07/05/2010 12:43:40
Présidentielle de 2011: La menace qui vient des Etats-Unis
La sortie du vice-secrétaire américain  du bureau des Affaires africaines est intervenue à une poignée de jours de l’arrivée à la Maison Blanche du couple Sarkozy pour un dîner privé à l’invitation du couple Obama. Selon des insdiscrétions, le président français a eut à tabler avec son homologue américain  sur certains dossiers  dont celui de dire « trop c’est trop » à cette caste de dirigeants.
Le Messager
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La déclaration peut sonner, aux oreilles du régime de Yaoundé, comme une « déclaration de guerre ». S’adressant devant la commission des Affaires étrangères de la chambre des représentants américains, le 24 mars 2010,  Johnnie Carson, le vice-secrétaire du bureau des Affaires africaines d’Obama a ouvertement critiqué  l’action de certains dictateurs en Afrique, qui consiste à retoucher la Constitution pour rester au pouvoir. En fait, Johnnie Carson qui passait en revue la quasi totalité des pays de l’Afrique sub-saharienne, ne s’est pas limité à la seule critique. Il a aussi dévoilé  les contours  de la politique africaine de Barack Obama. On perçoit clairement dans cette vision, la volonté du président américain dont le père est originaire du Kenya, à en découdre avec les vieux démons qui font que l’Afrique noire soit à la traîne du reste du monde. « Le président Obama accorde un grand intérêt à l’Afrique et il fait de ce continent l’une des priorités de la politique étrangère de l’Amérique », a déclaré Johnnie Carson.

La sortie du vice-secrétaire américain  du bureau des Affaires africaines est intervenue à une poignée de jours de l’arrivée à la Maison Blanche du couple Sarkozy pour un dîner privé à l’invitation du couple Obama. Selon des insdiscrétions, le président français a eut à tabler avec son homologue américain  sur certains dossiers  dont celui de dire « trop c’est trop » à cette caste de dirigeants. C’est que Barack Obama et Nicolas Sarkozy qui s’entendent déjà sur plusieurs dossiers internationaux semblent de plus en plus avoir en horreur cette habitude de  manipuler la Constitution au gré des seuls intérêts des dirigeants africains. Et avoir sur le dos ces deux hommes n’est pas une chose auquel n’importe quel président africain peut survivre. Paul Biya, le président de la République du Cameroun, qui comme certains de ses homologues africains, peut se sentir visé par cette sortie, ne le sait d’ailleurs que trop bien. Mais prudent, il s’est jusqu’ici gardé de se déclarer officiellement candidat à sa succession, même si, l’amendement ciblé de la Constitution en 2008 levant le verrou de la limitation des mandats à la tête de l’Etat, indique clairement sa volonté à s’accrocher au pouvoir...

Culte de la personnalité

Washington et Paris sont d’autant plus inquiets qu’ils observent que la gloutonnerie pouvoiriste de Paul Biya, pour parler de ce cas, anéantit les maigres avancées démocratiques arrachées par le peuple en lutte depuis plus de deux décennies. Comme tous les autres dictateurs africains, il devrait pourtant méditer ce propos de Johnnie Carson : « Les dirigeants africains doivent désormais savoir que les Etats -Unis sont engagés à établir des relations à long terme avec leurs pays et non avec eux personnellement ». Dans son rapport devant la Chambre des représentants, Johnnie Carson a dit haut et fort que l’Amérique obama considère l’Afrique comme un partenaire pur et simple et laisse « le futur des Africains [...] entre leurs propres mains ».

Mais continue-t-il : « en tant que partenaire, les Etats-Unis sont prêts à contribuer à l’évolution et à la stabilisation de l’Afrique ». La promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et de la
stabilité sont les priorités de ce pacte que l’Amérique d’Obama signe avec l’Afrique et ses peuples. « Les succès politiques et économiques de l’Afrique dépendent du défi de l’effectivité de la démocratie, l’appui et le recours aux institutions démocratiques. Ce qui signifie un intérêt aux processus et progrès, et non le culte de la personnalité ». Interrogée sur ces propos qui peuvent sonner comme une menace pour le pouvoir actuel dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, une source autorisée à l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun commente : « cette sortie se situe en droite ligne avec la nouvelle vision promue par le président Obama depuis son arrivée. Vous devez sans doute vous rappeler que lors de sa visite en Afrique, précisément au Ghana, Barack Obama avait déjà clairement indiqué que l’Afrique a besoin des institutions fortes et non d’hommes forts. Maintenant, est-ce que cela vise un pays particulier ? »

« Appel du peuple »

Simple coïncidence ? La déclaration de Johnnie Carson intervient à un moment particulier pour le Cameroun. Elle intervient à l’orée de la prochaine présidentielle, alors que les propagandistes du parti au pouvoir, sous le couvert d’un « appel du peuple » fabriqué de toutes pièces pour les besoins de la cause dans les laboratoires du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), manoeuvrent ouvertement pour faire accepter à l’opinion, une nouvelle candidature de Paul Biya. Candidature devenue un secret de polichinelle, à la magistrature suprême au sa fin de son premier et dernier septennat qui arrive à terme en octobre 2011. Ces propagandistes qui clament Paul Biya « candidat naturel », sauront-ils comprendre le sens caché de la sortie de Johnnie Carson ? On peut sérieusement en douter...

Celestin Ngoa Balla

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