. Faute d’un plan de relace original et vigoureux, il ne reste donc plus qu’à espérer un miracle.

François Bambou

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